
Sorti le 21 juin 2024
Faisons une petite incursion de l’autre côté de l’Atlantique avec le premier album du Breton Louis Durdek, intitulé Unnamed Road et versant dans un registre indie folk simple mais efficace. Certains le comparent à des noms comme Leonard Cohen, Nick Cave, Ray LaMontagne, Ben Howard ou encore Piers Faccini et on sent effectivement que le musicien autodidacte s’est laissé imprégner par diverses influences en écrivant ces chansons.
L’album n’est pas très long, seulement 8 chansons sur 36 minutes et demie, mais très rapidement, on sent le côté familier de ses compositions. C’est plutôt réconfortant à écouter et on réussit à ne pas tomber dans le pastiche de ce que feraient les autres artistes. The Long Way ouvre la marche avec un folk feutré mettant de la voix chaleureuse de Durdek. On comprend très rapidement qu’il a le sens du dosage, y allant d’arrangements tout sauf surchargés, où chaque note est à sa place, avec un crescendo lui aussi bien amené sans briser l’atmosphère déjà créée. Bref, s’il n’invente rien ici, il maîtrise parfaitement les codes du indie folk.
L’ensemble de l’album n’est toutefois pas dans le même ton, et la chanson-titre Unnamed Road propose quelque chose de plus énergique. On apprécie un peu moins sa voix dans ce registre, mais la musique y est tout aussi efficace. This Horizon y va ensuite d’une ballade folk introspective et enveloppante à souhait. S’ensuit Me & Mrs. D., dont la simplicité des arrangements laisse toute la place à la beauté des mélodies; tristement, le refrain n’est pas aussi fort que les couplets, ce qui nuit à l’ensemble de la chanson! Holy Waters nous surprend ensuite avec le seul duo de l’opus : la voix d’Ivy Fof s’ajoute à celle de Durdek le temps d’un petit blues acoustique très réussi.
On a des sentiments plus partagés envers Road of Sorrow, alors qu’on ne sait pas trop dans quel registre on est. C’est tantôt feutré, tantôt plus énergique, tantôt avec des arrangements plus touffus. C’est trop de choses en même temps plutôt que de se concentrer sur un seul élément. Sans parler de la guitare qui peine à trouver sa place ici, elle qui l’a pourtant trouvé dans le reste de l’album. Le pire dans tout ça, c’est que ce n’est même pas une mauvaise chanson et qu’elle contient son lot de bons passages.
Poursuivons avec All of Our Wild Destinations, ballade bluesy qui revient à la base de belle façon, sans en déroger. Enfin, In My Heart Grows a Tree conclut cet album, avec un morceau mystérieux très lourd en ambiances. Il s’agit aussi de la plus longue chanson du lot, ce qui amène Louis Durdek à livrer une chanson assez théâtrale avec des bouts plus ou moins inégaux et d’autres indéniablement inspirés. Cela fait tout de même une fin assez épique pour l’album Unnamed Road.
On le répète parce que c’est facile de l’oublier, mais il s’agit du tout premier album de Louis Durdek. On ne peut pas dire que cette sortie sonne comme tel, mis à part la facette où l’artiste joue avec différentes énergies parfois très différentes les unes des autres, signe d’un grand talent brut et d’une bonne intuition de sa part. Même ses chansons moins moins fortes ne sont pas désagréables à écouter, ce qui n’est pas peu dire. Maintenant, reste à voir si Durdek saura se distancier de ses nombreuses influences et inspirations pour créer un son qui lui est propre dans le futur.
À écouter : The Long Way, This Horizon, Holy Waters
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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