
Sorti le 11 octobre 2024
On n’a pas vraiment écouté la musique de The Offspring récemment. On garde bien sûr des bons souvenirs de ses classiques des années 80 (particulièrement l’album Smash, véritable incontournable de sa discographie), et même de l’album Days Go By, qui a réussi à moderniser ses propositions en 2012. La sortie de Supercharged, 11e album du groupe punk américain, semble le bon moment pour se remettre dans le bain.
Avec cet album, The Offspring semble avoir cherché à trouver un juste milieu entre le «vieux» son et celui plus moderne. Cela donne des résultats quelque peu inégaux, malheureusement. Cela s’entend dès Looking Out for #1, avec des bouts assez inspirés, et d’autres beaucoup moins, souvent à quelques secondes de distance. Le groupe a la réputation de ne pas se prendre au sérieux, et c’est correct, mais ça mine assez rapidement les parties plus sérieuses d’une même chanson. À chercher à toucher des registres difficilement réconciliables, le groupe rate les deux cibles en même temps… S’ensuit Light It Up, de retour à un son plus près des origines du groupe. Le bémol qu’on peut mentionner est qu’on a l’impression que la qualité sonore n’est pas vraiment meilleure qu’à l’époque, ce qui n’a pas de sens alors que le groupe devrait avoir les moyens de se payer un enregistrement de meilleure qualité. Le commentaire revient pour la plupart des pistes plus punk de l’opus (incluant The Fall Guy, Truth in Fiction, Get Some, Hanging By a Thread, voire la finale You Can’t Get There From Here), mais rendons à César ce qui lui revient : le résultat demeure plutôt réussi dans le cas de The Fall Guy en particulier.
L’extrait Make It All Right n’est peut-être pas le choix le plus judicieux du groupe, avec une musique énergique, mais très générique et qui semble taillée sur mesure pour un boys band plus que pour un groupe punk qui a 40 ans d’expérience. Ok, But This Is the Last Time nous rappelle les prémisses de Self Esteem, ce qui n’est pas désagréable du tout, même si l’ensemble de l’œuvre n’est pas aussi mémorable que l’autre chanson. Come to Brazil reste en tête, pour d’autres similitudes : imaginez une chanson de Metallica, avec un refrain qui ressemble vaguement à School’s Out d’Alice Cooper, et la fin de la chanson qui reprend l’hymne qu’on entend dans à peu près n’importe quel match sportif. Aucun doute que ça va lever en spectacle, mais ça nous laisse très indifférent sur album (et ça ne nous convainc pas d’aller au Brésil, comme le répètent les paroles). Dans Get Some, l’énergie est en général efficace, mais on ne comprend pas pourquoi il y a de brefs moments ressemblant à des copies approximatives d’un riff de Carry On My Wayward Son de Kansas, surtout qu’ils sortent de nulle part.
Après avoir bien apprécié l’évolution du groupe avec son album de 2012, on ne peut s’empêcher de sentir qu’il s’est perdu depuis, ne sachant plus trop à qui s’adresser. Si on veut écouter du Offspring des débuts, les premiers albums existent toujours et contiennent leur lot d’incontournables qui n’ont pas trop mal vieilli, et si on veut un punk plus moderne, on ira voir ailleurs parce que le groupe n’est pas tout à fait là. Ce n’est pas que Supercharged n’a aucun bon moment, mais il offre des chansons tellement inégales que c’est difficile de véritablement accrocher. Pire, on croit entendre des bouts empruntés à d’autres tounes dans presque chaque chanson, comme si la troupe de Dexter Holland n’avait pas assez d’inspiration pour arriver avec quelque chose d’un peu plus original. Même la pochette n’est pas sans rappeler celle de Smash, symbole de l’âge d’or du groupe. À moins d’être un fan hardcore de The Offspring, il vaut probablement mieux se rabattre sur autre chose.
À écouter : The Fall Guy, Ok, But This Is the Last Time, Truth in Fiction
6,1/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.