
Sorti le 7 juin 2024
On avait découvert il y a quelques années le groupe français Dead Horse One, qui versait dans un shoegaze en anglais plutôt efficace. Les années ont passé et le groupe a pris une direction plus lourde, avec des influences grunge et sludge, qui s’entendent sur son 4e album, le bref Seas of Static.
Après l’intro It’s Over, on passe directement aux choses sérieuses avec Raindrops, où on constate toute la lourdeur des guitares, faisant un contraste énorme avec les voix toujours éthérées. C’est moins accessible que ce qu’on a entendu sur l’album The West Is the Best, mais ce changement se défend assez bien! Shadow pousse même le cran de la lourdeur un peu plus loin de par sa lenteur presque étouffante. Le début de Regenerated n’est pas beaucoup plus tranquille, mais la chanson contient son lot de nuances qui rend l’écoute plus digeste, avec une alternances entre les passages très lourds et ceux plus doux.
Raindrops 2 nous prend par surprise avec un morceau presque acoustique et empreint d’émotivité, montrant à quel point une même composition peut prendre une toute autre apparence selon le traitement qu’on lui donne. S’ensuit Kathleen, que certains reconnaissent peut-être comme une chanson de Townes Van Zandt (quoiqu’elle n’est pas particulièrement reconnaissable dans cette version). Cette piste a aussi de particulier d’être chantée par Harlee Young (du groupe Bosses), donnant un tout autre vibe à la chanson, qui nous semble toutefois un peu trop courte pour pleinement l’apprécier. En revanche, le dosage impeccable de That Day nous fait regretter qu’elle ne dure pas plus longtemps!
Here Comes the Lord est parmi les pistes les plus longues de l’opus et tente de mélanger des guitares oppressantes et des mélodies presque religieuses. L’idée est bonne, mais l’ordre dans lequel les choses ont été présentées ne nous a pas convaincu outre mesure! Avec Onset, on donne une petite pause aux pédales de distorsion pour offrir quelque chose de plus acoustique, mais tout de même d’assez déstabilisant comme on s’éloigne du registre naturel de Dead Horse One, surtout que la chanson garde la même énergie tout le long alors que sa longueur pouvait nous laisser croire qu’elle allait exploser dans la 2e moitié! We Were reste dans un même état d’esprit et laisse place à des voix planantes qui se prennent étrangement bien. L’album se conclut sur Ride, ballade folk agrémentée de séquences qui ne restera pas particulièrement en tête. À noter que certaines versions de l’album contiennent une piste supplémentaire, intitulée Murmur. Le nom dit tout et la piste ne fait qu’ajouter une minute à l’ensemble, sans plus.
Malgré ses 11 pistes, Seas of Static ne dure même pas 30 minutes, mais cela n’empêche pas qu’il y a beaucoup de choses qui s’en dégagent! Le pacing d’une chanson à l’autre est possiblement ce qui fait le plus mal à notre appréciation de la proposition, alors que la plupart des morceaux plus agressifs se trouvent en début d’album, laissant les chansons plus dépouillées à la fin. Un meilleur équilibre entre les 2 énergies aurait certainement été bénéfique. On sent aussi que Dead Horse One a essayé d’aller dans de multiples directions, sans toujours les assumer, ce qui donne des pistes un peu surprenantes. Dans un album de cette longueur, on aurait assurément préféré quelque chose de plus «focussé».
Cet album est notamment accessible sur la page Bandcamp du groupe.
À écouter : Raindrops, Regenerated, That Day
7,3/10
Par Olivier Dénommée
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