
Sorti le 8 août 2025
Le dernier album des Black Keys qu’on a écouté, Let’s Rock en 2019, ne nous avait pas particulièrement convaincu et on a depuis un peu perdu de vue le groupe qui n’a quand même jamais cessé de faire de la nouvelle musique. La sortie toute récente de son 13e album, No Rain, No Flowers, est au moins un bon prétexte pour écouter où en est rendu le duo blues-rock.
Il est bon de mentionner que le groupe a cherché à s’adoucir quelque peu. Le blues et le rock sont bien toujours présents, mais on note des teintes de soul, de funk et même un peu de country ici et là, donnant une énergie beaucoup plus accessible à certaines pistes. Sur 11 chansons, 5 ont été présentées comme extraits avant la sortie de l’album, ce qui est, sauf erreur, plus que n’importe quel album précédent des Black Keys.
Si les chansons s’écoutent facilement, elles n’ont pas nécessairement le punch de certains des hits incontournables des Black Keys, surtout si on remonte à l’ère Brothers et El Camino. L’album ouvre sur la chanson-titre No Rain, No Flowers, chanson sympathique qui nous invite à taper du pied. Le refrain a un petit quelque chose de pop qui n’est pas désagréable, mais n’a probablement pas la magie qui fera qu’on l’écoutera encore fréquemment dans 15 ans. Elle est suivie d’une The Night Before plus chargée, mais aussi quelque peu inégale : le refrain reste un peu plus en tête, mais le reste beaucoup moins, ce qui est dommage pour une chanson aussi courte!
Babygirl tente quant à elle un hybride entre le vieux blues-rock garage des débuts et des mélodies plus accessibles, mais ces dernières se retrouvent essentiellement noyées dans le mix, et le résultat nous laisse plutôt tiède. Jusqu’à présent, tout ce qu’on a entendu était un single, mais la suivante, Down to Nothing, propose quelque chose de beaucoup plus soul, et c’est étrangement efficace, même si on s’éloigne de la signature qu’on a connue des Black Keys. L’extrait On Repeat est à peu près dans la même vague, quoique avec un peu plus de fla-fla dans les arrangements. Mais on préfère quelque peu la suivante, Make You Mine, qui en vient presque à sonner comme du disco dans les refrains!
Man on a Mission est le dernier extrait qu’on entendra de cet album, mais il faut reconnaître que c’est probablement celui avec le refrain le plus accrocheur du lot. Le petit segment instrumental dans la seconde moitié n’était pas tout à fait nécessaire, mais la chanson remplit quand même assez bien son mandat. Elle est suivie de la groovy Kiss It, puis d’une All My Life simple, mais somme toute assez efficace.
Ironiquement, si la majorité des extraits sont concentrés en début d’album, la fin contient certaines excellentes chansons qui gagneraient à être connues : A Little Too High rentre pas mal au poste, au point de nous surprendre de ne pas avoir été retenu parmi les singles, et la finale, Neon Moon, passe au country avec un refrain qui n’est pas sans nous rappeler la fameuse Take Me Home, Country Roads (il faut dire que les paroles «Take Me Home», qui font effectivement partie du refrain, aident à créer le parallèle). On fait la prédiction que cette chanson pourrait être assez populaire en fin de spectacle.
Si on ne le savait pas, on aurait pu penser que l’album No Rain, No Flowers n’en était pas un des Black Keys. On reconnaît bien le duo dans quelques chansons, mais on a été surpris de la direction plus soul que bien des chansons ont prise. Ce n’est pas désagréable du tout, mais cela nous fait dire que c’est un bon album, mais peut-être pas «un bon album des Black Keys», que les fans voudraient écouter en boucle. Au final, cela reste une question de goût et de préférence; pour notre part, on ne déteste pas cette direction, qui permet au groupe de se renouveler après avoir en quelque sorte fait le tour ces dernières années.
À écouter : Down to Nothing, Make You Mine, A Little Too High
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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