No More Like This – PVA

Sorti le 23 janvier 2026

On est tombé par hasard sur le groupe britannique PVA, versant dans une musique aux tendances électroniques assez sombres, et on a écouté son 2e album, No More Like This, paru en début d’année pour voir ce quoi il en retourne. Disons en résumé qu’«écoute légère» ne pourrait pas être utilisé comme synonyme de notre expérience!

De ce qu’on peut lire de cet album, le groupe assume un côté plus intime et expérimental, priorisant la création de textures avec une certaine dose de sensualité. Les styles abordés incluent le RnB, l’électronica ambiant, le trip-hop, la glitch-pop, et la musique de club sombre… bref, quelque chose d’assez niché! Si on en doutait simplement en lisant la description, on en a assez vite la confirmation, dès Rain : la chanteuse Ella Harris nous accueille avec ses textes parlés, sur lesquels s’ajoutent une musique électro de plus en plus chargée. On y entend des segments atmosphériques, mais la longueur de la piste (approchant des 6 minutes), finit par être un certain obstacle à notre pleine appréciation de la proposition. Ceci étant dit, la chanson reste un bon coup, en donnant vite l’heure juste sur le genre d’album qu’on écoute tout en étant relativement accessible.

Car on va se promener pas mal au fil de notre écoute. Enough se rapproche assez efficacement du trip-hop, malgré certains passages plus saturés, et si Mate semble reprendre jusqu’à un certain point les mêmes codes, l’effet n’est pas nécessairement au rendez-vous, principalement à cause de la performance vocale qui nous semble moins inspirée. Send nous reste en revanche vite en tête, certainement à cause de son côté percussif assez marquant, puisque le reste de la chanson ne nous rejoint pas plus que nécessaire!

Malgré son titre, Anger Song est loin d’être la piste la plus agressive de l’album! Au contraire, c’est même une des chansons plus nuancées de l’opus, que l’on apprécie par ailleurs beaucoup. La suivante, Peel, revient à quelque chose de plus tendu, mais d’assez efficace. La ligne répétée «Push my fingers in, pull the skin off» est déstabilisante au début, mais contribue à sa façon à l’intensité de la chanson. Cela nous mène à une Boyface presque légère (au moins en comparant au reste de l’album!), qui se rend particulièrement bien.

Flood commence de façon anormalement minimaliste, mais c’est évidemment pour mieux préparer sa montée, qui n’est toutefois pas aussi efficace qu’on l’aurait souhaitée, même si le résultat final est loin d’être déplaisant. La chanson Okay ressort aussi de notre écoute, pour ses textes un peu ambigus, sur une musique atmosphérique quand même plutôt chargée qui aurait seulement dû se terminer 3 minutes plus tôt au lieu de s’étirer jusqu’à 7 minutes. L’album se conclut en force sur Moon, morceau chargé mais assez entraînant. Pourquoi pas?

En presque 42 minutes, No More Like This de PVA n’a pas été une écoute facile de par l’énergie générale de l’album. Pourtant, prises individuellement, on a découvert beaucoup de bon dans cette sortie. Il y a donc certainement une part d’état d’esprit qui n’est pas toujours approprié pour ce genre de musique, ce qui teinte automatiquement notre appréciation. Quand même, il y a du bon ici et il n’y aucun doute qu’encore plus d’écoutes auraient pu être nécessaires pour saisir toutes les subtilités de cet album dense et complexe. Reste que ce n’est pas une sortie grand public, donc écoutez-la avec beaucoup d’ouverture et peut-être ferez-vous quelques belles découvertes vous aussi?

Il est possible de trouver l’album sur Bandcamp.

À écouter : Anger Song, Peel, Moon

7,8/10

Par Olivier Dénommée


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