
Sorti le 27 mars 2026
Quand on a écouté son album Honey en 2018, on était loin de savoir que la chanteuse suédoise Robyn allait attendre 8 ans avant de faire paraître son 9e album, Sexistential. Mais beaucoup de choses se sont passées dans sa vie entretemps, incluant la naissance d’un enfant. Le titre Sexistential est un habile mélange entre «sex» et «existential», à la base une petite blague, mais aussi un indice des thèmes plus personnels abordés ici.
Mentionnons au passage que l’album est excessivement court, surtout pour une première sortie en autant d’années, avec même pas 30 minutes! Mais c’est aussi une proposition assez dense de la part de Robyn, à commencer par Really Real. On a droit à une musique pop électronique entraînante dont elle a le secret, mais c’est à partir de Dopamine que les choses deviennent plus sérieuses et vraiment accrocheuses. On retrouve ensuite Blow My Mind, une relecture d’une de ses chansons datant de 2002 (déjà!). La version a droit à des paroles actualisées et surtout à une musique correspondant davantage à l’énergie du reste de l’album. Si on n’avait pas lu qu’il s’agissait d’une vieille chanson, on n’y aurait vu que du feu, signe que la chanson est à sa place ici.
Même si elle n’a pas été retenue comme extrait, notre chanson préférée de l’album est de loin Sucker for Love : les mélodies de la chanteuse et les lignes de synthé font littéralement de la magie pour nos oreilles et la chanson est incroyablement contagieuse particulièrement lorsqu’on est au volant! S’ensuit une autre chanson qu’on apprécie beaucoup, It Don’t Mean a Thing, cette fois dans un registre plus doux, où Robyn est aussi à l’aise. Talk to Me nous reste aussi en tête, pour son thème et surtout la force de ses mélodies. On ne peut s’empêcher d’entendre un petit parallèle avec Wrecking Ball de Miley Cyrus, bien que ce soit excessivement limité, mais cela ne doit pas nuire à la rendre mémorable!
La chanson-titre Sexistential nous reste en tête, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons. Celle-ci est champ gauche dans la mesure où c’est une chanson house-pop où Robyn nous parle de fertilisation in vitro. C’est audacieux et on apprécie beaucoup l’idée, mais ce n’est pas pour nous la plus accrocheuse du lot! On apprécie davantage les 2 dernières Light Up et Into the Sun, plutôt dansantes et efficaces sans tenter de réinventer la roue. On n’en demandait pas plus!
Sexistential arrive à un bon moment, livrant un pop dansante qui se prend bien en ce printemps tout en livrant un message assumé de la part de Robyn. Les bonnes chansons sont vraiment solides, et les quelques chansons moins accrocheuses ne sont pas assez dérangeantes pour gâcher le reste de l’expérience. C’est dans l’ensemble une assez bonne sortie, bien qu’on aurait peut-être préféré un album un peu plus long avec le même niveau de qualité! Souhaitons une attente un peu moins longue avant son prochain album, surtout si elle est autant (voire plus) inspirée que sur cet album!
À écouter : Sucker for Love, Talk to Me, Into the Sun
7,8/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.