2023 : Top 5 d’Olivier

Après trois longues années d’inactivité, la tradition des listes de fin d’année peut enfin reprendre. N’ayant été en activité que les 3 derniers mois, nous n’avons malheureusement pas écouté autant de nouveaux albums en 2023 que par le passé, mais on en a assez écouté pour avoir noté quelques coups de cœur, qui ont malgré tout été difficiles à choisir. Voici donc nos 5 préférés de l’année :

5. Néo-Romance – Alexandra Stréliski

Ce n’est pas la première fois qu’Alexandra Stréliski se glisse dans le très prestigieux top de fin d’année de Critique de salon, ayant été dans mon top personnel en 2018 pour son plus qu’excellent Inscape. On n’a pas encore décidé si Néo-Romance est plus solide qu’Inscape, mais ce qu’on sait avec assurance, c’est que sa musique est toujours un baume à écouter lorsqu’on a besoin de bonne musique instrumentale. Avec ou sans l’étiquette néoclassique, c’est bon, point, et on n’en aura jamais assez.

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4. Our Stories – The Amber Day

Quel plaisir d’avoir découvert l’album Our Stories de The Amber Day! La jeune formation française a fait ses classes après son précédent EP et a livré un album solide du début à la fin, sans véritable faiblesse, mettant toujours en valeur la voix de sa chanteuse, la Louisianaise Rachel Baum. On n’avait pas eu l’occasion de réécouter l’album après notre critique initiale, mais en les réécoutant pour nous aider à faire nos choix dans cette liste, notre première réaction fut la suivante : «Maudit que c’est bon, ces tounes-là!» On ne le dira pas assez, mais c’est un groupe qui gagne à être connu et qui mérite pleinement sa place ici.

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3. Inuktitut – Elisapie

Avant même sa sortie, c’était une évidence que cet album allait se retrouver dans la plupart des listes de fin d’année, au moins au Québec. Le concept en lui-même demeure intéressant, de reprendre des chansons connues dans une langue qui nous est, pour l’immense majorité du moins, complètement étrangère. Mais, en plus, Elisapie les a repris, avec brio, dans une énergie souvent complètement différente, leur donnant un tout autre sens. Cet acte de réappropriation culturelle pour cette artiste innue et sa communauté qui ont souffert pendant trop longtemps de l’effacement de leur culture est un juste retour de balancier, que l’on apprécie énormément et qui va, on l’espère, à la fois motiver d’autres artistes autochtones à assumer leur langue et nous inciter collectivement à davantage prêter l’oreille à la musique de ces artistes talentueux.

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2. Everything Is Alive – Slowdive

Je ne sais pas si j’ai un biais envers cet album parce que c’est un des tout derniers qu’on a écoutés en 2023, mais je n’en reviens pas encore d’avoir autant aimé un album de shoegaze. L’album respecte à la fois le registre bien établi du groupe sans rester dans la facilité et la prévisibilité qui en aurait fait un bon album, mais pas exceptionnel. Tout est dans le dosage et Slowdive a fait un coup de circuit avec Everything Is Alive, offrant un rock chargé, mais pas dénué d’émotions. On en reprendrait n’importe quand. Notez que j’ai longuement hésité entre la première et la deuxième position pour cet excellent album, alors on peut presque le considérer comme ex æquo avec le vrai top 1 de 2023.

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1. Javelin – Sufjan Stevens

On ne sait trop quoi dire sur Javelin de Sufjan qui n’a pas déjà été dit, autant par nous que par les autres critiques qui ont été nombreux à voir ses nombreuses qualités. Sans être un album facile, alors qu’on joue allègrement avec les intensités et les émotions, il demeure assez bon pour qu’on ait envie de le réécouter, ce qui n’est pas le cas de tout ce qu’on a écouté cette année. Le contexte derrière sa création (le décès de son conjoint) ne fait que lui donner un aura supplémentaire, nous rappelant que même dans le deuil et la tristesse, on peut créer la beauté.

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Les habitués se souviendront peut-être qu’un top 5 n’est jamais vraiment un top 5 avec moi… Encore cette année, je n’ai pas pu m’empêcher de retenir 5 albums de plus qui auraient eu leur place dans notre liste de fin d’année. Ceux-ci sont seulement classés en ordre alphabétique d’artiste :

  • Forever Never Cares – Busty and the Bass : Cet album de Busty and the Bass a l’avantage de s’écouter tout seul, sans besoin d’être dans un mood précis. On peut juste se détendre et laisser le groove s’emparer de notre corps, sans avoir à faire d’effort! Honnêtement, si la chanson Far From Here (qui est de très loin la moins bonne du lot en plus de briser le momentum à mon avis) n’était pas dans l’album, l’album serait dans notre top 5.

  • History Books – The Gaslight Anthem : Pour son grand retour après des années d’inactivité, The Gaslight Anthem s’assume pleinement dans sa nouvelle direction artistique et on ne fait pas partie des puristes que ça peut déranger. Les chansons sont bonnes et les mélodies sont contagieuses. De quoi a-t-on besoin de plus? Plusieurs des chansons d’History Books nous accompagneront dans nos road trips futurs, c’est certain.

  • Unreal Unearth – Hozier : On s’est surpris à autant apprécier le troisième album de Hozier, peut-être qu’on a tendance à se méfier d’un artiste qui a connu la gloire trop vite grâce à une seule chanson. Mais Unreal Unearth est un album qui montre assez clairement son efficacité dans plusieurs registres, en plus de nous initier au passage à la langue gaélique, un choix artistique plutôt audacieux, mais bien amené.

  • Vivre et Mourir – Mangeur de Rêves : Le deuxième album de Mangeur de Rêves offre à la fois des chansons terriblement accrocheuses et des pièces plus difficiles d’accès au grand public. L’équilibre est très fragile, mais on considère que le positif supplante le négatif ici, ne serait-ce que grâce aux nombreuses pépites cachées un peu partout à travers l’album. Les solides mélodies vocales justifient presque à elles seules la présence de Vivre et Mourir dans cette liste et il serait bien dommage de s’en priver.

  • Les nuits avancent comme des camions blindés sur les filles – Viviane Audet : On s’est laissé surprendre par la proposition plus féministe que jamais de Viviane Audet. Avec avec poésie des thèmes malheureusement trop d’actualité et parvient à livrer un album somme toute relativement feutré, y compris grâce à trois magnifiques pièces instrumentales. En contrepartie, il y a bien sûr la chanson-titre Les nuits avancent comme des camions blindés sur les filles qui va droit au but, mais c’est la seule qui est plus agressive de l’album, et qui ne devrait en aucun cas empêcher d’apprécier le reste de l’opus.

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EP de l’année : Acte III, Scène II – Simon Leoza

On a entendu quelques excellents EP ces derniers mois, mais le choix a quand même été extrêmement facile parce que le trop bref Acte III, Scène II de Simon Leoza est un véritable petit bijou avec lequel on est tombé en amour instantanément. La chanson EVA (avec l i l a à la voix) est tout simplement sublime et justifie presque à elle seule sa place ici. La voix est impeccable, bien sûr, mais il y a aussi la musique parfaitement ficelée à l’arrière, bâtissant quelque chose qui donne des frissons à chaque écoute. Mais comme si ce n’était pas assez, *astronomie* propose ce qui est probablement la voix synthétique la plus émotive qu’on ait eu la chance d’entendre. On a déjà hâte à la suite.

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Découverte de l’année : Avant qu’on se déteste – Noé Talbot

Depuis qu’on suit la sympathique compilation annuelle de reprises Zoo du label Slam Disques, chaque année on voit passer le nom de Noé Talbot. Presque chaque fois, il propose une relecture plutôt douce et acoustique, par ailleurs souvent très réussie, mais allez savoir pourquoi, ce n’est que cette année que son interprétation française de Routine Pain nous a décidé de vraiment prêter l’oreille à sa musique originale. Et on ne l’a pas regretté! Son EP Avant qu’on se déteste traite d’un sujet intemporel, mais d’une façon tellement belle et avec une telle intelligence dans ses textes que l’on ne peut s’empêcher d’en redemander.

C’est ainsi que l’année se termine pour nous. Après 3 mois très occupés depuis le retour du blogue, on se donne quelques jours de pause pour reprendre des forces et partir 2024 du bon pied. De retour quelque part vers la mi-janvier! À très bientôt!

Par Olivier Dénommée


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