Ego Death at a Bachelorette Party – Hayley Williams

Sorti le 28 août 2025

La chanteuse de Paramore Hayley Williams a causé la surprise en lançant un peu de nulle part 17 chansons indépendantes sur son site cet été. Celles-ci se sont peu de temps après retrouvées sous forme de playlist sur les plateformes d’écoute en continu avant de prendre la forme d’un album officiel le 28 août, son 3e opus solo en carrière. L’ordre des chansons d’Ego Death at a Bachelorette Party s’est précisé durant l’été, et une 18e chanson a été ajoutée à la fin du processus.

Le processus menant à la naissance de cet album de presque une heure fait donc en sorte qu’il n’y a pas vraiment de ligne directrice à la musique de Williams, bien qu’on reconnaît généralement assez bien sa signature vocale et que la sortie est généralement considérée comme de la pop alternative. L’album ouvre sur Ice in My OJ, morceau étrange qui combine plusieurs énergies, et qui reprend en partie la chanson Jumping Inside du groupe Mammoth City Messengers… qui serait par ailleurs le premier band de la chanteuse avant de connaître le succès avec Paramore! C’est très meta comme entrée en matière, mais musicalement ce n’est pas aussi intéressant à notre avis! Quant à Glum, la musique est plus convaincante, mais pas l’effet dans sa voix qui lui donne un air juvénile. Le refrain est toutefois très solide.

Si Kill Me est groovy sans être exceptionnelle, on a notre premier coup de cœur de l’album avec Whim, où la chanteuse se laisse aller avec une musique enlevante et des arrangements un peu rétro. C’est là qu’elle brille le plus selon nous, bien qu’on apprécie aussi le côté plus mordant de Mirtazapine. Disappearing Man nous transporte ensuite dans une énergie nous rappelant le rock alternative du tournant du siècle, un moment de nostalgie qui n’est pas désagréable, mais qui manque tout de même un tantinet de nuances! Même Love Me Different nous fait penser à la musique du groupe reggae Magic!, comme quoi Williams semble ratisser très large dans ses influences!

La construction de Brotherly Hate peine sérieusement à nous séduire, alors qu’on se laisse porter par la douceur de Negative Self Talk. S’ensuit la chanson-titre Ego Death at a Bachelorette Party, débutant avec une intro au piano assez intéressante, avant que la chanteuse passe en mode trip hop qui ne lui sied pas tout à fait. Et Hard n’est pas non plus notre tasse de thé, malheureusement!

Si la référence au vieux groupe de Hayley Williams est obscure, celle à l’infâme chanson de Bloodhound Gang est beaucoup plus évidente dans Discovery Channel, qu’elle reprend en version plutôt dépouillée. La chanson originale ne nous a jamais particulièrement accroché, mais changée de cette façon, ça se défend étrangement bien. La suivante, True Believer, brille spécialement durant les refrains. La chill Zissou (qui propose ces titres de chansons?) n’a toutefois pas le même effet, surtout à l’approche de la fin. On apprécie davantage le côté légèrement aérien de Dream Girl in Shibuya.

La douceur reste durant les suivantes, notamment avec Blood Bros, et on s’avoue déçu qu’elle n’ait pas tenté un petit build-up pour donner un nouvel élan vers la fin de la piste. Elle est suivie d’I Won’t Quit on You, morceau alt-pop léger tout simple, presque chuchoté de la part de la chanteuse. Elle est très efficace à condition d’oublier les ajouts totalement inutile dans les dernières 70 secondes. Dommage! Et le dernier mot revient à la seule chanson qui n’a pas été présentée plus tôt, Parachute. Après plusieurs chansons plus douces en fin d’opus, elle revient avec un morceau pop énergique et assumé, pour le grand plaisir de bien des oreilles. Les couplets ne sont pas les plus solides, mais les refrains valent presque le détour à eux seuls. Ce n’est par contre pas assez pour nous faire oublier un album long et assez inégal.

L’album Ego Death at a Bachelorette Party a bien rempli la promesse de Hayley Williams, qui est de dire que ce n’est pas un véritable album mais plutôt un ramassis de singles! C’était une proposition audacieuse de sa part, et celle-ci a été très bien reçue par la critique en générale. On se fait toutefois beaucoup plus critique à son égard : vu la longueur de cette sortie, elle aurait amplement été capable de retrancher certaines chansons moins fortes ou encore de les diviser, par exemple en un album en 2 parties, chacune avec une identité plus assumée. Ici on joue aux montagnes russes et l’album s’écoute à peu près comme on aurait écouté une liste d’écoute en lecture aléatoire. Si une partie des chansons se défend parfaitement, le niveau inégal nous empêche de l’ensemble d’être aussi enthousiaste que bien d’autres critiques musicaux qui ont encensé l’album. Cela n’enlève bien sûr rien aux bonnes chansons qu’il contient.

À écouter : Whim, Negative Self Talk, True Believer

7,2/10

Par Olivier Dénommée


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