
Sorti le 7 novembre 2025
Même si cela fait des années que l’on voit passer le nom (mémorable, disons-le) du groupe Portugal. The Man, jamais on n’avait encore pris le temps d’analyser sa musique. Après avoir écouté son 10e (et au moment de l’écriture de ce texte, plus récent album fraîchement paru), Shish, on comprend pourquoi : la musique qu’il propose est loin d’être une marche dans le parc, et ça nous aura pris une longue journée pour (un peu) l’apprivoiser.
Le rock de Portugal. The Man est tantôt entraînant, tantôt alternatif, tantôt carrément expérimental. Cela donne un album de presque 42 minutes extrêmement imprévisible d’une chanson à l’autre, créant un sentiment qui peut plaire à certains, mais pas nécessairement à nous, même si le thème des chansons est supposé être assez personnel! La première piste, Denali, est aussi le premier single de l’album et on nous plonge tout de suite dans le côté explosif du groupe, surtout au niveau de la distorsion, offrant un fort contraste avec la voix presque pop de John Gourley. Mais la vraie lourdeur suit avec la violente Pittman Ralliers. On se passera de commentaires : la chanson parle par elle-même!
Cela nous permet de davantage apprécier la nuancée Angoon, avec des couplets presque chuchotés mais des refrains qui rentrent au poste (et qui ont quelque chose de très familier). C’est vraiment à un début en montagnes russes que l’on a droit, mais quand on passe outre les excès, on commence à apprécier la proposition. Tout de même, la plus douce Knik arrive à point, avec comme léger défaut de complètement changer d’énergie après la barre des 3 minutes. On profite au moins de la pause le temps qu’elle dure!
La chanson-titre Shish débute de façon étrange, avec une alternance entre une petite voix aiguë et une musique lourde à souhait. La suite est plus intéressante, mais pas assez pour la rendre véritablement mémorable non plus. Quant à Mush, on a droit à un morceau hyperactif qui va peut-être plaire à ceux qui aiment les défis durant le soirées karaoké. Un peu comme Knik, on change drastiquement d’énergie, cette fois autour de la dernière minute à partir du segment «I’m on the edge». On ne peut s’empêcher de penser que ça aurait pu être mieux amené, mais la montée finale vaut quand même le coup, même si la chanson se conclut un peu sec à notre goût! Ces surprises nous rendent méfiant de Tyonek, qui commence assez doucement avant d’exploser et presque bifurquer vers des beats hip-hop. Trop de variations, c’est comme pas assez, et le groupe en a abusé quelque peu dans ces dernières chansons.
Kokhanockers se calme quelque peu et nous livre enfin quelque chose de plus égal, malgré quelques petites sautes d’humeur! Elle est suivie de Tanana, chanson plus pop qui se prend EXTRÊMEMENT bien à ce point de l’album, surtout qu’elle n’est pas assez longue pour nous réserver un changement drastique d’ambiance avant la fin. Le dernier mot revient toutefois à Father Gun, morceau expérimental très percussif, mais qui ne nous séduit pas plus que ça, même avec ses quelques bonnes lignes.
L’album Shish de Portugal. The Man nous confirme surtout une chose : toute musique n’est pas faite pour tout le monde, même si on essaie très très fort! On reconnaît l’intérêt des compositions, mais le plaisir de les écouter n’est pas particulièrement présent. Comme les critiques semblent généralement apprécier la proposition, on en conclut que Shish est davantage un album pour les initiés, qui suivent le groupe depuis des années, mais pas nécessairement pour les néophytes ou ceux qui ont envie de juste mettre leur cerveau à off en écoutant un bon album. À écouter à vos risques et périls si vous ne savez pas déjà à quoi vous attendre!
L’album est entre autres accessible sur Bandcamp.
À écouter : Angoon, Kokhanockers, Tanana
6,8/10
Par Olivier Dénommée
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