
Sorti le 23 janvier 2026
Si on ne connaissait pas particulièrement la musique de la chanteuse américaine Poppy (Moriah Pereira), elle semble être très prolifique puisqu’elle vient de faire paraître Empty Hands, son 7e album studio depuis 2017! Poppy a aussi de particulier le fait qu’elle ne se formalise pas trop des styles qu’elle aborde, étant autant capable de chanter de la pop que du métal dans un même album. Et c’est exactement ce qui se passe ici, pour des résultats souvent surprenants!
Les frontières sont brouillées dès Public Domain, chanson ouvrant l’album. La musique penche vers l’industriel et le métal, mais les mélodies font davantage penser à de la pop, voire à de la pop japonaise (même si c’est chanté en anglais). On avoue que ça nous aura pris quelques bonnes écoutes pour apprivoiser cette salade de styles, mais on comprend que cela fait bel et bien partie de la signature unique de la chanteuse! Que le public apprécie ou non est évidemment un tout autre débat! S’ensuit la lourde Bruised Sky, qui a l’avantage d’assumer son côté plus metalcore. Mais selon nous, la plus efficace du premier bloc de l’album est aisément Guardian, juste assez bien dosée entre un métal solide et des mélodies fortes, en particulier durant les refrains.
Après une brève Constantly Nowhere a cappella et (anormalement) planante rappelant étrangement l’énergie de Hide and Seak d’Imogen Heap, on a droit à une Unravel à peu près aussi efficace que Guardian, pour les mêmes raisons. Décidément, Poppy nous séduit avec ses chansons où elle ne ressent pas le besoin de crinquer l’intensité à 11, même si un petit segment est plus explosif vers la fin. Disons que ça brasse pas mal plus dans Dying to Forget, avec bien peu de place pour de la nuance! On préfère davantage le dosage de Time Will Tell, alternant habilement entre des passages relativement accessibles et d’autres plus grinçants.
Eat the Hate nous laisse des sentiments partagés : si la chanson est plus proche du rock que du métal dans la majeure partie de la piste, ses mélodies peinent à sortir du lot. On sent que c’est une occasion manquée de nous livrer une chanson plus modérée réussie, mais elle ne dure même pas 2 minutes, alors on ne s’en formalisera pas trop! On se reprend d’ailleurs immédiatement, et de bien belle façon, dans The Wait. Tout ce qu’on peut trouver à dire de négatif est le choix de conclure sur un fondu avec la suivante, If We’re Following the Light, qui n’est par ailleurs pas intéressante, mais qui contient quelques petites longueurs la rendant légèrement moins efficace. Blink nous ramène encore brièvement à la fameuse chanson d’Imogen Heap, avant que l’entraînante Ribs prenne le relais. Encore une fois, la faiblesse se trouve seulement vers la fin, qui nous mène par ailleurs à la finale et chanson-titre Empty Hands. C’est sans contredit une chanson intense et Poppy nous le confirme de façon humoristique en se raclant la gorge assez tôt dans la chanson après un couplet assez violent pour des oreilles non initiées! Cela n’empêche pas des parties plus douces vers le milieu, mais c’est très limité par rapport au reste! Vous comprendrez que ce n’est pas notre tasse de thé, mais on ne pourra pas dire que Poppy se ramollit à la fin de son album!
L’album Empty Hands de Poppy est beaucoup de choses, mais «prévisible» ne fait pas partie des qualificatifs qu’on peut lui associer. C’est toujours extrêmement délicat de bien doser un album entre des énergies aussi disparates et, dans l’ensemble, on peut reconnaître que c’est assez intéressant. On ne sait juste pas si les chansons plus «douces» plairont aux gros fans de métal et de metalcore, mais on a l’impression qu’un auditeur lambda aura de la difficulté à s’associer aux chansons plus intenses du répertoire de Poppy. Dans tous les cas, on ne pourra pas dire que la chanteuse aura mis beaucoup d’eau dans son vin afin de plaire à tout le monde!
À écouter : Guardian, Unravel, Ribs
7,6/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.