Songs of Leonard Cohen – Leonard Cohen

Sorti le 27 décembre 1967

Depuis les débuts de Critique de salon, un nom semble revenir constamment dans les reprises sur différents albums qu’on a écoutés : un certain Leonard Cohen. Le Montréalais fait partie de ces artistes intemporels dont les compositions inspirent toujours des décennies après leur sortie et on ne compte plus le nombre de fois qu’on a entendu de nouvelles versions de celles-ci. C’est ainsi qu’on se permet un saut dans le temps, jusqu’à la toute fin de 1967, moment où il a fait paraître son premier album, justement intitulé Songs of Leonard Cohen, contenant plusieurs de ces fameuses chansons qu’on entend encore aujourd’hui.

Ce qui est fascinant avec Leonard Cohen, c’est qu’il était avant tout un poète et un écrivain avant de se lancer dans une carrière musicale dans le folk dans la 2e moitié des années 60. Cela transparaît dans ses chansons, aux arrangements très minimalistes, laissant donc toute la place à ses textes. Même si sa voix deviendra iconique dans le futur, on ne peut pas dire qu’il est un chanteur exceptionnel ici. Et pourtant, ses chansons ont bel et bien influencé et inspiré de nombreux autres artistes.

Sa fameuse Suzanne ouvre l’album, avec des paroles tirées de son propre poème. La chanson est toute simple dans la composition et les arrangements (bien qu’on ait droit à quelques cordes et voix supplémentaires pour meubler l’interprétation), mais comporte surtout son lot d’ambiguïtés dans les textes; c’est là la magie de Leonard Cohen, dont l’histoire derrière une chanson est souvent plus intéressante que la chanson elle-même! Le principal défaut qu’on peut trouver, c’est la trop grande similitude avec les mélodies d’autres chansons de ce même album : The Stranger Song ou encore Hey, That’s No Way to Say Goodbye.

Moins connue, Master Song nous berce avec une chanson sombre, mais un peu longue (tout près de 6 minutes). Winter Lady est plus brève, mais nous paraît aussi moins mémorable. On a un petit faible pour Sisters of Mercy, chanson d’une magnifique simplicité, si on parvient à oublier les percussions qui sont de trop ici.

So Long, Marianne est une autre chanson très connue de Leonard Cohen, faisant référence à sa muse, la Norvégienne Marianne Ihlen. L’interprétation manque un peu de finesse, mais on comprend pourquoi elle a inspiré des relectures senties par la suite. Stories of the Street laisse ensuite place à un côté plus «western» du Montréalais, loin d’être désagréable. Teachers est toutefois moins intéressante avec ses passages répétitifs et sa musique qui manque de nuance. Cela nous mène à la finale, One of Us Cannot Be Wrong, doux morceau assez senti, qui se gâte seulement vers la fin avec le bout à la fois sifflé et crié en arrière-plan.

Si l’album Songs of Leonard Cohen n’est pas un chef d’œuvre d’interprétation, il contient son lot de chansons intemporelles sur lesquelles d’autres interprètes ont pu insuffler leur propre magie, se les réappropriant souvent de bien belle façon. En ce sens, la qualité de l’album transcende de loin la force de l’enregistrement. Plus de 50 ans après sa sortie, Songs of Leonard Cohen continue de vivre à travers tous ceux qui ont été inspirés par cet album, un bel exploit pour celui qui n’était pas à cette époque connu comme un grand musicien, mais qui est aujourd’hui devenu une icône de la musique à l’échelle internationale.

À écouter : Suzanne, Master Song, So Long, Marianne

Par Olivier Dénommée


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