
Par Olivier Dénommée
La 2e journée du Festival international du blues de Tremblant s’est passée sous le signe de l’incertitude, avec une météo assez changeante, incluant une bonne dose de pluie en début d’après-midi. Cela a possiblement eu une petite influence sur l’achalandage, mais cela n’a visiblement pas empêché les habitués de venir apprécier de la bonne musique, avec ou sans pluie.
13h : Mich and the Blues Bastards
De tous les artistes qu’on a vus hier, le groupe québécois Mich and the Blues Bastards est celui qui a le plus écopé de la météo : la pluie battante ne donnait pas particulièrement envie de se tenir devant une scène extérieure, bien qu’une poignée de fidèles étaient équipés de parapluies et d’imperméables. Au moins, l’énergie du band était intact, et son frontman Michel Perron était lui-même équipé de sa légendaire bonne humeur pour compenser pour la météo.
On a déjà eu l’occasion de voir le groupe de 7 amis à l’œuvre il y a quelques années, mais celui-ci n’a fait que gagner en assurance depuis et il avait même quelques nouvelles chansons à proposer au public du Festival. Aucun doute que s’il avait fait grand soleil tout le long – le beau temps a au moins fini par se pointer le bout du nez à l’approche de la fin du spectacle, mais on a personnellement opté pour se réfugier au sec avant que ça n’arrive – ça aurait levé pas mal plus du côté du public qui faisait déjà un énorme effort juste pour être là dans ces conditions plus difficiles. Le groupe était toutefois aussi en spectacle la veille, en fin de soirée, alors on espère que beaucoup de gens ont eu la chance d’écouter Mich and the Blues Bastards parfaitement au sec!

14h30 / 18h15 : Adam Karch
Adam Karch fait partie depuis longtemps des musiciens de blues qu’on se plaît le plus à suivre, lui qui sait systématiquement créer de la magie sur scène, même lorsqu’il est simplement armé de sa guitare acoustique. Il était à plusieurs moments dans la programmation du Festival, incluant dans des performances «À découvrir dans le village», où il sortait son instrument et se mettait à chanter le blues pour les passants. On n’avait encore jamais vu ce type de performances de sa part, mais on trouve qu’il s’est très bien défendu, montrant à la fois ses capacités de musicien et d’entertainer, lui qui interagissait avec le public curieux et les passants avec le sourire.
On a assisté à 2 de ses brèves spectacles dans la rue, durant chaque fois un peu moins d’une demi-heure. Le but avoué du musicien était de convaincre le plus de gens d’aller le voir dans un vrai show, le lendemain sur la scène de la place Deslauriers. On n’a pas fait de sondage sur place, mais il semble avoir gagné quelques fans chaque fois qu’il jouait. Tant mieux, parce que c’est vraiment un artiste qui gagne à être connu!

16h : Steve Marriner & Local Electric
Le nom de Steve Marriner circule depuis bien longtemps : on l’associe notamment au groupe blues ontarien MonkeyJunk et on a parlé de lui dans le cadre du projet collaboratif Manx Marriner Mainline, un duo avec Harry Manx. Cette fois, c’est avec son projet Local Electric qu’on peut voir Marriner à l’œuvre. Comme on ne connaissait pas le personnage en dehors de sa musique, on n’avait même pas réalisé qu’on l’avait vu sur scène pas plus tard que la veille, lui qui accompagnait Colin James. Il n’était donc pas trop tôt pour nous faire réellement sa connaissance!
5 musiciens étaient sur scène pour nous proposer une bonne dose de blues-rock. En plus de Steve Marriner, on a pu reconnaître quelques autres musiciens qui étaient au côté de Colin James la veille, le batteur et le claviériste, comme quoi la scène blues canadienne est peut-être tissée plus serrée qu’on pouvait le croire! On a aussi pu voir un certain Jimmy Bowskill, un jeune (il a notre âge!) guitariste qu’il s’est taillé une place au sein de Blue Rodeo et qui était aussi au festival avec son propre groupe, simplement appelé le Jimmy Bowskill Band. C’était donc à un moment all-star qu’on avait droit.
Même s’il est anglophone, Steve Marriner s’est risqué à parler environ la moitié du temps en français. Ce n’était évidemment pas impeccable, mais cet effort est toujours grandement apprécié, et nous fait réaliser que le français est souvent une langue négligée dans le blues, y compris à Tremblant! Mais c’est évidemment musicalement que le groupe s’est le plus démarqué, avec des chansons fortes, dont plusieurs issues d’un album fraîchement sorti, que l’on se doit d’écouter plus tôt que tard. Steve Marriner & Local Electric aura parfaitement rempli son mandat : de nous donner un regain d’énergie pour se rendre au bout de cette 2e journée de blues!

21h : Matt Andersen
Pour nous, et probablement pour beaucoup de gens, le clou de la journée était Matt Andersen, qu’on a déjà vu une fois en spectacle il y a une dizaine d’années et qu’on avait bien hâte de revoir. Ce grand gaillard du Nouveau-Brunswick surprend toujours autant pour l’aisance avec laquelle il joue sa guitare et il est venu entouré de 4 autres musiciens aussi chevronnés. Andersen n’en était pas à sa première visite au Festival et il n’a pas semblé vouloir trop garder le spotlight sur lui, laissant la chance à tous ses musiciens de s’amuser durant divers solos. On a beaucoup sa dernière sortie en solo, l’assez douce The Hammer & the Rose, parue ce printemps, mais l’artiste a jugé que ses chansons plus énergiques étaient plus appropriées pour un show en festival, ce qui n’est pas vraiment faux!
L’énergie était bien au rendez-vous sur scène, même si la journée aura été épuisante pour certains festivaliers, dont nous! Alors qu’on pensait que le spectacle s’achevait après environ 1h30 de musique, voilà qu’il a sorti de son chapeau une invitée surprise : la guitariste Christine Campbell (du duo Campbell & Johnston, qui jouait plus tôt ce jour-là au festival), proposant encore un peu de blues avant que ça ne finisse. On pensait pouvoir se rendre jusqu’à la toute fin, mais la fatigue aura eu raison de nous pour une 2e journée consécutive – l’âge, sans doute.

Quoi qu’il en soit, on a passé une très belle journée, même si elle commençait de manière assez bizarre avec la pluie. On va toutefois prendre ça plus mollo aujourd’hui afin de donner une chance à nos pieds de se reposer un peu!
Pour relire le compte rendu du jour 1 du Festival, c’est ici.
(Toutes les photos : Olivier Dénommée)
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