Vertical Life – Astral Bakers

Sorti le 10 octobre 2025

On n’avait encore jamais entendu parler du groupe Astral Bakers avant de tomber sur son plus récent album Vertical Life, paru à l’automne 2025. On a été surpris de constater que ce relativement jeune quatuor (le premier album remonte seulement à 2024) touchant à l’indie-rock et un peu au grunge vient de France; on aurait spontanément assumé que le groupe venait des États-Unis, mais il est parfois bon de se rappeler que les influences voyagent partout dans le monde depuis belle lurette!

L’opus ouvre sur Healing, misant sur un build-up plutôt intéressant, qui laisse encore planer un peu de mystère quant à l’énergie réelle du groupe. La voix du chanteur Ambroise Willaume (très français comme nom!) et de ses acolytes sont toutefois les vraies vedettes ici. On passe à quelque chose d’un peu plus folk et léger le temps de l’excellente Into the Sea, dirigée cette fois par une voix féminine (on n’ose pas deviner de qui il s’agit entre Théodora Delilez et Zoé Hochberg, les 2 filles du groupe), pour un effet tout aussi réussi. Avec un peu de recul, on entend un petit peu plus l’accent dans la prononciation de certains mots, mais ce n’est absolument pas quelque chose qui nous a sauté aux oreilles alors ça ne devrait pas gâcher l’expérience de cette chanson somme toute inspirée et bien amenée avec, encore une fois, quelques chœurs très réussis, décidément une force d’Astral Bakers.

C’est plus tendu durant le début de Mirror, mais la chanson laisse quand même place à beaucoup de moments plus lumineux, donnant une dualité intéressante entre ces 2 énergies très distinctes. On apprécie aussi le côté feutré d’It Wouldn’t Last et de No Rain on Internet, mettant assez bien en valeur les voix du groupe. Mais c’est dans What It Means que tout le monde brille le plus, particulièrement durant les refrains! S’ensuit la chanson-titre Vertical Life, qui a un petit côté beatle-esque loin d’être déplaisant.

A Dog in a Manger est un des extraits de l’album, et il s’agit d’un choix très judicieux d’Astral Bakers puisqu’elle est bien dosée avec en prime une voix féminine à l’avant, donnant automatiquement un côté rêveur à l’ensemble. En revanche, on accroche moins que la grungy She Takes a Pill, s’éloignant trop du reste de l’énergie de l’ensemble de l’album à notre goût! On se laisse toutefois facilement porter par My Eyes Won’t Lie, simple et efficace dans sa forme et ses mélodies. Et, surprise, la toute dernière chanson de l’album est un autre extrait, Within a Heartbeat, par ailleurs la chanson la plus écoutée de tout l’album. Elle est intéressante dans la mesure où elle met de l’avant un dialogue entre 2 voix sur une musique relativement feutrée, donnant une ambiance réussie, mais pour nous il manque encore d’un ingrédient pour être au même niveau que les meilleures pistes de Vertical Life!

40 minutes plus tard, on retient de cet album un grand talent de ces musiciens dont on ignorait complètement l’existence quelques jours auparavant, et on conçoit très bien qu’Astral Bakers connaisse un certain succès dans sa France natale. Même si personnellement on accroche un peu moins sur les passages grunge du groupe, le résultat final est assez bien dosé pour rejoindre un public plus vaste. Et il faut reconnaître que les passages corsés font davantage apprécier ceux plus doux, où le quatuor brille décidément le mieux. On ne peut que souhaiter qu’Astral Bakers continue de s’étendre et de se faire découvrir jusqu’à d’autres oreilles un peu partout dans le monde, parce qu’il propose quelques idées qui méritent d’être entendues!

Cet album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : It Wouldn’t Last, What It Means, A Dog in a Manger

7,8/10

Par Olivier Dénommée


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