
Sorti le 14 novembre 2025
Décidément, on doit avoir un faible ces temps-ci pour les artistes indie français, puisqu’on s’intéresse aujourd’hui à Compass Rosa, le plus récent album de Mina Tindle, nom de scène de Pauline de Lassus. Principalement chanté en anglais, cet opus nous propose un indie-folk drôlement inspiré, avec en prime la collaboration de Bryce Dessner (de The National) et de Sufjan Stevens.
Comme on n’est pas spécialiste des potins et de la vie privée des musiciens, on ignorait que Mina Tindle était en fait la conjointe de Bryce Dessner, par ailleurs grandement impliqué dans l’enregistrement de cet album. On ne sait pas à quel point ce dernier a influencé le son de Compass Rosa, mais l’album propose une belle légèreté tout en restant introspectif, un son loin d’être déplaisant à écouter!
La magie opère dès les premiers instants de How Many : on se laisse porter par le doux piano de Tindle, puis par sa voix berçante, à laquelle s’ajoute celle de Sufjan Stevens, tout en prenant soin de ne pas surcharger l’ensemble. La présence de Stevens est répétée à quelques autres occasions, dont dans les 2 suivantes, Serenade et Heaven Thunder. La première reste dans le même esprit de douceur, mais sur une musique légèrement plus entraînante, alors que la seconde laisse place à des synthés et à des mélodies plus mordantes, par ailleurs assez réussies.
Avec Victoire Trésor, Mina Tindle assume pleinement sa langue maternelle sur un folk empreint de vulnérabilité, mais c’est dans Toute une vie qu’elle se surpasse, avec des mélodies senties et des arrangements juste assez solennels pour bonifier notre écoute. Ce segment en français se conclut sur Rosa, plus feutrée et qui s’écoute assez bien même si elle ne nous happe pas comme Toute une vie! Ces chansons ne semblent pas être les plus populaires de l’album, et on assume que c’est à cause de leur langue moins universelle que l’anglais, mais on trouvera toujours dommage de bouder de bonnes chansons simplement parce qu’on ne comprend pas les paroles!
De retour à l’anglais, on apprécie le petit côté bluesy d’Heaven Sake, suivi de Not Losing qui ramène une dernière fois Sufjan Stevens, avec en prime un build-up finement amené à l’approche de la fin. Pour le soleil ramène aussi le français une dernière fois, avec aussi une montée plutôt épique! On est davantage habitué aux fins d’albums en baisse de régime qu’à des remontées aussi solides que ces chansons! Mais le dernier mot revient à Lullaby, morceau justement berçant qui conclut le tout en beauté, même si on pense qu’il aurait été intéressant de clore notre écoute avec la puissance d’une des précédentes pistes!
Même en cherchant fort, on peine à trouver de vraies faiblesses à Compass Rosa de Mina Tindle. L’album bilingue est très bien écrit, presque impeccablement dosé, et s’écoute excessivement bien, même en boucle. Il y a quelque chose d’incroyablement réconfortant à écouter et réécouter cette sortie, que l’on conseille sans modération.
L’album est notamment disponible sur la page Bandcamp de l’artiste.
À écouter : How Many, Toute une vie, Not Losing
8,3/10
Par Olivier Dénommée
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