
Sorti le 24 octobre 2025
On a eu, par le passé, quelques occasions de mentionner la violoncelliste montréalaise Rebecca Foon, notamment associée au groupe Esmerine, mais voilà la première fois qu’on prend le temps d’écouter sa musique en solo, avec son album Black Butterflies, paru vers la fin de 2025. Dans cet album, on l’y entend chanter et jouer les instruments comme le violoncelle et le piano.
Le premier contact qu’on avec cet album est la chanson You Have Known Beyond This Time, en duo avec Patrick Watson. Si on entend bien ce dernier, c’est décidément la signature de Foon qui a le dessus avec une chanson à l’atmosphère plutôt lourde. Ce n’est pas nécessairement inefficace, mais on préfère quelque chose qui respire un peu plus, notamment la suivante, Her Eyes Were Telling Me. Le côté mystérieux de Departure (les lignes de violoncelle y sont pour beaucoup!) nous plaît aussi beaucoup, avant de revenir à la charge avec une seconde chanson avec Pat Watson, If I Could Only See the Distant Sky (décidément, Foon semble favoriser les titres longs lorsqu’il est impliqué!), qui offre un dosage infiniment plus intéressant que la première chanson et une complicité vocale palpable. Il s’agit toutefois (déjà) de la dernière collab de cet album!
In a Time of Truth ramène le violoncelle mystérieux, appuyée par un beat un peu plus léger, qui se prend vraiment bien. Le seul défaut qu’on peut lui trouver est sa fin un peu plus répétitive que nécessaire! S’ensuit Petals and Dreams, morceau assez planant et réussi. On en profite quand même pour noter la forte présence de drum machine sur cet album. Ce n’est évidemment pas la fin du monde, mais cet instrument n’ajoute pas toujours quelque chose à une chanson. Ici, on l’aurait juste diminué un peu dans le mix pour encore plus laisser la place aux textures créées par Foon. On se laisse porter par la lenteur de Flood of Eternity, avant d’avoir droit à une Golden Shadows très légère, arrivant comme une dose de fraîcheur dans un album relativement rendu d’une piste à l’autre. Cela nous donne le souffle nécessaire pour la toute dernière pièce de l’album, In Another Dimension, avec une ambiance chargée et des textes parlés de la part de Rebecca Foon. L’album se conclut ainsi un peu comme il a commencé : avec une intensité qui ne plaira pas à tous, mais qui ne fera pas fuir ceux qui savent apprécier ce que l’artiste a à offrir de plus nuancé.
Même si Black Butterfly ne dure que 37 minutes, on a eu l’impression d’entendre un album vraiment plus chargé, à cause de la densité de la plupart des chansons qu’il contient! Ce n’est pas ce qu’on qualifierait d’écoute légère, loin de là, mais parfois la bande sonore de nos vies a besoin de quelque chose qui a un peu plus de mordant, et on n’exclurait pas que cet album pourrait partiellement répondre à ce besoin!
L’album est accessible sur la page Bandcamp de l’artiste.
À écouter : Her Eyes Were Telling Me, If I Could Only See the Distant Sky, Golden Shadows
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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