Hen’s Teeth – Iron & Wine

Sorti le 27 février 2026

Quelques mois après la sortie du EP Making Good Time en duo avec Ben Bridwell, Iron & Wine (alias Sam Beam) revient avec son 8e long jeu, intitulé Hen’s Teeth. Ce titre évocateur représente l’impossible, un parallèle avec cet album qui n’aurait pas dû exister selon l’artiste, mais qui est bel et bien là aujourd’hui.

Les chansons de l’album ont en fait été enregistrées durant la même session que celles de Light Verse, son album de 2024, mais leur identité est bien différente, peut-on lire. Les nouvelles chansons sont plus sombres et «robustes» que ce qu’Iron & Wine a fait précédemment, et la plupart d’entre elles ont été enregistrées en très peu de prises. Cela donne un album assez spontané, mais aussi plutôt brut, avec tout le bon et le moins bon que ça implique. Notons aussi au passage que certaines harmonies vocales entendues au fil de l’album viennent d’Arden Beam, la fille d’Iron & Wine, en plus de 2 duos avec le trio I’m With Her.

On a plongé dans l’album en souhaitant un folk efficace et sympathique comme ce qu’on avait pu entendre précédemment de la part d’Iron & Wine. La première piste, Roses, nous ramène toutefois bien rapidement sur terre! Si son début est plutôt conventionnel, la chanson devient progressivement plus intense et chaotique. Or, la chanson a été retenue comme extrait avant la sortie de l’album, signe que l’artiste souhaitait vraiment la mettre de l’avant! Ceci étant dit, on préfère de loin la suivante, Paper and Stone, qui revient vite à l’essentiel avec un folk plus léger et senti, sans grande surprise.

Robin’s Egg est le principal single de l’album, en duo avec I’m With Her. La chanson est enjouée et sympathique, mais malgré cela, il semble manquer d’un ingrédient pour vraiment nous chercher. C’est là qu’on a l’impression que certaines chansons auraient pu être davantage peaufinées pour plus d’efficacité. Quant à Singing Saw, la chanson est un peu inégale, avec des segments très quelconques, et d’autres très inspirés, notamment au niveau des arrangements. C’est, malheureusement, un commentaire qu’on fera à quelques reprises au fil de notre écoute, puisque cela s’applique aussi à In Your Ocean, Defiance, Ohio et Dates and Dead People (trop longue, avec des montagnes russes entre des moments hyper efficaces et d’autres beaucoup moins agréables!).

Le second duo avec I’m With Her, Wait Up, est une chanson planante selon nous beaucoup plus inspirée que Robin’s Egg. On ne s’en plaindra pas trop puisqu’on a eu de la difficulté à accrocher sur une bonne partie des chansons ici! On a aussi un petit faible pour Grace Notes, lente et émotive à souhait, bien qu’elle a comme défaut de s’étirer beaucoup plus que nécessaire. La finale de l’album, Half Measures, conclut le tout avec un folk simple mais déprimant. La chanson n’est toutefois pas exceptionnelle.

Sans dire que Hen’s Teeth est un mauvais album, il ne nous a pas vraiment convaincu malgré tous nos efforts. Il a ses bons moments, mais on ne se laisse pas porter par les chansons phares de l’opus – en fait, les extraits sont parmi celles qu’on apprécie le moins! On n’a pas écouté Light Verse avant de se lancer sur celui-ci, mais de ce qu’on en lit et qu’on connaît d’Iron & Wine, notre état d’esprit collerait probablement beaucoup plus à cet album! C’est donc, bien évidemment, une question de préférence, et il faut être prêt à avoir des chansons moins égales et un peu plus corsées pour véritablement apprécier Hen’s Teeth.

Il est notamment possible de trouver cet album sur Bandcamp.

À écouter : Paper and Stone, Wait Up, Grace Notes

7,1/10

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.