
Sorti le 28 février 2025
Nous sommes récemment parti à la découverte de la musique de l’Américaine Miya Folick, spécifiquement de son 3e album, Erotica Veronica, paru il y a tout près d’un an. Cette sortie proposant une musique indie très inspirée a de particulier d’avoir été écrite en un temps record (en un mois et demi, selon ce qu’on peut lire!) sans sacrifier la qualité des compositions, un petit exploit en soi.
L’album ouvre sur Erotica et donne immédiatement le ton à l’opus : c’est accrocheur à souhait au niveau de la composition et les arrangements rendent bien justice à la voix de Folick. Si on ne la connaissait pas avant d’écouter cet album, on sent que sa voix a quelque chose de très familier, possiblement parce qu’elle ressemble à cette de beaucoup d’autres chanteuses du vaste registre indie-pop ou indie-folk. Elle réussit quand même à assez bien se démarquer pour qu’on ne sente pas qu’elle soit un copié-collé de toutes les autres! En revanche, La Da Da rate pour nous la cible, sonnant un peu trop à notre goût comme une toune de rock alternatif un peu générique du milieu des années 90.
Avec Alaska, on peut écouter le côté plus feutré et vulnérable de Miya Folick, nous faisant un peu plus penser aux Phoebe Bridgers de ce monde. C’est somme toute bien réussi, sans toutefois être au même niveau qu’Erotica. La rêveuse Felicity s’écoute aussi très bien, suivie de la chanson la plus viscérale de l’album, Fist. On retient de cette chanson ses textes assumés et surtout son cri de 10 secondes! On avoue quand même préférer les suivantes, la sentie This Time Around et l’entraînante Prism of Light.
Hate Me fait partie de ces chansons qui valent la peine d’être longuement écoutés pour prendre tout leur sens, avec un refrain plutôt mémorable. S’ensuit une Hypergiant plus complexe mais assez réussie. Les 2 dernières pistes reviennent à un registre plus lent : Love Wants Me Dead prend son temps avant de devenir mémorable, alors que la finale, Light Through the Linen, nous propose du Miya Folick à son plus feutré. Cette dernière est berçante à souhait, mais son côté légèrement répétitif fait qu’on ne la retient malheureusement pas parmi les incontournables d’un album autrement plutôt solide!
Car, disons-le, pour un album de plus de 41 minutes, on peut compter sur les doigts de la main les longueurs et passages plus faibles de l’ensemble de l’œuvre. C’est très, très bon signe et, ultimement, c’est une question de préférence si on apprécie les chansons d’Erotica Veronica ou non plus qu’une question de qualité dans les compositions. On ne peut qu’imaginer ce que ça aurait donné si elle avait pris beaucoup plus de temps à écrire ses chansons, à moins que ce soit son côté brut, instantané qui ait créé une telle magie pour cet album? Quoi qu’il en soit, le résultat est très bon et on peut sans hésiter ajouter Folick dans la liste des artistes queer qui ont le don de créer une musique mémorable.
Version deluxe (2026)
Si l’album est paru en 2025, une version deluxe d’Erotica Veronica a fait son apparition au tout début de 2026, ajoutant pas moins de 5 pistes à l’expérience pour un grand total de 57 minutes à cet album déjà bien chargé. Le risque quand on a affaire à un album est de diluer la qualité générale de celui-ci si la version deluxe n’est pas exactement au même niveau, mais Miya Folick sait vraisemblablement ce qu’elle fait!
Elton John nous rassure assez vite avec une chanson efficace qui aurait aisément pu se faufiler dans la version de base de l’album. Quant à Mid July, on a droit à un folk qui devient progressivement plus entraînant, une proposition plutôt sympathique, mais pas aussi efficace que la très belle Maybe When I’m Ready dans le registre plus vulnérable de la chanteuse. La version deluxe aurait pu s’arrêter là et ça aurait été parfait! Il reste toutefois 2 pistes, qui sont en fait des versions alternatives de 2 chansons de la version régulière de l’album. Erotica (Demo) est une version acoustique d’Erotica qui, sans être mauvaise, n’arrive pas du tout à supplanter cette qui ouvre l’opus! Enfin, LTTL est une nouvelle version de Light Through the Linen, en collaboration avec Chrome Sparks, lui donnant un côté électronique plus rythmé… ce qui ne correspond pas tout à fait à l’énergie de la chanson! Cela reste une tentative intéressante, mais on s’en tiendra volontiers à l’originale!
Ainsi, sur 5 pistes supplémentaires, on pourrait résumer cela à 2 chansons incontournables, une correcte et 2 tout à fait optionnelles. On a déjà vu pire comme moyenne au bâton, et les bonnes chansons valent assez le détour pour qu’on conseille d’y aller pour la version deluxe si vous avez le choix, surtout si vous avez apprécié la proposition générale d’Erotica Veronica!
Cet album (incluant la version deluxe) est accessible sur Bandcamp.
À écouter : Erotica, This Time Around, Prism of Light // Deluxe : Maybe When I’m Ready
8,1/10
Par Olivier Dénommée
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