A Short History of Decay – Nothing

Sorti le 27 février 2026

Le groupe shoegaze américain Nothing a récemment fait paraître son 5e album studio, A Short History of Decay, que l’on a voulu écouter. Notre précédente rencontre avec la musique du groupe remonte déjà à 2018 avec Dance on the Blacktop, qui nous avait laissé une très bonne impression à l’époque! En lisant sur cet opus, on apprend à quel point les thèmes abordés dans celui-ci sont personnels, particulièrement au chanteur Domenic Palerno.

Ce nouvel album démarre presque trop doucement avec Never Come Never Morning, au début guitare-voix. Même quand le reste du groupe arrive, c’est anormalement apaisant comme proposition, avec un certain build-up à l’approche de la fin qui lui donne même un air solennel. Ce n’est pas désagréable, mais c’est très loin de l’esprit réel du reste de l’album! On revient vite sur terre avec l’explosive et percussive Cannibal World, par ailleurs le premier extrait annonçant l’album. Ça donne le ton, bien qu’on préfère quelque chose d’un tantinet plus nuancé, comme la solide chanson-titre A Short History of Decay, qui parvient à être lourde musicalement et somme toute aérienne vocalement.

On passe à la ballade le temps de The Rain Don’t Care. Elle prend un peu trop son temps avant de devenir intéressante, mais contient tout de même une petite montée réussie. Purple Strings commence sensiblement de la même façon (avec une vibe à la Creep de Radiohead), mais a droit à des arrangements (avec des cordes!) beaucoup plus intéressants pendant la majeure partie de la piste! S’ensuit Toothless Coal, au début qui pourrait être qualifié d’une version plus agressive de la chanson-titre, mais qui change vite d’énergie pour un shoegaze plus modéré. Cela donne une chanson en montagnes russes avec quelques très bons moments et d’autres légèrement moins accrocheurs.

On s’adoucit à nouveau avec Ballet of the Traitor, qui prend une fois de plus son temps avant de vraiment commencer, mais qui prend tout son sens dans les 2 dernières minutes (sur 5, ce qui n’est pas trop tôt…). Nerve Scales nous surprend avec un son beaucoup moins saturé que le reste de l’album, pour une chanson simple mais sentie. On sens quand même quelques petites longueurs dans la 2e moitié de la piste, qui aurait bénéficié d’être quelque peu raccourcie pour davantage d’efficacité. On conclut le tout avec Essential Tremors, pièce hyper personnelle où le chanteur raconte sa condition apparentée au Parkinson. Le début est plutôt doux, avant d’exploser pour quelque chose de plus saturé sans sacrifier son efficacité. Bon choix de conclusion pour un album un peu en dents de scie.

Il y a beaucoup de bon dans l’album A Short History of Decay et notre écoute a été somme toute agréable, mais d’un point de vue critique, on ne peut passer sous silence les inégalités et longueurs de l’album. On s’est évidemment peu concentré sur les propos des chansons, un élément central de cet album, mais ça fait aussi partie du travail de la musique d’aider à mettre de l’avant les textes. Cela reste un bon album, sans être exception pour nous. Notons que Nothing a décrit cette sortie comme un «chapitre final», tout en assurant que ce n’était pas la fin du groupe. On verra probablement dans le futur ce que cela voulait dire concrètement!

Il est possible de trouver l’album sur Bandcamp.

À écouter : A Short History of Decay, Purple Strings, Essentiel Tremors

7,3/10

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.