
Sorti le 6 mars 2026
Depuis qu’on l’a découvert en 2024, on suit avec beaucoup d’intérêt le groupe The Brook & The Bluff, qui nous a livré quelques sorties indie-folk assez inspirées. On avait hâte d’écouter son 4e album, Werewolf, fraîchement sorti, mais on constate un important changement de direction musicale, pour le meilleur et pour le pire!
Si le folk était déjà bien présent dans la musique du quatuor basé à Nashville, on l’assume encore plus en s’approchant même de l’Américana et du rock sudiste. Si c’est bien amené, pourquoi pas? Surtout que l’album n’est pas trop long, durant à peine plus d’une demi-heure! C’est dans cet état d’esprit qu’on a plongé dans cet album, à commencer par la chanson-titre Werewolf. Les guitares sont plus tranchantes, mais au-delà de ça, on perd surtout la légèreté qui a longtemps fait le charme de The Book & The Bluff. Cela laisse, même après plusieurs écoutes, une impression que ce n’est pas tout à fait le groupe, mais une imitation très proche, sans tout à fait être à point. Ce sentiment ne s’évapore pas tout à fait avec la suivante, Get By; au contraire, on a l’impression que le riff initial est trop proche de celui de Werewolf, un drôle de choix artistique de les mettre aussi près l’une de l’autre. Au moins, le refrain, aux tendances country-rock, vaut le détour.
On retrouve un peu plus le son auquel on est habitué sur Can’t Figure It Out, alors on ne s’en plaindra pas trop! Les éléments plus sudistes ont été incorporés sans dénaturer ce qu’on apprécie du groupe, ce qui aurait dû être l’approche généralisée au fil de cet album selon nous! S’ensuit une Super Bowl Sunday plus costaude, qui devient même un peu surchargée à la toute fin, tranchant avec la douce ballade folk Baby Blue. C’est plus fort que nous, mais 105 nous fait immanquablement penser à Jeter un sort de Laurence Jalbert, notamment dans son énergie et, dans une moindre mesure, certaines lignes mélodiques!
Gone for the Weekend est comme un petit retour aux sources toujours bien apprécié, suivie d’une I’ll Have It Down très vocale, mais qui semble manquer d’un ingrédient pour véritablement faire partie des chansons incontournables de l’opus, en plus d’avoir une 2e moitié beaucoup moins efficace que la première. On apprécie un peu plus la ludique Change My Mind, mais pas mal moins la finale de l’album, Moving Along. Cette dernière essaie un country léger et groovy, mais ne nous convainc pas particulièrement. On n’aurait certainement pas choisi cette chanson pour conclure Werewolf, mais dans le contexte, on comprend l’idée derrière cette décision!
Quoi qu’il en soit, disons poliment que Werewolf ne nous a pas particulièrement séduit. Il y a bien du bon ici et là, mais The Brook & The Bluff s’est visiblement perdu dans un registre où il n’est pas aussi à l’aise, en plus d’aliéner son auditoire qui s’attend à un style très précis, peaufiné depuis plusieurs années déjà. Sans dire que c’est un terrible album, il semble mettre de côté les anciens fans au profit d’un possible nouveau public, en plus de ne pas livrer des nouvelles chansons particulièrement exceptionnelles. On ne peut que souhaiter que cette sortie ne serve que de parenthèse avant de revenir au style des débuts, mais on n’empêchera évidemment pas un groupe d’évoluer et d’aller dans la direction qu’il veut… À suivre, mais d’ici là, on préfère s’en tenir au vieux matériel qu’à cette nouvelle sortie.
À écouter : Get By, Can’t Figure It Out, Baby Blue
6,3/10
Par Olivier Dénommée
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