CHRONIQUE : Toutes les identités d’Andy St-Louis dans un même spectacle

Andy St-Louis au U-Art le 28 mars 2026 / Photo : Olivier Dénommée

Par Olivier Dénommée

Plusieurs la connaissent pour ses capsules comiques sur Internet; d’autres ont peut-être eu l’occasion de l’entendre à travers ses chansons ou ses 1001 projets (diffusions régulières sur Twitch, musicienne à la LNI, membre de la comédie musicale Les Nonnes, membre du podcast Lance & conte… et certainement beaucoup d’autres choses qui nous échappent!). Pour notre part, on a côtoyé Andy St-Louis pour la première fois il y a quelque chose comme 16 ou 17 ans, fréquentant le même cégep à l’époque. Le 28 mars, des gens qui la connaissent d’un peu partout se sont retrouvés dans la même salle, au U-Art, milieu de culture de Saint-Basile-le-Grand, pour une soirée célébrant sa «crise d’identité». On ne savait pas exactement à quoi s’attendre et, en rétrospective, c’était le bon état d’esprit pour assister à ce spectacle franchement éclaté!

Le spectacle Crise existentielle fait suite à sa série de tounes Nouvelles chansons lancées en 2024, où l’artiste cherchait à se réinventer avec une bonne dose d’autodérision. Mais elle a vite fait savoir que son show n’en était pas un d’humour… ni de musique. En fait, c’était un peu tout en même temps, une grosse courtepointe de presque 80 minutes où elle nous amène dans différentes directions en très peu de temps, ce qui pourrait vite devenir étourdissant, mais c’est là toute la magie de son personnage : elle n’est pas très grande, mais elle en a dedans et nous surprend toujours par son intensité, même après toutes ces années. Il est bon de noter que la performance à Saint-Basile n’était que la 2e de sa tournée de rodage et que la forme est donc encore loin d’être finalisée. Outre quelques petits pépins techniques ici et là et un pacing pas pleinement optimisé entre les différentes sections, on n’aurait jamais deviné que le spectacle était encore en construction. Andy St-Louis est décidément une pro et arrive à tout faire paraître facile est naturel!

Que ce soit avec des loops, des improvisations, des demandes spéciales issues du public ou simplement ses chansons et ses anecdotes de vie, Andy St-Louis a semblé en contrôle toute la soirée. Elle est arrivée sur scène comme on la connaît : à la fois simple (nu-pieds, ce qui frappe toujours vu sa taille!) et flamboyante, dégageant de l’énergie pour 10. Et son énergie a d’ailleurs été contagieuse : le public de Saint-Basile a vite embarqué dans ses folies et a souvent chanté les refrains avec elle. L’autodérision était bien sûr au rendez-vous pour l’artiste, mais elle a aussi inclut son père, présent dans la salle, et certains membres de l’assistance dans certains de ses moments plus comiques.

Là où elle a réussi à nous prendre par surprise, c’est quand elle a décidé d’inclure quelques chansons plus sérieuses au milieu du spectacle. On connaissait pourtant ces chansons et on savait qu’elles ne deviendraient pas soudainement drôles, mais le ton du spectacle ne laissait pas entrevoir un tel registre, surtout qu’on est vite revenu à quelque chose de plus léger et humoristique peu après! Cela reste intéressant qu’elle n’ait jamais renié cette partie d’elle, même si elle n’a pas nécessairement reconnue pour ça aujourd’hui.

Andy St-Louis au U-Art le 28 mars 2026 / Photo : Olivier Dénommée

À la fin du spectacle, le public était bien réchauffé et ça ne pouvait pas être un meilleur moment pour sortir sa sympathique chanson à répondre Monsieur l’commis, selon nous une de ses compositions les plus efficaces. Cela a mené à une demande de rappel bien méritée (elle a été télégraphiée, mais on pense qu’elle serait venue naturellement quand même!). On le dit souvent, mais on en aurait certainement pris encore plus longtemps de cette performance. Quand même, la durée d’environ 1 h 15 est un bon compromis, n’étant pas trop court ni trop long pour un public moyen. C’est peut-être un bon moment pour avouer que ça nous a tout pris pour ne pas donner comme titre à notre chronique Un «crise» de bon show.

Si ce qu’on a vu n’est que du rodage, on a bien hâte de savoir à quoi pourrait ressembler la version finale de Crise existentielle! C’est encore un peu tôt pour annoncer les dates de la version finale du spectacle, mais le rodage se poursuit au moins jusqu’à cet automne, avec comme prochaine date le 4 avril du côté de Sainte-Thérèse, pour les intéressés! Les billets sont par ici.

Salle invitante

Un mot sur le U-Art, nouveau centre culturel inauguré par la Ville de Saint-Basile-le-Grand cet hiver. Andy St-Louis était en fait la toute première invitée de la programmation régulière de la salle, ce qui en a fait un très beau moment de nouveauté pour tout le monde alors qu’elle était elle-même au tout début de sa tournée de rodage. L’événement a aussi été le premier vrai test pour l’endroit, encore peu connu, mais le public a vraiment bien répondu à l’appel. À part les fans d’Andy St-Louis qui se sont déplacés spécialement pour elle, on a eu l’impression que l’assistance était composée d’une part de gens du coin qui ont juste eu envie de faire confiance à la programmation concoctée par leur Municipalité et de découvrir en même temps le nouveau lieu. On ne sait évidemment pas si le public sera toujours d’aussi grande qualité dans le futur, mais on pouvait difficilement demander mieux comme coup d’envoi.

(Toutes les photos : Olivier Dénommée)


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