Heavy Relic – Bossanova Frankenstein

Sorti le 20 mars 2026

Dans la catégorie des noms surprenants, difficile de passer à côté de Bossanova Frankenstein du Montréalais Evan Henderson. Avant d’écouter son premier album Heavy Relic, on se posait la question qu’on croyait légitime : est-ce qu’on est plus proche de la bossa nova ou de Frankenstein? La réponse ne s’est pas fait attendre…

On est en fait bien loin d’une musique latine légère et on a plutôt affaire à un rock au sens très vaste, incluant des touches de blues, de post-punk, de psychédélique, de folk, d’indie, d’électronica… et même le jazz et le dance. On est donc clairement en territoire «Frankensteinien»! Et comme première offrande, on n’y a pas été de main morte, puisqu’on parle d’une heure bien condensée!

Notre premier contact vient avec une Continuum sombre avec un petit côté mystérieux qui n’est pas déplaisant. La voix d’Henderson a aussi quelque chose de familier et a une certaine prestance. La première chanson est relativement longue, un choix souvent risqué quand on veut faire une première bonne impression, mais sa montée autour de la seconde moitié lui donne un nouveau souffle d’autant plus intéressant. Bref, très bonne entrée en matière, qui met assez vite la table pour ce qui nous attend!

S’ensuit par ailleurs la chanson Bossanova Frankenstein, beaucoup moins sérieuse dans le ton, nous confirmant que l’on va aller dans toutes les directions au courant de la prochaine heure. Si on avait à résumer, on se promène à travers un rock’n’roll hyperactif (Get a Rest, Walk Away (Chicken Bone)), une musique minimaliste au côté jazzy presque suspect (Brushes on a Snare), un musique lourde et intrigante (Jimmy & Jenny), une musique indie devenant progressivement plus contagieuse au fil de l’écoute, valant un peu de patience (The Cost to You), une chanson mid-tempo plutôt sentie quoique longue à vraiment se démarquer (Blue Moment), ou encore une finale plutôt lente pour nous aider à digérer tout ce qu’on a entendu précédemment (I Believe in You)!

Mention spéciale à Parents House, morceau plutôt comique (et imprévisible) où l’artiste relate ses malchances l’ayant amené à retourner vivre chez ses parents, un sujet peut-être d’actualité de nos jours! On aurait seulement pris une version légèrement raccourcie, puisqu’elle s’étire sur près de 7 minutes! On ne peut pas non plus passer sous silence l’efficacité redoutable de Growing Old, avec une énergie post-punk bonifiée de quelque chose de plus festif – on a une relation très froide avec tout ce qui est post-punk, alors on se surprend d’apprécier cette chanson! Pire encore, elle dure elle-même presque 7 minutes et on ne s’en rend même pas compte, signe qu’il s’agit d’un petit tour de force de la part de Bossanova Frankenstein! Il est aussi difficile de ne pas mentionner Amalthea, qui dure quant à elle 8min44! Sa construction est quand même réussi, particulièrement la portion rock garage, mais on n’accroche pas autant sur le segment électronique. Et, de toute façon, il aurait fallu une chanson exceptionnelle pour ne contenir aucune faiblesse pendant toute la durée de la piste!

Cela donne un album extrêmement éclectique, justifiant pleinement la partie Frankenstein du nom du projet musical. Ce n’est pas ce qu’on qualifierait d’écoute facile parce qu’on va dans toutes les directions, mais on a aussi éprouvé un certain plaisir à découvrir toutes les idées souvent contradictoires d’Evan Henderson. Heavy Relic ne sera évidemment pas pour toutes les oreilles et sa longueur va certainement en rebuter quelques-uns, mais si vous êtes à la recherche de quelque chose de plus éclaté pour vous mettre dans les oreilles, voilà un candidat intéressant à considérer.

Cet album est accessible sur Bandcamp.

À écouter : Continuum, Get a Rest, Growing Old

7,4/10

Par Olivier Dénommée


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