Visions – Alice Merton

Sorti le 16 janvier 2026

Même si ça fait 7 ans de ça, on se souvient qu’on trouvait courageux de la part d’Alice Merton de lancer son premier album, Mint, en tout début d’année. Il faut croire qu’elle n’a pas changé de position depuis puisqu’elle vient de lancer son 3e album, intitulé Visions, le 16 janvier! Et on peut la comprendre de vouloir lancer son nouveau matériel aussi tôt dans l’année, parce que c’est une proposition franchement solide qu’elle nous livre!

Si on reconnaît immédiatement la voix de Merton, sa musique, elle, semble influencée de différents artistes, mais avec une assurance difficile à ignorer! Cela donne un album assez varié et avec très peu de moments faibles. Notre écoute débute avec Ignorance Is Bliss, morceau énergique et particulièrement fort durant le refrain, oserait-on dire au niveau de certaines chansons de Taylor Swift. Et même si cette chanson est une excellente entrée en matière en plus d’être avec raison le premier extrait de l’album, c’est loin d’être notre préférée du lot, signe de la force de l’ensemble! On apprécie par exemple beaucoup les variations d’intensité de Coasting, ou encore le rock assumé de la chanson-titre Visions. Cruel Intentions est un autre extrait assez entraînant, tout aussi efficace, pour un début d’album franchement solide!

Il faut attendre à Boogie Man, pourtant loin d’être désagréable (notamment avec quelques excellentes lignes de guitare et des mélodies toujours assez réussies), pour arriver à une chanson qu’on arriverait à qualifier de «plus faible». Quant à Mirage, on sent une intensité mélodique à peu près comparable à celle de Wrecking Ball de Miley Cyrus (sans les blagues associées à la chanson). C’est encore plus réussi dans Jane Street, notamment grâce à la force des arrangements et de ses mélodies. Même On the Wire commence de façon un peu plus faible pour mieux se rattraper avec une montée très réussie. Décidément, la Germano-Canadienne sait ce qu’elle fait et on ne s’en plaindra pas!

On change un peu de registre avec Willow Trees in Tokyo, y allant d’un morceau plus modéré, aux prétentions presque rétro. Si ce n’est pas aussi enlevant que ce qu’on a entendu précédemment, cela reste une chanson fort agréable à écouter nous amenant doucement à une Joyriding plus entraînante, mais à la mélodie presque trop familière! On n’a pas tout à fait mis le doigt sur quoi encore, mais quand on a l’impression de connaître la chanson dès la première écoute, c’est généralement un signe!

Passons rapidement sur Landline, un single qui tombe dans le registre de la ballade émotive, mais qui manque pourtant de la petite épice de plus pour la rendre mémorable selon nous. S’ensuit Marigold, bien chargée avec plusieurs bons éléments. Si elle est plutôt solide, on sent qu’elle arrive tard dans l’album et ses forces se retrouvent partiellement dans l’ombre des pistes précédentes. Et l’album Visions se conclut sur Treasure Island, quelque part entre une berceuse et une power ballade! On accroche juste un peu moins sur le segment presque parlé dans la seconde moitié, mais en général c’est une belle conclusion à un album qui fait bien peu de faux pas.

Cela fait quelques fois que l’on parle de la musique d’Alice Merton, mais jamais on a eu affaire à un album aussi solide presque du début à la fin de sa part. Et on est loin de s’en plaindre, parce que quand elle livre une bonne chanson, elle n’est pas bonne qu’à moitié! Quand ses chansons les plus faibles seraient dans les faits parmi les meilleures d’un album d’un autre artiste, ça veut tout dire. On espère juste que sa sortie si tôt dans l’année ne lui nuira pas et qu’elle aura toute la reconnaissance qu’elle mérite, parce qu’on a vraiment affaire à une musicienne au sommet de son art ici.

À écouter : Coasting, Visions, Jane Street

8,4/10

Par Olivier Dénommée


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