
Sorti le 9 octobre 2026
Il y a de ces albums qui nous marquent au point que même le groupe qui l’a enregistré a de la difficulté à être à la hauteur de ce qu’il a précédemment créé, du moins pour nos oreilles. C’est essentiellement ce qu’on ressent par rapport à l’album Your Wilderness du groupe de rock progressif The Pineapple Thief, paru il y a 10 ans déjà, mais qui n’a jamais été surpassé depuis. On s’intéresse quand même au 16e album du groupe, Far and Wide, fraîchement sorti, pour voir s’il est capable de nous faire changer de position!
L’album ouvre sur New World Order, qui contient à peu près tous les bons ingrédients, mais qui réussit malgré tout à nous laisser un peu sur notre faim! Peut-être une question de dosage, ou peut-être est-ce parce qu’elle est suivie de Hold the Ashes, du vrai Pineapple Thief à son meilleur, avec des riffs solides, des mélodies efficaces et surtout un refrain incontournable. Disons qu’on n’est pas surpris que ce soit la chanson la plus écoutée de l’album quelques jours après sa sortie! On prendrait volontiers d’autres chansons de ce calibre ici.
S’ensuit Still Living, proche d’une power ballade à certains moments, sans perdre son côté prog la rendant légèrement plus imprévisible que la moyenne! Pas désagréable, mais on préfère nos ballades bien assumées. Quant à God Knows, on retrouve un peu le mordant de Hold the Ashes, ce qui nous plaît beaucoup, avant de revenir à la ballade le temps de This Empty Space, cette fois de façon beaucoup plus assumée et réussie! La chanson est un tantinet longue (plus de 6 minutes), mais la fin passe à quelque chose de plus épique, ce qui lui donne un second souffle assez intéressant. Bon coup ici!
Scattering Like Flies est un autre bon coup de la part du groupe, avec une chanson qui ne demande qu’à croître avec une longue montée menant à un refrain franchement réussi. Elle aurait pu être légèrement raccourcie pour maximiser son efficacité, mais on fait du prog ou on n’en fait pas, n’est-ce pas? On revient à la douceur dans la première moitié de Through the Noise, pour un résultat plutôt réussi (quoique prévisible puisque c’est la formule que le groupe utilise tout au long de l’opus), avant de passer à un passage explosif où la guitare se gâte pas mal!
Après plusieurs chansons fortes, Who Wants It? nous laisse un peu ambivalent, avec autant des bouts emballants que ceux qui nous laissent indifférent. Et ce n’est pourtant pas parce que la chanson est trop longue, elle qui ne dure que 4 minutes! Le dernier mot revient ensuite à No Exceptions, une dernière chanson «douce», ce qui ne l’empêche pas garder un subtil beat de batterie tout le long de la proposition, prête à exploser à tout moment, ce qui arrive vers la barre des 5 minutes. La chanson reste un peu longue à notre goût, mais on doit dire que c’est une bonne façon de conclure avec force!
Far and Wide n’est pas un album parfait, loin de là, et il se heurte vite au souvenir qu’on garde du solide Your Wilderness, mais ses chansons fortes le sont pour vrai et valent vraiment le détour. C’est bon signe quand on a de la difficulté à ne retenir que trois chansons à écouter dans un album de neuf pistes, signe que la moyenne au bâton est excellente. Sans avoir la prétention d’avoir écouté l’entièreté de la discographie de The Pineapple Thief, on peut au moins dire que dans ceux qu’on a écoutés depuis qu’on fait de la critique, il s’agit d’un des plus convaincants.
À écouter : Hold the Ashes, This Empty Space, Scattering Like Flies
8,1/10
Par Olivier Dénommée
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