
Sorti le 18 septembre 2026
Partons aujourd’hui à la découverte de l’artiste multidisciplinaire torontoise Emma Worley, qui inclut à sa pratique la musique depuis quelques années. Son deuxième album, Forever Beginner paru ces dernières semaines, nous propose une musique assez dépouillée, entre folk et Americana où sa voix et ses textes sont bien mis de l’avant.
L’album est très bref, ne durant que 27 petites minutes, et il a l’avantage de ne pas étirer la sauce plus que nécessaire – une seule piste dépasse la barre des 4 minutes. C’est donc à une proposition folk assez directe qu’on s’attend ici, et c’est en grande partie ce à quoi on a droit. Weekend Baby met bien la table, avec une musique bien dosée et relativement discrète, laissant la place à Worley qui se défend assez bien avec ses textes inspirés et ses mélodies simples mais senties. On n’en demande pas plus pour un folk réussi! Mentionnons que Comedy Club (la chanson plus longue en question) se défend bien, mais qu’on entend certaines petites longueurs ici et là qui font perdre de son efficacité. Emma Worley est décidément à son meilleur dans les chansons plus brèves et serrées.
Permettez-nous de sourire en écoutant Hardware Store in Heaven, titre country par excellence, où la chanteuse énumère ce qu’elle espère voir au Paradis. On n’écouterait pas ce genre de musique en boucle trop longtemps, mais quand c’est traité avec une telle légèreté, la pilule passe décidément beaucoup plus facilement! S’ensuit la (presque trop) lente ballade All for Nothing, puis Buddy, un petit folk plus léger et franchement efficace. La chanson-titre Forever Beginner revient une fois de plus à l’extrême lenteur et, décidément, ce n’est pas le registre qui lui sert le mieux, bien qu’il soit approprié pour ses textes émotifs.
Poursuivons avec the song in my heart is a hard one to play (pour une raison mystérieuse, c’est la seule de l’album entièrement en minuscules, mais aussi la plus brève malgré son long titre), un moment tout aussi senti, mais mieux dosé. Dommage que la chanson se termine en moins de 2 minutes, comme on reste un peu sur notre faim! Les autres chansons suivent aussi la même tangente de douceur : Cupid the Vandal nous semble par ailleurs très familière, nous faisant penser à une chanson de Jordan Officer, alors que la finale Known suit la tradition non écrite de conclure sur une toune au piano. C’était donc prévisible, mais ça reste réussi, alors on ne se plaindra pas!
Sans être exceptionnel dans sa forme, l’album Forever Beginner d’Emma Worley coche à peu près toutes les cases d’un bon album country-folk : une musique simple, sincère, qui va droit au but (et droit aux émotions lorsque la chanson s’y prête). On n’avait pas besoin d’une musique bien compliquée pour se laisser porter en ce début d’automne, et l’Ontarienne remplit plus que bien son mandat. On dira seulement qu’elle a peut-être mis un peu plus de chansons lentes que nécessaire, mais c’est encore là une question de préférence, donc certains apprécieront certainement ses propositions plus vulnérables. Cela reste, en tout cas, une petite sortie qui s’écoute aisément et qu’on a eu pas mal de plaisir à apprivoiser dans la dernière journée. Et ça donne envie d’en écouter plus, ce qui est prometteur pour la suite!
Son album est notamment disponible sur Bandcamp.
À écouter : Weekend Baby, Hardware Store in Heaven, Buddy
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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