
Sorti le 11 octobre 2024
Ces dernières années, l’étoile de l’autrice-compositrice-interprète Klô Pelgag n’a jamais vraiment cessé de briller plus fort, cumulant les honneurs pour sa musique, mais pour différentes raisons, on n’a pas particulièrement suivi ce qu’elle a fait depuis L’étoile thoracique. On se remet donc dans le bain avec Abracadabra, son 4e album studio.
Même des années plus tard, le style «Klô Pelgag» semble toujours intact. Sa voix particulière et sa pop qui nous surprend à chaque détour ont souvent été imitées par d’autres artistes au fil des années. En ce sens, on ne s’est pas trop senti dépaysé en écoutant les chansons d’Abracadabra. L’intro instrumentale (à moins de compter les quelques onomatopées lancées par la chanteuse) Le sang des fruits rouges nous plonge assez vite dans son univers planant et empreint d’une touche de magie – sans mauvais jeu de mots avec le titre de l’opus, bien que le parallèle demeure facile à faire!
Le premier tiers de Pythagore semble rester dans cette énergie planante, avant que les percussions embarquent pour lui donner le petit «oomph» nécessaire à la chanson. La poésie ambiguë de Klô Pelgag demeure efficace, bien que certains lignes sont légèrement moins bien mises en valeur par ses mélodies, a-t-on remarqué. C’est suivi de Coupable, allant davantage droit au but avec sa ligne «Je n’ai pas dormi», prenant à elle seule plus de 55% des paroles, laissant donc place à une certaine lourdeur dans sa musique.
Libre revient toutefois au meilleur de ce que peut offrir Klô Pelgag avec une musique énergique au refrain instantanément mémorable. Même la fin, optionnelle, ajoute au côté épique de la chose. On s’adoucit aussitôt au début de Sans visage, lui permettant de mieux revenir en force, pour un résultat très réussi. Le goût des mangues se radoucit à nouveau, cette fois pour vrai, offrant un joli segment planant, servant d’élan à la 2e moitié de l’album.
Malgré son titre, Lettre à une jeune poète n’est pas parmi ses textes les plus intenses au niveau des textes. Le petit build-up n’est pas mauvais du tout, mais n’a pas le même niveau d’efficacité que d’autres chansons entendues précédemment. La suivante, Décembre, prend rapidement des proportions plus épiques, et pas juste parce qu’on écoute cette chanson en fin d’année. Elle est suivie de Jim Morrison, chanson où l’on entend le titre de l’album. Ici, c’est davantage les paroles que la musique qui sont intéressantes.
Deux jours et deux nuits revient avec une musique solide. Même si celle-ci est plus chargée en sonorités électroniques, elle touche sa cible avec un refrain assez épique. Et c’est tout aussi efficace dans la lente Les puits de lumière, laissant à la fois place à sa poésie et à sa force mélodique dans un enrobage tout simple, mais ô combien efficace. Ça aurait été une conclusion parfaite à Abracadabra, mais il reste une dernière chanson, Triste ou méchante, qui, sans être inintéressante, n’a pas le même niveau d’efficacité que les chansons plus fortes entendues juste avant. La montée dans la seconde moitié de la piste rattrape un peu le coup, mais il faut noter que les 2 dernières minutes de la chanson sont complètement instrumentales, donnant l’impression d’étirer la sauce un peu plus que nécessaire.
Pas de doute possible, Abracadabra est bel et bien du Klô Pelgag pur jus, avec ses forces, ses faiblesses et surtout ses quelques inégalités. On comprend parfaitement comment cette sortie s’est retrouvée dans différentes listes de fin d’année, bien qu’on doive souligner qu’elle n’arrive pas à nous toucher autant que L’alchimie des monstres, son excellent premier album qui a toujours une place spéciale dans notre cœur.
Cet album est notamment disponible sur sa page Bandcamp.
À écouter : Libre, Deux jours et deux nuits, Les puits de lumière
7,8/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.