Daystar – Soran

Sorti le 27 février 2026

Le nom de Soran ne nous est pas étranger, mais comme pour trop d’artistes, on n’avait encore jamais pris le temps de bien écouter sa musique (on n’a toujours que 2 oreilles et 24 heures dans une journée!). Comme mieux vaut tard que jamais, on a écouté sa plus récente sortie, l’album Daystar. Cet album album est inspiré la découverte de l’amour, un thème on ne peut plus universel, et explore des thèmes comme «la guérison, la vulnérabilité et l’optimisme durement gagné». Mais ce qui nous frappe le plus, c’est sa musique, versant dans une pop qui va dans un peu toutes les directions, parfois surprenantes.

L’album ouvre sur la chanson-titre Daystar. Mélangeant une musique synthpop rétro efficace et des mélodies plus vaporeuses de la part de Soran. C’est une assez bonne entrée en matière, mais on change de ton drastiquement avec la plus retenue Luigi, offrant quelque chose de groovy mais avec des arrangements un peu moins mémorables. Les synthés font leur retour dans Momentary Good Times, avec quelques bonnes lignes, mais le résultat devient quelque peu surchargé vers la fin.

Sur Secrets, on a presque l’impression d’entendre The Killers, autant à cause du style de chant que des arrangements. On fait notamment certains rapprochements avec Quiet Town. C’est toutefois une proposition bien assumée qui réussit bien à Soran. La suivante nous fait aussi penser à une chanson : la vibe en général et les «I-oh » entendus un peu partout dans 555, le premier extrait de l’album, nous ramènent bien malgré nous à Locked out of Heaven de Bruno Mars. Entendons-nous, il y a certainement des pires chansons avec lesquelles être comparées! Tant qu’à être en mode référence à d’autres chansons connues, mentionnons, même si c’est tiré par les cheveux, Tarinai, morceau simple qui nous fait très vaguement penser à Walk on the Wild Side dans sa section rythmique, et au refrain qui, s’il poussait un peu plus la note, aurait pu s’apparenter à Golden (oui oui, la toune de Kpop Demon Hunters!).

On ne déteste pas l’énergie plus légère de Destiny, bien que la chanson ne soit pas au même niveau d’efficacité que les meilleures chanson de l’opus. S’ensuit une Tears in the Summer plutôt enjouée, que l’on apprécie beaucoup, si ce n’est qu’elle reste sur le même ton tout le long, alors que les autres bonnes chansons laissent place a un certain build-up pour les rendre encore plus efficaces. C’est pour nous une petite occasion ratée de la part de Soran! Commentaire similaire pour Wonderful, à l’énergie contagieuse dès le début qui n’arrive pas à monter l’efficacité du petit cran de plus pour la rendre incontournable.

Après des chansons plus enjouées de la part de Soran, Sideways Falling nous prend presque par surprise. C’est une chanson minimaliste, principalement guitare-voix, et il faut dire qu’ici, cette simplicité donne énormément d’impact à la force de sa voix. C’est très aisément une des meilleures chansons de l’album et on ne comprend pas qu’elle ne soit pas davantage mise de l’avant. L’écoute se conclut sur Telescope, autre morceau minimaliste, mais beaucoup plus léger malgré le sujet qui aurait pu être plus sombre, soit le décès de sa mère. Comme dernier mot de son album, Soran a donc choisi de transformer cette perte en chanson lumineuse, un très beau statement de sa part.

On a été dans toutes les directions au fil de Daystar, au point de se demander à quelques reprises si on avait accidentellement changé d’album! La grande variété peut être vue comme une force ou une faiblesse dépendant à qui on le demande et, pour notre part, la diversité n’est pas mauvaise en autant que la qualité des différentes chansons soit bien au rendez-vous. Dans ce cas-ci, on a eu droit à des chansons très fortes, et d’autres plus inégales, ce qui nous a donné une écoute (et une appréciation) en montagnes russes, mais cela n’enlève absolument rien à Soran qui a livré un album senti et inspiré qui a, croit-on, le potentiel de rejoindre différents publics. Tous les ingrédients sont là, il ne reste qu’à peaufiner le dosage!

L’album est notamment accessible sur sa page Bandcamp.

À écouter : Secrets, 555, Sideways Falling

7,6/10

Par Olivier Dénommée


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