I Know a Garden – Edwin Raphael

Sorti le 20 mars 2026

On a profité ces derniers jours pour longuement écouter I Know a Garden, le 3e album du musicien montréalais Edwin Raphael. S’il verse dans l’univers indie-folk pourtant déjà saturé, on n’a pas du tout détesté sa proposition, tantôt rêveuse, tantôt entraînante, avec quelques petites sonorités qui nous rappellent avec plaisir Foster the People.

Thématiquement, Raphael fait un retour en enfance, replongeant dans les mémoires de sa jeunesse dans son Inde natale. Cela ne se traduit toutefois pas des sonorités indiennes dans sa musique! Mais il y a quelque chose de très enveloppant dans sa proposition, qui a de quoi rejoindre un peu tout le monde.

L’album de 11 pistes ouvre sur First Time on Earth, démarrant assez doucement pour mieux gagner en intensité et nous mener à un refrain simple mais très mémorable. Si on ne connaissait pas Edwin Raphael avant de se lancer dans l’écoute de cet album, on a vite compris qu’il était un redoutable compositeur, sachant jongler avec différentes énergies sans que ça paraisse forcé. Cette excellente entrée en matière est suivie d’une Moonstruck plus égale, mais pas moins réussie. On se laisse bercer tout le long de la chanson qui n’a comme seul défaut d’étirer sa fin plus que nécessaire. Elle demeure excellente, mais coupez les 30 dernières secondes et tout serait parfait!

Hymn for a Dragonfly revient à un petit folk légèrement plus conventionnel. Ça s’écoute évidemment toujours très bien, mais ça n’a pas la petite flammèche de plus qui a marqué les premières chansons. Mais on se rattrape bien dans Mosaic in the Sun, au dosage efficace, menant à une Then There’s You combinant des segments émotifs et d’autres plus vaporeux, pour un résultat très intéressant! Son efficacité fait quelque peu ombrage à la chanson suivante, It’s a Shame You Swin So Well, mais la douce Emerald to Gold se savoure aisément les yeux fermés.

L’interlude instrumental It Will All Pass Anyways~ nous guide sereinement vers Ballroom of My Memory, beaucoup plus hyperactive comme chanson! Il s’agit probablement de la chanson qui nous ramène le plus au premier album de Foster the People, bien que la voix n’est évidemment pas comparable à celle de Mark Foster. Et on ne s’en plaindra assurément pas! La suivante, Snake on the Road, n’a pas exactement la même force, mais la portion finale vaut quand même le détour! Cela nous mène déjà la conclusion de l’album avec une douce et lente A Sunbeam Lent to Us Briefly. Ce n’est pas la conclusion la plus flamboyante, mais c’est celle qu’il nous faut, nous permettant de nous déposer à la fin d’un album qui nous a habilement fait voyager dans les souvenirs d’Edwin Raphael.

Même s’il n’est pas doux du début à la fin, on a envie de dire qu’I Know a Garden est un album apaisant dans son ensemble. Le dosage entre l’indie-folk et les autres influences d’Edwin Raphael est impeccable et il a fallu chercher pour trouver des longueurs à cet album. Malgré la météo ordinaire des derniers jours, on s’est vraiment senti au printemps avec cette sortie, et on ne peut que la conseiller à ceux qui eux aussi ont envie d’accueillir le beau temps tout en nuances. On ne sait pas si ses œuvres précédentes sont aussi fortes que celles-ci, mais ce 3e album risque de nous rester en tête un petit moment!

Vous pourrez trouver cet album sur Bandcamp.

À écouter : First Time on Earth, Then There’s You, Ballroom of My Memory

8,3/10

Par Olivier Dénommée


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