Le Bolduc Groove Quintet – Rémi Bolduc

Sorti le 9 avril 2026

On a eu l’occasion de parler à quelques reprises du saxophoniste Rémi Bolduc et de ses nombreux projets, et le revoilà avec un tout nouvel ensemble et un album tout neuf. Le Bolduc Groove Quintet, du nom de son band, qui met de l’avant nom seulement deux saxophonistes (lui et sa conjointe Chantal De Villiers), mais aussi un guitariste (Nick Semenykhin) et une section rythmique (Ira Coleman, basse, et Rich Irwin, batterie) qui donnent tout son sens au «groove» dans le nom!

On entend tout de suite les prétentions de Bolduc et de ses musiciens dans The Lickin’, morceau qui donnera immanquablement envie de taper du pied. L’ensemble du groupe met juste le bon dosage pour un jazz à la fois intelligent, virtuose (surtout dans les solos, relativement nombreux) et contagieux. On a même droit à une belle surprise : quelques segments mettant de l’avant 2 mélodies distinctes, une au sax, l’autre à la voix, donnant une sympathique dynamique. La piste dure 7 minutes, ce qui n’est pas anormal dans le jazz, mais si on était pointilleux, on pourrait dire qu’elle aurait pu être légèrement raccourcie pour être encore plus efficace qu’elle ne l’est déjà. Cela reste une solide entrée en matière et ça donne envie de savoir ce que Le Bolduc Groove Quintet a d’autre en réserve pour nous!

On a droit à d’autres sympathiques pièces, comme Paper Trail (où on entend encore la voix de Chantal de Villiers) ou encore Réflexion harmonique (les saxophonistes se gâtent pas mal au début, alors que la guitare a davantage la chance de briller dans la seconde moitié), mais on a un petit faible pour Ballade pour Chantel, morceau plus lent et senti, permettant de temporairement baisser l’intensité entre des pièces qui bougent plus!

Sans dire qu’elle lui ressemble vraiment, on ressent une vibe similaire entre Jazz Buzz et une certaine Take Five, ce qui nous éveille une petit nostalgie chaque fois qu’on l’entend, possiblement à cause des mesures asymétriques qu’on y entend! Mais peut-être que cette comparaison pourra en contrepartie faire grincer des dents ceux qui préféreraient se distancier d’une des œuvres jazz les plus aisément reconnaissables de tous les temps? S’ensuit la pièce la plus surprenante de l’album : Rhythm Delight, où Semenykhin en particulier se lâche lousse avec une guitare plus rock que jazz! Le reste de l’ensemble suit bien dans cette énergie plus brute qui est étrangement rafraîchissante dans un album comme celui-ci! On a ensuite droit à une Nuit tropicale beaucoup plus légère, concluant le tout sur Sunset Square, à la fois groovy et en retenue… on aurait certainement pris quelque chose d’un peu plus explosif pour terminer en force, surtout qu’on sait de quoi le band était capable dans Rhythm Delight!

Quand même, quand on a l’impression qu’un album de 44 minutes passe trop vite, c’est généralement assez bon signe sur la qualité des compositions qui s’y trouvent! Rémi Bolduc et ses complices ont livré un opus assez efficace sur Le Bolduc Groove Quintet et on ne peut qu’espérer qu’il en enregistrera quelques autres avant de passer au prochain projet! On n’a jamais assez de bon jazz qui a, selon nous, les capacités de rejoindre autant les néophytes que les mélomanes plus avertis et on estime que cette sortie a le potentiel d’en faire partie.

À écouter : The Lickin’, Ballade pour Chantel, Rhythm Delight

8,1/10

Par Olivier Dénommée


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