
Sorti le 24 avril 2026
C’est en écoutant son album Stick Season que l’on a vraiment compris tout le buzz qui entoure Noah Kahan. Quand son 4e album, The Great Divide, a été annoncé, on l’a vite ajouté dans notre liste d’incontournables à écouter. L’album est incroyablement généreux, mais… il n’a vraiment pas la même magie que son précédent.
Pourtant, il reprend sensiblement les mêmes éléments : une musique folk et la voix qu’on lui connaît depuis des années. Mais il manque quelque chose dans la force des compositions, ou en tout cas d’une majorité d’entre elles. L’album ouvre très lentement sur End of August, et si elle finit par devenir accrocheuse (nous rappelant un peu le style de genre de build-up d’Of Monsters and Men, particulièrement son second album), il faut attendre 2 longues minutes avant qu’il se passe quelque chose, ce qui est un peu trop long, surtout pour la première piste de l’album! De plus, la chanson dure 5 minutes, donc il aurait été possible de faire une piste de 3 minutes qui va davantage dans le vif du sujet.
Si le début de l’album manque un peu de mordant, cela ne s’arrange pas tout de suite : Doors contient quelques bons éléments, sans arriver à soulever les passions, et réussit à se conclure de façon assez sèche; American Cars brille durant ses refrains, mais pas autant dans ses couplets; l’émotive Downfall est bonne, sans être transcendante… Pour nous, la première chanson qui sort du lot est la ballade Lighthouse, où on sent l’émotion bien canalisée du début à la fin (on va toutefois faire comme si on n’avait pas entendu la voix aiguë de la fin, parce que c’est la seule chose qui fait tache dans une chanson autrement très bonne).
Paid Time Off est sympathique, sans vraiment plus, mais on apprécie grandement le crescendo créé dans Staying Still, qui aurait toutefois eu le potentiel d’être encore plus explosif. S’ensuit la chanson-titre, et premier single de l’album, The Great Divide. C’est aussi aisément un des morceaux les plus réussis de l’opus, avec une efficacité digne de Stick Season. On en aurait pris beaucoup d’autres comme celle-là! La suivante, Haircut, passe un peu de temps à vraiment démarrer, mais se défend plutôt bien. Willing and Able et Dashboard sont aussi relativement réussies dans le registre senti de Noah Kahan. 23 aurait pu se démarquer davantage, mais il semble manquer d’un petit ingrédient pour y arriver…
Nous arrivons à Porch Light, second extrait de l’album. Sa construction se veut accrocheuse, mais on n’est pas au même niveau que la chanson-titre, malheureusement! On préfère de loin Deny Deny Deny, efficace à souhait, surtout dans ses refrains. De la simple Headed North, on retient surtout les textes, qui trouve le moyen de mentionner le Cybertruck (de Tesla), nous faisant sourire à tout coup. La musique de We Go Way Back fait toutefois partie des très bons coups de l’album. Cela aurait pu être une conclusion parfaite pour ce long album, mais le dernier mot revient plutôt à Spoiled qui, malgré ses efforts, ne parvient pas spécialement à se démarquer.
On se souvient quand on a critiqué Stick Season, on s’est sérieusement gratté la tête quand est venu le temps de décider quelles chansons méritaient d’être dans la liste des incontournables parce qu’il y en avait trop de bonnes! Ici, il a été beaucoup plus simple de seulement retenir 3 chansons… Ce n’est pourtant pas un mauvais album, mais quand on a livré un chef d’œuvre, suivre avec un album juste «correct», ça fait mal! Noah Kahan a pourtant livré un album de 77 minutes : il aurait aisément pu couper dans le gras pour nous offrir quelque chose de plus condensé, mais de beaucoup plus solide. Peut-être pensait-il réaliser le même exploit que sur son précédent album, mais dans notre cas, le coup de foudre avec The Great Divide n’aura pas eu lieu, bien malheureusement.
The Last of the Bugs
Après avoir lu la critique de The Great Divide, vous avez probablement compris que la phrase «Me semble que je prendrais 4 tounes de plus de cet album» n’a pas été spontanément prononcé par l’auteur de ces lignes. Malgré tout, c’est ce que Noah Kahan a offert avec la version deluxe The Last of the Bugs de son album, amenant le total à 96 minutes.
La première des quatre est All Them Horses, où on reconnaît bien la signature de Noah Kahan, sans fla-fla. A Few of Your Own nous propose une chanson principalement ukulélé-voix, qui devient graduellement de plus en plus efficace. Décidément, Kahan aurait-il vraiment gardé ses meilleures chansons pour la version deluxe de son album? Alors qu’on se pose la sérieusement la question, Orbiter lève moins que les 2 précédentes, du moins jusqu’à la fin qui devient plutôt sentie. Le vrai de vrai dernier mot (du moins jusqu’à la prochaine version deluxe encore plus longue) revient à Dan, morceau minimaliste sympathique quoiqu’un peu inégal entre les segments efficaces et les petites longueurs que l’on a tendance à découvrir beaucoup plus vite quand un album s’éternise! Mais, dans l’ensemble, il faut dire que les 4 pistes supplémentaires nous ont agréablement surpris dans la mesure où l’album nous avait quelque peu laissé sur notre faim.
Avec un peu de recul, on est finalement bien heureux d’avoir prolongé notre écoute du nouvel album de Noah Kahan, même si cela soulève plus de questions : s’il avait déjà ces chansons, généralement très réussies, sous la main, pourquoi a-t-il décidé de ne pas les inclure dans son album régulier? Le pire, c’est que les chansons sont à nos oreilles meilleures que plusieurs de celles qui ont été retenues. En passant, la note que vous verrez plus bas reflète le fait que même si cette version deluxe est en fait plutôt bonne, cela reste une goutte dans un album déjà excessivement long, donc on aurait trouvé difficile de faire beaucoup plus monter la note du résultat d’ensemble, mais le mot d’ordre serait que si vous avez à choisir entre les deux versions, n’hésitez pas trop longtemps et sautez sur The Last of the Bugs!
À écouter : The Great Divide, Deny Deny Deny, We Go Way Back // The Last of the Bugs : All Them Horses
7,2/10 (régulier) // 7,4/10 (The Last of the Bugs)
Par Olivier Dénommée
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