Heaven :x: Hell – Sum 41

Sorti le 29 mars 2024

Le groupe punk canadien Sum 41 a été fondé en 1996 et a marqué bien des gens au fil des 30 dernières années, mais sa fin a été officiellement annoncée en 2025, peu après la sortie de son 8e album studio, Heaven :x: Hell. On se permet de revenir sur cette sortie finale, un album double qui aborde autant le pop-punk des débuts et le côté plus près du métal de ce qui a suivi.

Disque 1 : Heaven

On l’avoue, on est davantage resté avec en tête l’ère punk de Sum 41, notamment au début des années 2000. On a donc vite retrouvé nos repères dès Waiting on a Twist of Fate, qui joue habilement entre les énergies, allant du très intense au très doux sans que ça paraisse forcé, avec surtout un refrain solide qui nous rappelle les bonnes années du pop-punk. Et Landmines reprend avec encore plus de succès ces mêmes ingrédients, ce qui confirme que Sum 41 maîtrise toujours autant ce registre.

En fait, si on devait résumer, c’est à un moment de nostalgie qu’on nous convie à travers cette première moitié d’album. Dans un registre plus hyperactif, on retient I Can’t Wait, alors que Time Won’t Wait, Not Quite Myself et surtout Dopamine sont légèrement plus senties dans leur approche. Mention aussi à Future Primitive, qui pourrait s’apparenter à du vieux The Offspring. Le choix de Radio Silence comme dernière chanson du disque n’est pas non plus anodin, surtout que c’est elle qui aura eu le dernier vidéo du groupe avant qu’il se sépare officiellement.

La portion «Heaven» se défend tellement bien qu’on regrette presque que l’album complet ne soit pas dans ce registre. Ça a aussi été un calvaire de seulement retenir 2 pistes parmi les 10 du disque, un heureux problème dans notre cas!

Disque 2 : Hell

Le second disque est décrit comme étant plus proche d’un son heavy métal, mais on doit dire que la première piste, Preparasi a Salire, n’est pas du tout représentative de ce qui nous attend! Sa douceur tranche particulièrement avec l’intensité de Rise Up qui suit juste après. Si la chanson contient son lot de bonnes idées, on n’entend pas exactement la même magie que dans le disque «Heaven», possiblement parce qu’on n’a jamais vraiment associé Sum 41 à ces sonorités. On apprécie toutefois un peu plus l’équilibre entre punk et métal dans Strangers in These Times, ou encore l’efficacité du refrain d’I Don’t Need Anyone. On est un peu surpris par la fin d’Over the Edge, anormalement douce, mais cela ne dure pas longtemps puisqu’on revient aussitôt à un rock alternatif percussif dans House of Liars.

L’album contient une seule chanson qui n’est pas une composition des membres de Sum 41, et il s’agit de Paint It Black des Rolling Stones. Choix audacieux de reprendre cette chanson de 1966, mais le groupe canadien se l’est quand même plutôt bien appropriée. Ceci étant dit, la différence d’intensité est d’autant plus évidente avec la suivante, la criarde (mais pas complètement désagréable) It’s All Me! Un peu comme dans le premier disque, celui-ci se conclut sur une chanson plus sentie (quoique pas autant que Radio Silence), How the End Begins. Il est poétique que le dernier titre du dernier album de Sum 41 soit celui-ci.

Pour résumer, la 2e partie de l’album double n’est pas mauvaise, mais s’adresse visiblement à un autre public que la première. Il y a quand même une certaine diversité dans la proposition, mais on perd un peu la magie punk des débuts qui fait toujours son effet. Cela n’empêche évidemment pas la présence de quelques bijoux ici, et votre appréciation variera probablement grandement selon votre ouverture et votre état d’esprit du moment. Et même si on n’a pas le même attachement pour cette seconde moitié d’album, force est d’admettre que ça rentre pas mal au poste dans l’auto!

Enfin, que retenir de 8e et dernier album de Sum 41? On sent à travers celui-ci près de 30 ans d’expérience et de passion, synthétisé en 55 minutes. On s’en veut un peu de ne pas avoir plus suivi le groupe ces dernières années, mais on se console au moins qu’il ait pu fermer le chapitre en force avec un dernier album chargé à bloc et avec assez peu de mauvais coups. Si on avait à faire un adieu en musique, ça aurait probablement pu ressembler à Heaven :x: Hell.

À écouter : Heaven : Landmines, Radio Silence // Hell : Strangers in These Times, How the End Begins

7,8/10

Par Olivier Dénommée


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