
Sorti le 1er mai 2026
En 2024, on a découvert avec plaisir le talent de musicienne de l’actrice Maya Hawke sur son album Chaos Angel. Tout près de deux ans plus tard, elle revient sur un quatrième album, Maitreya Corso, décrit comme un opus folk plus axé sur la réflexion, sans complètement retrancher les chansons un peu plus corsées qui nous rappellent qu’elle ne fait pas «que» de la petite musique facile.
La première piste de l’album, Love of My Life, ouvre sur une énergie indie-rock très sympathique. C’est peut-être pertinent de noter tout de suite que le mari de Maya Hawke, le musicien Christian Lee Hudson, est impliqué de près dans la création de son album, incluant la composition et l’écriture des textes. La chanson est suivie de Devil You Know, premier (et au moment de cette critique seul) single de l’album. On est ailleurs avec une musique assez minimaliste et une alternance entre des gros effets dans la voix de la chanteuse et des segments plus près du rap. L’idée n’est pas mauvaise, mais on sent qu’elle s’éloigne déjà un peu trop de l’énergie du reste de l’album pour pleinement l’apprécier dans ce contexte!
Lioness joue allègrement aux montagnes russes, avec des bouts plutôt folk et d’autres beaucoup plus chaotiques; cela rend difficile de s’attacher à la chanson à moins de chercher spécifiquement cette énergie. C’est seulement à Heavy Rain qu’on a vraiment droit au folk doux et introspectif qu’on nous avait promis! La chanson est simple, remplit parfaitement son mandat et c’est exactement ce qu’on espérait d’elle! Légèrement plus active, Last Living Lost Cause reste quand même dans le même registre avec en prime quelques mélodies bien amenées. Et si on trouvait que Devil You Know sortait un peu du moule de l’album, Last Thoughts on Morning Star ramène des segments où Maya Hawke récite ses textes sans mélodie. On n’est malheureusement pas plus convaincu que dans l’autre chanson!
On prend volontiers Bring Home My Man, une proposition s’apparentant à une berceuse country, menant à une Great Minds beaucoup plus énergique, nous ramenant avec plaisir à la même vibe que Love of My Life, avec comme seul défaut d’étirer quelque peu la sauce à la fin de la piste. On apprécie beaucoup la nonchalante Green Dragon, revenant ensuite un petit folk le temps de Slacker in the Rye. Terms of Estrangement ramène pour une troisième fois des paroles rappées et c’est selon nous la version la plus efficace des trois, mais pas au point de nous séduire plus que les autres chansons efficace que renferme l’album! On revient naturellement toujours aux chansons plus folk du répertoire de Maya Hawke, incluant l’indie-folk Maitreya and the Way Back. Précisons quand même que cette dernière est la piste la plus longue de l’album, et que cela finit par se sentir un peu à partir du milieu de la chanson, qui aurait peut-être bénéficié d’être légèrement raccourcie pour rester plus efficace. On conclut ensuite sur Dream House, chanson légère est finement amenée. Après avoir été dans un peu toutes les directions au fil de cet opus, on termine en douceur et c’est loin de nous déplaire ici.
L’album Maitreya Corso dure tout près de 50 minutes, ce qui est relativement long, mais Maya Hawke et ses musiciens se sont visiblement amusés à travers différentes énergies, faisant en sorte qu’on n’a pas autant le temps de s’ennuyer que si on avait eu affaire à un album toujours sur le même ton! On a davantage apprécié les chansons folk et indie-rock modérées de la proposition et la beauté de la musique est qu’une autre paire d’oreilles sera séduite par exactement le contraire. Pour notre part, si on avait à comparer notre expérience de ce nouvel avec avec celle qu’on a eue avec le précédent, on dirait qu’on a un peu plus cliqué avec la vibe générale de Chaos Angel. Le talent est toujours là, mais parfois ce sont seulement les choix artistiques qui font ultimement pencher la balance. On ne s’empêchera quand même pas de savourer les meilleures chansons du nouvel album, et on se garde une note mentale d’écouter davantage de la musique de Maya Hawke dans le futur.
L’album est notamment accessible sur la page Bandcamp de l’artiste.
À écouter : Love of My Life, Green Dragon, Dream House
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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