Peaches! – The Black Keys

Sorti le 1er mai 2026

On a fini par avoir une drôle de relation avec le groupe blues-rock The Black Keys au fil des années : autant on peut adorer certaines chansons et certaines vibes d’album, autant on peut trouver ce que le duo propose ennuyant et sans grande saveur. Même si on voulait vraiment l’apprécier, le 14e album Peaches! entre malheureusement en grande partie dans la seconde catégorie pour nous.

Il faut quand même dire qu’on n’avait pas détesté le précédent effort studio des Black Keys, No Rain, No Flowers, lancé il y a moins d’un an avec un côté soul plus assumé. Dans Peaches!, on revient davantage à un vieux blues-rock qui rentre dedans, peut-être adressé aux fans de la première heure. On a aussi affaire à un album entièrement de reprises, mais le groupe s’est tellement bien approprié les chansons à sa façon qu’on n’y aurait vu que du feu sur ce plan.

L’écoute commence tout de même en force avec Where There’s Smoke, There’s Fire (de Willie Griffin). L’énergie est bonne et on ne se fera pas prier pour taper du pied. On est quand même tenté de dire que la chanson, qui dure 5 minutes, aurait pu être légèrement raccourcie pour des raisons efficacité, mais c’est trop mineur pour vraiment faire une différence marquée. C’est après que cela se corse pour nous : les chansons qui vont suivre sont, dans bien des cas, sur le même ton, sans offrir de véritables variations, donnant l’impression d’entendre à peu près la même toune en boucle. Ce commentaire s’applique à divers degrés pour des chansons comme Stop Arguing Over Me (Big Lucky Carter), l’extrait You Got to Lose (Earl Hooker) et Tell Me You Love Me (Jesse Mae Brooks).

Who’s Been Foolin’ You (Arthur Crudup), It’s a Dream (écrite par Charles Fisher, Jr.) et Fireman Rings the Bell (R. L. Burnside) se démarquent des autres avec un tempo légèrement plus lent, mais elles ne sont toutefois pas assez mémorables dans leur forme pour vraiment nous rester en tête, ce qui est toujours bien dommage! On doit quand même dire qu’on apprécie l’entraînante Tomorrow Night (David Kimbrough, Jr.), ou encore l’énergie convaincante (et plutôt soul) de She Does It Right (Wilko Johnson). Mentionnons la dernière piste de l’album, Nobody But You Baby (Junior Kimbrough), d’une durée de plus de 7 minutes, qui sans être mauvaise étire un peu trop la sauce à notre goût.

Bref, l’album Peaches! n’est pas un mauvais album à proprement parler, mais il peine à offrir du matériel qui se démarque et qui va nous rester dans les oreilles. On l’a beaucoup écouté et, pourtant, à peu près juste Where There’s Smoke, There’s Fire nous reste en tête, ce qui est extrêmement limité pour un album de trois quarts d’heure. On en conclut que l’on n’est essentiellement pas le public-cible de cet album, mais lancer deux albums à des dates aussi rapprochées reste un choix artistique audacieux qui laisse croire que The Black Keys n’ont peut-être pas pris le temps de se donner un pas de recul avant de lancer ce nouvel enregistrement. Les plus calés en blues, de même que ceux qui aiment le style plus direct du duo, pourront quand même y trouver leur compte selon nous.

À écouter : Where There’s Smoke, There’s Fire, Tomorrow Night, She Does It Right

7,0/10

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.