
Sorti le 21 août 2026
La carrière du bluesman Keb’ Mo’ s’étend sur plusieurs décennies, lui qui a débuté dans les années 70 et qui cumule jusqu’à aujourd’hui les sorties studio, nous menant selon certains calculs à son 16e en solo avec The Breakdown, un album plus intime qui l’amène à livrer une musique aux tendances folk plus minimalistes, mais pas sans quelques voix ajoutant un petit côté gospel à ses propositions. On a longuement écouté cet album avant de vous livrer nos impressions.
L’album ouvre sur Fussing and Fighting, donnant très bien le ton pour le reste de l’opus avec une voix toute en confidence et en vulnérabilité de la part du chanteur. La simplicité de la musique permet surtout d’accorder une importante accrue aux textes honnêtes de Keb’ Mo’. Dans ce cas-ci, on ne sent pas nécessairement le besoin de connaître le contexte exact de la composition, juste de sentir que ça vient du cœur de la part du bluesman nous suffit largement. Elle est suivie d’un morceau plus mélancolique, Every Step of the Way, offrant un registre où il brille plutôt bien, même si il s’agit d’une énergie qui reviendra à plusieurs reprises au fil de notre écoute, diluant quelque peu l’efficacité de certaines d’entre elles.
They Don’t Make ‘Em Like They Used to (avec Take 6) est une assez drôle de chanson, relatant dans ses mots comment les femmes modernes ne font plus nécessairement la cuisine pour leur mari. À la première écoute, on se demandait si Keb’ Mo’ le chantait avec un certain regret de voir la situation changer, mais plus on avance dans l’écoute et plus on comprend qu’il informe la gent masculine qu’il faut peut-être commencer à arrêter de vivre comme si on était encore dans les années 50 et de penser que leur femme et l’équivalent d’une esclave. Si on considère qu’une telle chanson ne devrait pas avoir à exister en 2026, n’oublions pas que l’artiste est américain, alors peut-être que certaines personnes apprendront quelque chose en écoutant la chanson, qui sait…
Un peu comme dans le cas d’Every Step of the Way, More Yesterdays est une chanson simple et mélancolique, qui contient des refrains vraiment efficaces de par leur simplicité redoutable. Son message est aussi fort : plus on vieillit et plus on risque d’avoir davantage de «hiers» que de «demains» devant nous, une très sage réception de la part du musicien de 74 ans. We Make Love est une autre chanson plutôt intéressante, puisqu’elle décrit un emploi facile, sans qualifications, offert à quiconque étant intéressé : celui de créer la paix et l’amour, disons-le un assez gros contrat aux États-Unis en 2026 où la haine occupe pas mal plus de place! Mentionnons le refrain qui, pris hors contexte, nous fait souvent sourire, où il répète simplement le titre.
On se laissera aisément porter par la douceur de Walking on Water, puis par la sympathique Hand It Over, mettant aussi en vedette le Soweto Gospel Choir. Dommage, cette dernière ne met pas assez de l’avant le chœur à notre goût, lui qui aurait aisément pu voler la vedette et occuper plus de place dans un album autrement très minimaliste en termes d’arrangements. On revient ensuite encore une fois à la mélancolie sur Living in the Moment, marquant une légère fatigue dans ce registre, même si la chanson s’écoute aussi bien que les autres. Stitched Up Heart reste sensiblement dans le même registre, mais mais ses textes légèrement plus forts lui donnent un petit edge de plus. L’album se conclut sur One Day Away, qui contient quelques éléments assez efficaces, notamment au niveau des textes, mais on retient des mélodies une similitude au style qu’écrirait Nicola Ciccone. Une fois qu’on entend la comparaison, on a bien de la difficulté à ne plus en faire abstraction!
En quelques mots, l’album The Breakdown est un album terriblement simple et honnête de la part de Keb’ Mo’, mais comme c’est un peu ce qu’on nous promettait, on ne peut pas trop s’en plaindre! On aime toutefois parfois quelques petites surprises, ce qui n’est jamais vraiment venu ici. Cela en fait un blues accessible pour tous, mais pas nécessairement la sortie la plus emballante de l’année, à moins d’être un fan inconditionnel de l’artiste. On peut quand même trouver quelques bons contextes pour apprécier son blues acoustique, et vous pourrez fort probablement aussi apprécier la proposition.
Cet album peut être écouté sur Bandcamp.
À écouter : More Yesterdays, Walking on Water, Stitched Up Heart
7,4/10
Par Olivier Dénommée
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