
Sorti le 25 septembre 2026
Il est assez rare qu’on prenne le temps d’écouter du métal progressif, encore plus lorsqu’il s’agit de métal progressif instrumental français! Mais on est tombé sur I(m)MORTAL, le premier album du duo Ølyp, composé de Thibaud Lépicier et David Annenkoff. En plus du duo, quelques cordes font leur apparition au fil de l’album de 42 minutes, donnant un côté encore plus chargé à la proposition.
L’album ouvre sur The Human Error. Les mots ne sont pas nécessaires ici, juste le titre et la solidité des lignes mélodiques pour nous faire sentir toute la tension que le groupe a envie de transmettre à nos oreilles. On a affaire à du prog, donc on a tendance à changer d’énergie à plusieurs reprises, avec certains segments très réussis et d’autres un peu plus quelconques, mais dans l’ensemble cette première piste donne très bien le ton à cette sortie. Sa durée d’un peu moins de 5 minutes est aussi très accessible pour le registre prog, une attention qu’on apprécie beaucoup!
On pousse l’intensité d’un cran sur 797, ce qui plaira assurément aux puristes de musique lourde, bien qu’on sacrifie au passage certaines nuances! Bien qu’il n’y ait aucune voix, on sent que le duo avait envie de crier durant la piste! S’ensuit Molden, qui cherche un certain compromis entre des riffs lourds et un côté relativement accessible. La deuxième moitié nous surprend avec l’arrivée des cordes, lui donnant une toute autre énergie malgré son intensité.
Et parlant d’intensité, One’s Tormented Mind Is a Crumbling Universe se résumerait assez bien avec ce mot. Ça fonctionne assez bien, mais on a toujours des réserves avec le milieu où on n’entend que le cœur et la respiration d’une personne qui clairement n’est pas au repos! Quant à Solace, on apprécie le côté presque tranquille (pour du métal progressif, on s’entend!), nous permettant de respirer un peu avant The Great Acceleration qui revient à l’intensité sans compromis. Notons quand même que la seconde moitié de la piste se calme un peu! Cela nous mène aux dernières pièces de l’album, The Great Denial, Pt. 1 et The Great Denial, Pt. 2. Drôle de choix de séparer les pistes, puisqu’elles ne sont pas si longues que ça – 2 minutes et 4 minutes et demie! La première laisse beaucoup de place à un monologue qui dure la majeure partie de la première partie. La seconde va davantage droit au but, avec une montée culminant sur une belle lourdeur, concluant l’album avec force.
Il y a relativement peu de choses à dire sur un album de métal progressif instrumental, parce que la musique se charge plus souvent qu’autrement de transmettre les émotions mieux que les mots le feraient. I(m)MORTAL de Ølyp remplit plutôt bien son mandat de livrer une musique intense et chargée, mais sans complètement sacrifier son sens de la nuance. On accroche évidemment sur certaines pistes plus que d’autres, et nos préférences personnelles joueront un grand rôle dans nos choix, mais on a eu dans l’ensemble beaucoup de plaisir à écouter cet album pendant deux jours, permettant d’évacuer notre rage intérieure sans avoir même à prononcer un seul mot. On ne dira pas que c’est une sortie pour toutes les oreilles, mais on a entendu du métal beaucoup moins accueillant et nuancé que celui-ci, alors il vaut peut-être une petite écoute!
Vous pourrez trouver l’album sur Bandcamp.
À écouter : 797, Molden, Solace
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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