Babel Babel – Indochine

Sorti le 7 septembre 2024

Peut-être est-ce parce qu’on est inculte, mais on n’avait jamais réalisé à quel point le groupe français Indochine avait une longue discographie, remontant jusqu’au début des années 80. Il faut dire que l’essentiel de notre connaissance du groupe tournait autour de son hit intemporel J’ai demandé à la lune, paru en 2002… On se remet donc (un peu) à jour en écoutant son 14e album, Babel Babel, fraîchement lancé.

On sait que le groupe a misé gros sur cet album, parce qu’il s’agit d’un imposant album double de 1h27 et parce qu’on a lu des textes promotionnels en parlant. «Babel Babel regarde l’époque droit dans les yeux à la croisée de nouvelles cartes musicales, étrange et magnifique, impressionnant et déraisonnable», peut-on notamment lire en introduction. Ça met donc la barre assez haut pour ce 14e album, arrivant 7 ans après la précédente sortie studio.

Disque 1

Dès les premières secondes de Showtime, on se fait plonger dans une musique lourde en synthés digne des années 80. Les paroles n’entrent en scène qu’après 2 minutes, avec le chanteur Nicola Sirkis en duo avec Ana Perrote (du groupe Hinds) et… on aurait pu s’en passer! Les textes sont tirés d’un livre de Chloé Mons, mais même en connaissant le contexte, on trouve que l’album commence un peu raide. Mais, bonne nouvelle, l’album n’est pas entièrement sur le même ton, et on a droit à quelque chose de plus léger et accrocheur avec L’amour fou, puis Ma vie est à toi. Les paroles sont seulement un peu génériques, mais on s’y fait rapidement! Quant à Victoria, on essaie de revenir à quelque chose d’un peu plus lourd (tout en étant étrangement disco!), mais malgré quelques bonnes idées, le résultat est plutôt inégal avec son lot de longueurs.

Sanna sur la croix se veut épique, mais elle davantage malaisante à écouter de par ses textes. On apprécie davantage La belle et la bête, aux accents reggae (!). Celle-ci est suivie du premier (et seul au moment d’écrire ce texte) extrait de l’album, Le chant des cygnes, morceau à la fois énergique et engagé à souhait; les paroles ont été écrites pour les femmes iraniennes qui défient le port obligatoire du voile, apprend-on. Après un morceau aussi fort, La vie est à nous nous laisse bien tiède malgré son énergie qui se veut contagieuse. Le premier disque de conclut sur Le garçon qui rêve, aux arrangements plus orchestraux. Musicalement, c’est très réussi, mais les textes sont malheureusement un peu plus faibles.

Disque 2

Le 2e disque ouvre avec la chanson-titre Babel Babel, avec un début où on entend différentes langues en arrière-plan sur une musique tendue, avant de vraiment démarrer la chanson après 2 minutes d’intro. Notons que la piste dure pas moins de 8 minutes! Malheureusement, comme c’est souvent le cas, cela laisse place à plusieurs longueurs. En route vers le futur est beaucoup plus réussie, de même que Girlfriend en duo avec Marion Brunetto (de Requin Chagrin) et l’énergique Les nouveaux soleils. C’est toutefois beaucoup moins réussi dans le cas de Tokyo Boy.

No Name a quelque chose de très familier, mais le résultat demeure plutôt accrocheur sans être exceptionnel. Et malgré quelques bons éléments (dont l’instrumentation), Annabelle Lee nous laisse assez indifférent. Et comme pour le premier disque, on conclut avec un morceau plus orchestral, Seul au paradis. C’est épique à souhait, concluant l’exercice avec brio après plusieurs chansons plus ou moins solides.

On ne peut pas dire qu’Indochine a manqué d’ambition avec son 14e album, mais on ne peut pas non plus dire qu’on est convaincu du résultat. Il y a bien sûr du bon matériel – le contraire aurait été gênant compte tenu de sa longueur – mais on aurait aisément pu retrancher la moitié des chansons pour quelque chose de plus condensé et probablement plus facile à digérer pour l’auditeur moyen, qui n’est pas déjà vendu à la musique d’Indochine. L’album n’est pas terrible, mais disons qu’on n’est pas particulièrement impressionné par ce qu’on a entendu, particulièrement au niveau des textes.

À écouter : Disque 1 : La belle et la bête, Le chant des cygnes // Disque 2 : Girlfriend, Seul au paradis

7,0/10

Par Olivier Dénommée


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