L’origine du vent – Éric Dion

Sorti le 27 février 2026

Pour certains, on connaît l’auteur-compositeur-interprète gaspésien Éric Dion pour son duo Dans l’Shed. Pour les autres comme nous, on le découvre aujourd’hui avec son tout premier album en solo, L’origine du vent. On a droit ici à un folk avec des intentions un peu plus pop, abordant avec une certaine douceur des thèmes assez universels.

Parmi les influences d’Éric Dion, on retrouve en vrac les Tom Petty, Wilco, Vincent Vallières et Patrice Michaud de ce monde. Sa musique laisse place à des réflexions sincères sur des sujets comme le temps qui passe et l’amour, avec comme toile de fond sa Gaspésie natale. Si c’est bien amené, pourquoi pas?

L’album ouvre tout doucement sur Ma cour arrière, relativement bref morceau sans paroles, où on se laisse simplement bercer par la guitare et les voix. Éric Dion entre vraiment en scène dans la suivante, J’pars marcher dans l’bois, chanson aux accents plus Américana où il nous raconte son amour pour les promenades en forêt avec une certaine poésie du quotidien. C’est une proposition sympathique, mais on aura droit à des chansons encore plus efficaces dans les prochaines minutes! La suivante, Le Ruisseau triste, est plus énergique avec un côté folk-pop plus assumé dans les arrangements.

Motel de l’Anse garde une certaine énergie folk-rock, mais avec un côté planant qui met bien en valeur la voix et les textes d’Éric Dion, ce qu’on apprécie beaucoup. La suivante, Le rosier, démarre doucement avant de nous offrir un build-up bienvenu dans la 2e moitié de la chanson. La chanson-titre L’origine du vent ne manque pas d’efficacité avec certaines de ses mélodies, mais on se demande si elle n’est pas quelque peu surchargée! Justement, on trouve que Le Rang des Caribou respire davantage, nous permettant d’apprécier toutes ses nuances! Quant à Lac Cascapédia, on nous ramène la voix de Ma cour arrière, qui nous fait penser avec nostalgie aux chœurs de Love Love Love d’Of Monsters and Men, bien que le ton du reste de la chanson soit assez différent!

Les matins fragiles contient quelques lignes assez inspirées. Celle qui nous surprend le plus est possiblement «Grounde-toi comme les Appalaches», une phrase assez évocatrice! Plus simple dans sa forme, la très country Le siège du helper fera vite taper du bien. Cela nous mène déjà à la finale, Rue Berry, morceau lent et incroyablement senti. On a envie de dire que c’est une de nos chansons préférées de cet album, avec un léger bémol : on se demande encore si Berry est vraiment prononcé «Berray» dans son coin de pays ou s’il a juste fait ce changement pour que ça rime mieux! Si ce petit détail ne vous saute pas aux oreilles, vous devriez apprécier cette magnifique chanson sans problème, surtout qu’elle est vraiment incontournable!

L’origine du vent est une très belle proposition de la part d’Éric Dion, combinant une musique souvent assez efficace et des textes empreints de sincérité, portés avec une douceur certaine de la part du chanteur. Dans le vaste registre folk, on ne peut pas demander beaucoup mieux! Il n’est pas toujours nécessaire d’essayer de réinventer la roue, et Dion maîtrise visiblement ce registre. Très bon premier album solo de sa part!

L’album est notamment accessible sur Bandcamp.

À écouter : Le Ruisseau triste, Motel de l’Anse, Rue Berry

7,9/10

Par Olivier Dénommée


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