Maison vent – Willows

Sorti le 24 mars 2023

Pouvez-vous croire que l’on ait pu complètement tomber sous le charme du premier album de Willows (Geneviève Toupin) en 2014, mais qu’on ait par la suite complètement perdu de vue ce qu’elle faisait? Il faut dire qu’elle s’est faite relativement discrète, ne lançant qu’un EP en 2021 avant de lancer son deuxième album son ce nom, Maison vent, en 2023. On se permet aujourd’hui d’y revenir avec un léger retard!

Malgré la longue attente de 9 ans entre les deux longs jeux, Maison vent est une sortie relativement courte, proposant 14 chansons qui entrent en 36 minutes bien compactes! On constate aussi que l’album est réalisé par Joseph Marchand et que plusieurs musiciens incontournables de la scène montréalaise ont prêté leur talent pour l’enregistrement. On sent que Toupin a bien su s’entourer, et c’est bien tant mieux!

Le début de l’album, Marie-Anne, est un peu lent à notre goût (il est bien rare que les bruits ambiants et les sons d’oiseaux nous convainquent), mais une fois les 20 premières secondes passées, on a droit à un folk bien dosé, mettant autant de l’avant la voix douce de la chanteuse et tout le sens de la nuance des musiciens. Les textes nous rappellent aussi rapidement que si elle est installée à Montréal, elle n’oublie jamais ses racines franco-manitobaines. Ça bouge un peu plus avec Je reviens toujours, offrant un groove léger et sympathique, mais c’est avec Li bwè qu’elle nous frappe le plus fort, avec une chanson chantée partiellement en mitchif-français, la langue que parlait sa grand-mère. Il est assez passionnant d’entendre ce dialecte où on peut deviner certains mots même sans connaître la traduction tellement la prononciation reste proche de ce qu’on connaît.

Memère nous propose ensuite une intimiste chanson piano-voix, où Willows est visiblement parfaitement dans son élément. Elle poursuit avec la trop courte Deux mille kilomètres, puis l’efficace Carrière Miron, où les arrangements riches contribuent grandement à la magie. Ça bouge pas mal plus sur Lignées, tout en gardant des mélodies relativement planantes, et ça fonctionne assez bien ici! Parlant de planant, Vertiges porte plutôt bien son nom! La chanson n’est toutefois pas parmi les plus mémorables de l’opus. On sent qu’Entre St-Laurent et La Broquerie sert essentiellement d’interlude nous menant à Twè tchu-li Métchif, chanson étrangement douce pour le propos fier qu’elle nous chante.

Oh Marie se donne un petit air western qui n’est pas déplaisant. Par contre, Anita dans la maison vent ne dure que 14 secondes, ce qui est bien mince pour ploguer le titre de l’album! S’ensuit la berçante Lac Pélican, dont on aurait voulu une version plus longue! Et la finale? Who I Am, chanson principalement en français, mais qui relate la dualité de Willows dans le monde où elle a grandi. Le tout est chanté avec une grande vulnérabilité sur une simple musique au piano. On ne comprend pas que la chanson n’ait pas été plus populaire tellement elle nous touche en plein cœur à chaque fois qu’on l’écoute!

On n’avait pas écouté de nouvelle musique de Willows en environ 12 ans et on doit dire que ça nous manquait! L’album Maison vent a fait du bien à nos oreilles, même si on se doit de dire qu’elle réussit à contenir un peu plus de fla-fla que nécessaire pour être pleinement optimal. Malgré ces quelques choix artistiques ici et là qui ne nous plaisent pas autant, on salue grandement cette sortie empreinte de vulnérabilité où Geneviève Toupin s’ouvre encore plus sur ses racines et les honore de bien belle façon. L’album est paru il y a plus de 3 ans, mais on se souhaite que l’attente ne sera pas aussi longue pour un autre album sous le nom de Willows.

Cet album est notamment accessible sur Bandcamp.

À écouter : Li bwè, Lignées, Who I Am

7,9/10

Par Olivier Dénommée


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