CHRONIQUE : 40 ans de musique de Zelda condensés en 2 heures

Par Olivier Dénommée

Voilà qui ne rajeunit personne, mais la série de jeux vidéo The Legend of Zelda célèbre ses 40 ans cette année, cumulant certains des jeux les plus marquants de leur génération, en plus de proposer une bande sonore qu’à peu près tout le monde a déjà entendu au moins une fois à moins de vivre sous une roche! Ce n’est donc pas anodin que l’ensemble Les Chambristes de l’Orchestre d’harmonie Léonard de Vinci (OHLDV) ait consacré un concert entier à sa musique. L’ensemble était de passage à McMasterville en Montérégie le 28 juin, ouvrant pendant environ deux heures les portes du royaume d’Hyrule avec des airs qui n’ont pas pris une ride.

Il s’agissait de notre premier concert de l’OHLDV, un orchestre amateur basé à Montréal existant depuis 1989, mais on avait entendu de bien belles choses quant à la passion de ses membres, particulièrement du chef d’orchestre des Chambristes, Éric Hovington, qui a la réputation d’être un grand amoureux de jeux vidéo. Pour l’occasion, le public était invité à l’auditorium de l’École d’éducation internationale de McMasterville, une salle toute simple qui a toutefois l’avantage d’être à la fois assez grande pour accueillir tout le monde qui souhaitait y être et assez petite pour encore sentir la proximité des musiciens.

Quand on célèbre 40 ans d’une série iconique comme The Legend of Zelda, l’ambiance est naturellement à la fête : dans l’assistance, des familles, des geeks assumés de la série et même quelques personnes déguisées pour l’occasion. Sur scène, c’était aussi assez assumé, et deux des musiciennes étaient en cosplay pendant le concert, qui nous a fait voyager de façon chronologique dans l’univers de Zelda, à commencer par le thème qui a tout déclenché et qui résonne toujours autant 40 ans plus tard. Ça fait toujours autant son effet, mais on doit quand même mentionner qu’on l’a entendu assez souvent au fil du concert. L’essentiel du concert était consacré à une pièce/medley par jeu retenu (on comprend qu’il aurait été difficile de s’attarder à 100% de la série, mais l’essentiel n’a pas été oublié!), avec en prime quelques medleys qui soulignaient un anniversaire particulier, dont le 25e. Cela a causé quelques petites répétitions ici et là, mais comme il s’agissait de mélodies incontournables, c’est plus facile de pardonner de les entendre une fois ou deux de plus! Au niveau des énergies, il y a eu plusieurs moments épiques, mais aussi plus sombres, émotifs ou au contraire très légers. Il y aura toujours des absents qu’on aurait souhaité entendre au fil de la performance, mais dans l’ensemble, c’était un assez bon tour d’horizon auquel on a eu la chance d’assister.

Les Chambristes de l’OHLDV, dirigés par Éric Hovington

Pour ce qui est des pièces les plus mémorables du spectacle, il y aura probablement autant de réponses que de spectateurs, puisque chacun a un jeu préféré de la série dont la bande sonore éveille plus de nostalgie que les autres. Pour notre part, on avait naturellement un attrait plus fort pour les musiques d’Ocarina of Time ou d’A Link to the Past, mais on doit dire que les arrangements de Twilight Princess, qui a temporairement transformé une partie de l’orchestre en chorale, était d’une grande efficacité! Les performances étaient appuyées par quelques projections, ajoutant au côté ludique du spectacle, et le public a semblé bien apprécier le moment, se laissant porter pat la magie de la musique. Comme on n’a pas affaire à des musiciens dédiés à temps plein à la musique, il y a bien quelques imperfections au fil du concert, mais les sourires et la passion surpassaient aisément toutes les erreurs qu’on a pu entendre au cours de la performance. Ce concert était autant un cadeau que l’OHLDV faisait aux gens de McMasterville et de la région qu’à lui-même et ça paraissait qu’il y avait du plaisir dans l’interprétation, surtout dans les moments où un musicien était mis sous le spotlight en solo. Cela a donné un concert d’environ deux heures (incluant l’entracte) qui est presque passé trop vite à notre goût!

Le concert s’est achevé avec un vibrant hommage à une musicienne de longue date qui quitte l’orchestre à cause d’un déménagement dans une autre région. Les gens présents à McMasterville ont ainsi entendu, pour la toute dernière fois, Carole-Anne Baussart à la flûte traversière, qui était par ailleurs habillée comme Zelda dans Breath of the Wild. De la salle, on pouvait voir l’émotion dans les yeux des gens qui perdaient non seulement une musicienne talentueuse, mais aussi une amie. C’est là qu’on se rappelle que derrière un concert travaillé depuis des mois, il y a des gens qui se retrouvent semaine après semaine et qui tissent des liens à travers leur amour commun pour la musique. Juste ça, c’est aussi beau que la plus belle musique qu’on a pu nous offrir!

L’OHLDV n’a pas fini ses activités et reviendra dans la Vallée-du-Richelieu cet été, cette fois pour mettre à l’honneur la musique de Super Mario Bros. dans le cadre d’un concert extérieur à Saint-Jean-Baptiste le 22 août. On sait que l’orchestre trame aussi quelque chose avec la musique du Studio Ghibli pour 2027, donc beaucoup de belles choses pour les geeks de ce monde! Pour les curieux, plus de détails sur l’OHLDV ici.


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