
Sorti le 14 août 2026
Même s’il est gagnant de plusieurs prix prestigieux comme des Grammy et des Oscar, ça ne garantit pas que l’on va apprécier tout ce que va produire le pianiste Jon Batiste. Son Big Money, paru en 2025, nous avait laissé tiède, mais ça ne nous empêche pas d’être curieux d’entendre Black Mozart (Batiste Piano Series, Vol. 2), un opus faisant partie d’une série instrumentale au piano où Batiste interprète à sa sauce la musique d’un compositeur légendaire. Dans ce cas-ci, on consacre l’album entier à la musique de Mozart.
Le choix de la musique Mozart s’impose assez naturellement, et celui-ci ne manque pas de mélodies instantanément reconnaissable. On reconnaît donc très vite ce qu’on appelle parfois la Sonate facile dans Facile-Batiste, où Jon Batiste montre son aisance dans un registre plus classique, sans perdre son petit edge jazz. Il reprend ensuite la Turkish March, lentement en version bluesy sur Alla Blues et plus rapide sur Alla Turc Movement, montrant aussi son habileté à réimaginer la même œuvre de différentes manières. C’est toutefois dans très belle Shine que l’on se laisse vraiment porter, nous faisant oublier qu’il s’agit d’une relecture de Twinkle, Twinkle, Little Star. La même pièce revient dans Twinkle, en berceuse jazz.
On n’a pas trouvé sur quoi Processional est basée, mais cette pièce lente et solennelle à souhait est est un des moments les plus inspirants de l’album. Par contre, Country Zart, une version «country noir» de l’Ouverture de l’opéra Les Noces de Firago, nous surprend avec un registre où on n’attendait pas nécessairement Batiste. Les suivantes, Molto et Molto in Cayo Hueso (le côté latin énergique vaut le détour pour celle-ci, même si la piste s’éternise avec plus de 7min30) reprennent le premier mouvement de la Symphonie no 40, avec en prime la voix de Batiste qui se fait entendre à l’occasion lorsqu’il se laisse aller dans une improvisation. Le dernier mot reviendra à Gospel Andante, morceau plus doux et senti, concluant assez bien un album inspiré et drôlement accessible.
Avec Black Mozart, Jon Batiste a frappé un grand coup, réussissant à nous livrer un album de musique de Mozart tout en lui donnant sa couleur bien à lui. Cela en fait un opus très facile à apprécier, parce qu’on retrouvera des airs souvent bien connus dans un enrobage simple, mais efficace. On aurait encore plus apprécié qu’il s’approprie davantage les œuvres de Mozart au point de les rendre presque méconnaissables sauf pour les plus attentifs, mais on comprend que ce n’est pas exactement la mission de cette série! Cela reste un bel exercice de style sur des airs que tout le monde pourra apprécier sans effort.
À écouter : Shine, Processional, Molto in Cayo Hueso
7,9/10
Par Olivier Dénommée
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