
Sorti en 1990
Cela fait longtemps que l’on réfléchit au bon moment pour critiquer sur ces pages la bande sonore d’un jeu qui a bercé notre enfance (et qui a en fait notre âge pour la version japonaise), nommément celle de Super Mario World, un des plus populaires jeux de la déjà très populaire série Super Mario, en plus d’être encore à ce jour le jeu sur SNES le plus vendu. Au-delà de la nostalgie créée par le jeu, ce qui nous intéresse est le fait que le compositeur, Koji Kondo, ait fait volontairement le choix d’utiliser très peu de mélodies différentes, optant plutôt pour les arranger pour leur donner une énergie distincte selon les besoins, créant une œuvre immédiatement mémorable.
Si c’est plus commun de nos jours, en 1990, c’était révolutionnaire d’entendre une pièce qui évolue avec son environnement, par exemple avec l’ajout de percussions lorsque Mario chevauche son compagnon Yoshi. Kondo a aussi réussi à livrer une bande sonore relativement courte, mais qui mise sur son efficacité. Comme on parle d’une bande sonore de presque 36 ans, on a trouvé différentes versions et variantes, mais on en a retenu une qui fait assez bien le tour de tout ce qu’on peut y entendre en environ 25 minutes.
La pièce Title, la première qu’on entend de la bande sonore, est par ailleurs un bel exercice de la part du compositeur qui a voulu mettre de l’avant à peu près tous les instruments qu’il s’apprêtait à mettre de l’avant au fil du jeu, le tout sur une musique ludique et sympathique fidèle à l’esprit de Super Mario. Difficile de faire un début plus fort que celui-ci! Les prochaines pièces mémorables sont celles des différents niveaux du jeu qui, comme on l’a souligné, reprennent le même motif. On commence donc notre Overworld, que l’on considère comme la version «originale». Légère et énergique, elle a le mérite de mettre du soleil dans nos oreilles, peu importe dans quel état d’esprit on est. Mentionnons tout de suite les nombreuses variantes qu’on entend : Bonus Game, qu’on imaginerait aisément dans un jeu télévisé, Athletic, version encore plus sautillante, Fortress, une excellente version lugubre qui nous épate chaque fois tellement a peu de choses en commun avec la version originale, Swimming, l’incontournable version aquatique dont Nintendo semble constamment avoir le secret, Underground, résumant bien le côté mystérieux et presque claustrophobique des nouveaux souterrains, et Haunted House, représentant à la perfection le côté glauque de ces niveaux.
Avant d’aller plus loin, petite mention à la brève Course Clear, jouée à chaque fin de niveau régulier, petite récompense presque aussi mémorable que la Fanfare des Final Fantasy. On apprécie aussi la musique Boss Battle, qui donne une certaine intensité à la proposition, même si on la savoure moins que d’autres pièces jouées dans un contexte moins stressant! Même The Evil King Bowser, toune du boss final, ne nous marque pas autant que l’on aurait voulu, même si on doit dire qu’elle rentre pas mal au poste, surtout pour une composition de cette époque.
La variété dans la musique du jeu se trouve notamment entre les niveaux, où on explore la carte du monde. Si les pièces sont toutes assez sympathiques, celles qui nous restent le plus en tête sont possiblement Vanilla Dome, avec un côté rock sombre assez représentation de l’esprit des lieux, et le côté mystérieux de Forest of Illusion (qui partage son niveau d’efficacité avec le thème de la forêt dans The Legend of Zelda: A Link to the Past, sorti l’année suivante). Mention spéciale à Special World, morceau latin très répétitif qui ne nous reste pas en tête… à moins d’attendre assez longtemps pour y entendre le fameux thème principal de Super Mario Bros., celui qui a tout lancé. Cela reste un beau clin d’œil qu’on apprécie beaucoup ici!
Si la bande sonore démarre en force, la fin est tout aussi solide, avec un Ending festif qu’on n’a pas envie de skipper, contrairement à la plupart des génériques de fin des jeux plus récents. Certaines versions séparent en plusieurs partie la musique de fin, mais elle forme un tout assez naturel, que l’on recommande sans hésiter. Dans le jeu, cette musique est notre récompense pour être passé à travers Super Mario World, et on doit dire que ça rend cette pièce encore plus satisfaisante.
Presque 36 ans plus tard, la musique de Super Mario World n’a pas pris une ride, ce qui est toujours exceptionnel alors que d’autres excellentes bandes sonores, même plus récentes, laissent beaucoup plus transparaître leur âge de part la qualité des sons et des arrangements. Par exemple, on dira que la puissance des compositions de Chrono Trigger (sorti en 1995) est plus forte, mais que les arrangements ont un peu moins bien vieilli que cette bande sonore. C’est donc un excellent coup de la part de Koji Kondo! On devine que la musique de ce jeu n’aura pas nécessairement le même effet nostalgique sur quelqu’un qui n’a pas grandi avec Super Mario World, mais réécouter cette musique nous replonge automatiquement en enfance et nous fait autant plus que lorsqu’on l’écoutait directement dans le jeu.
À écouter : Title, Fortress, Ending
8,6/10 (dans le jeu) // 8,0/10 (hors contexte)
Par Olivier Dénommée
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