On n’écoute pas assez souvent la musique du projet Flore Laurentienne de Mathieu David Gagnon, mais cette fois, on a vraiment eu envie de l’écouter pour en parler dès la sortie de son nouvel album. Son titre simplissime, Volume III, est en parfait contraste avec la force de sa musique instrumentale à la fois atmosphérique et émotive.
La violoncelliste Elinor Frey, originaire des États-Unis mais bien installée à Montréal depuis des années, est devenue avec les années une véritable référence dans le monde de la musique ancienne, collectionnant des instruments anciens et excessivement rares et les expliquant avec passion. Et, pourtant, on n’avait pas encore eu la chance de vraiment la voir à l’œuvre avant le 22 mars dernier, date de son passage attendu à la Maison Villebon de Belœil, donc dans un cadre archi intimiste, permettant donc de vivre un moment unique de musique.
Permettez-nous un petit retour en arrière, plus précisément jusqu’en 1999, année de la sortie du jeu Thousand Arms, un jeu mélangeant les codes du jeu de rôle japonais (JRPG) et du simulateur de jeu de drague (la traduction francophone de dating sim, terme plus largement utilisé). Mais c’est surtout la musique qui nous intéresse ici, elle qui a marqué les esprit par son côté souvent léger et ses quelques chansons interprétées avec la chanteuse de J-pop Ayumi Hamasaki. Malgré son âge, la bande sonore se défend encore étrangement bien, même si elle n’est pas au niveau d’autres légendes.
La carrière du compositeur japonais Joe Hisaishi a de quoi donner des vertiges, mais si on avait à résumer, il est intimement lié au succès de plusieurs chefs-d’œuvre d’Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli. Ça n’a donc certainement pas été trop compliqué pour l’Orchestre FILMharmonique dirigé par Francis Choinière de préparer un concert hommage à sa musique tellement il y avait du choix! On a d’ailleurs pu constater le résultat de ce travail le samedi 14 mars dernier à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.
Règle générale chez Critique de salon, quand on parle d’un compositeur japonais, c’est pour de la musique de jeux vidéo, mais il nous arrive de faire de petites exceptions. Ce sera le cas aujourd’hui puisqu’on s’attarde à un album entièrement consacré à la musique du légendaire Joe Hisaishi, compositeur principalement associé aux plus grands films du Studio Ghibli. L’album en question, Joe Hisaishi by Floraleda Sacchi, met de l’avant la harpe de l’Italienne Floraleda Sacchi.
Vous savez comment on aime se laisser porter par la douce musique au piano, et l’écoute de Felt Piano Stories de l’Ontarien Edin Kaso ne fait décidément pas exception. Après être tombé par chance sur une pièce toute simple mais poignante, on a voulu écouter à quoi ressemblait un album complet de sa musique. Et dans le cas de Felt Piano Stories, son premier paru à la toute fin de 2023, c’est assez short & sweet, comme diraient les anglais.
On n’avait pas tout à fait prévu réécouter la musique de The Legend of Zelda de sitôt, mais le hasard a voulu qu’un tout nouvel album de reprises au piano vienne de voir le jour, cette fois interprété par TPR, qui, selon ce qu’on a pu trouver, serait un musicien britannique du nom de Daniel Collins. TPR est notamment connu pour sa série «Melancholy», justement des versions au piano douces et, vous l’aurez compris, mélancoliques. Et The Legend of Zelda se prête en général très bien à ce traitement! Plongeons dans Until Morning: Melancholy Music From The Legend of Zelda: Breath of the Wild.
Cette fois, on s’intéresse à quelque chose d’un peu différent : le projet StoryMusic, qui propose un mélange entre des contes pour enfants et des œuvres classiques, a récemment fait paraître Little Red Riding Hood with Beethoven, un enregistrement du Petit Chaperon rouge narré par Julie Freedman Smith et appuyé par une œuvre pour cordes de Beethoven. C’est une écoute brève mais efficace que l’on nous propose ici!
Les collaborations commencent à s’accumuler pour le pianiste Pur Pasteur (Nathan Giroux). Après Xavier-Charles Fecteau pour Le voyage d’Héliodore en 2024, il s’allie à Nicolas Bernier pour le EP Piano système. Sur cet opus en duo, l’un y joue le piano, l’autre le synthétiseur, mariant leur univers respectif.
Voilà 400 ans que le compositeur de l’époque élisabéthaine John Dowland (1563-1626) est décédé, mais sa musique, notamment celle pour luth, a quand même traversé le temps jusqu’à aujourd’hui. Le guitariste basé à Los Angeles Joseph Ehrenpreis lui consacre d’ailleurs l’entièreté de son nouvel album Aloe, fraîchement lancé en ce début d’année. Et, premier constat : même si l’âge des compositions se compte ici en siècles, celles-ci ne semblent pas avoir pris une ride.
C’est plutôt rare qu’on aille à ce point dans l’hyperbole, mais il y a certainement un «avant» et un «après» la sortie du jeu Clair Obscur: Expedition 33, du jeune studio indépendant Sandfall Interactive. Cela explique sans grand mystère pourquoi il a à peu près tout raflé aux derniers Game Awards, dont le prestigieux titre de Jeu de l’année. Mais on ne crée pas un jeu aussi puissant sans une musique au moins du même calibre, ce qui nous amène à nous penser sur cette bande sonore massive de plusieurs heures, signée par le Français Lorien Lestard.
L’Orchestre symphonique Carmina à l’occasion de son concert inaugural le 14 décembre / Photo : Carl Chevalier
Par Olivier Dénommée
On peut dorénavant inscrire la date du 14 décembre 2025 comme étant celle où le public a pu faire la connaissance pour la toute première fois avec l’Orchestre symphonique Carmina (ou OSCAR) à l’occasion de son concert inaugural, tenu à l’église anglicane de Saint-Barnabas de Saint-Lambert. Pour un orchestre naissant de calibre amateur à semi-professionnel, la barre est déjà bien haute pour la suite.
C’est la 2e fois que ça nous arrive : alors qu’on commence à écouter l’imposante bande sonore du jeu Clair Obscur: Expedition 33, qui a par ailleurs à peu près tout raflé aux derniers Game Awards (dont jeu de l’année), une sortie apparaît en même temps qui prend naturellement un peu moins de temps à écouter. L’autre fois, c’était Clair Obscur : Expedition 33 – En blanc et noir, un album de reprises au piano, cette fois, c’est littéralement le compositeur du jeu, Lorien Testard, qui nous propose un EP de nouvelle musique associée à Verso’s Drafts, une nouvelle expansion du jeu justement annoncée à l’occasion de la cérémonie. Et comme on parle d’un EP de 6 nouvelles chansons totalement un peu moins de 20 minutes, c’est évidemment plus rapide à aborder qu’une bande sonore de 7 heures! Pardonnez donc ce nouveau détour le temps de Clair Obscur: Expedition 33 – Verso’s Drafts (Original Soundtrack).
Ces derniers jours, on a eu la chance de faire la connaissance de la musique du compositeur français Tom Leclerc, qui a tout récemment fait paraître son nouvel album A Brief Story of Slowness sur l’étiquette Moderna Records. Comme le nom le laisse entendre, la musique laisse place à un moment de lenteur qui se prend étrangement bien dans notre monde où tout va trop vite, beaucoup trop vite.
Le nom du guitariste Joseph Marchand circule depuis bien longtemps sur la scène québécoise, mais on l’avait jusqu’à présent surtout connu comme accompagnateur ou membre d’un projet où il n’est pas nécessairement mis le plus de l’avant. Or, avec son album solo Treize miniatures, il prend pas mal plus de place avec ses compositions intimistes à la guitare, en grande partie sans paroles.
Cela fait quelques mois que l’on réfléchit à critiquer la bande sonore complète du jeu Clair Obscur: Expedition 33, paru plus tôt en 2025. Le principal écueil est qu’elle dure 7 heures, ce qui n’est évidemment pas une mince tâche! Le hasard aura voulu que pile au moment où on a décidé de se lancer, un pianiste, arrangeur et amoureux de musique de jeux appelé Fabrice Delldongo (ou juste Delldongo) a lancé un album d’arrangements tirés de ce jeu. L’album intitulé Clair Obscur : Expedition 33 – En blanc et noir met donc en scène plus ou moins 1/5 de la musique (en durée) contenue dans le jeu dans cet opus bien compact de 80 minutes.
L’histoire de Suzie Auclair, guitariste classique, compositrice et pédagogue, est fascinante : plutôt que de se laisser complètement abattre par le syndrome d’Ehlers-Danlos, une maladie génétique dégénérative rare qui l’empêche depuis les dernières années de poursuivre sa carrière d’interprète, elle a trouvé une façon de continuer à composer en extériorisant les 1001 idées qui bouillonnent dans sa tête. Le concert présenté à la Maison Villebon de Belœil le 13 novembre dernier n’est qu’une partie du répertoire qu’elle a écrit et beaucoup d’autres projets l’habitent toujours, sans qu’elle sache exactement ce qu’elle pourra ou non concrétiser. À l’issue de ce spectacle empreint de beauté et d’émotions, elle nous a parlé quelques minutes de divers sujets.
Le 13 novembre dernier était une soirée très spéciale à la Maison Villebon de Belœil : on a eu la chance d’assister à un spectacle mettant de l’avant une partie du répertoire pour guitare classique solo de la compositrice Suzie Auclair. Mais l’événement était plus qu’un concert musical, c’était un véritable statement de la part de la compositrice, qui persévère malgré son handicap causé par une maladie génétique très rare. Cela a donné des moments de grande beauté à la guitare, avec un bagage émotif puissant derrière le processus créatif des différentes œuvres au programme.
C’est le titre le moins original qu’on a pu trouver, et pourtant ça nous semble être le plus approprié pour décrire la performance de Viviane Audet à Belœil le 8 novembre dans le cadre de sa tournée Le piano et le torrent, du nom de son plus récent album qui vient justement de remporter un Félix. Car si elle a été invitée à jouer dans la très intime salle de la Maison Villebon (à peine 60 places), la réponse a été aussi chaleureuse que dans une où des centaines de spectateurs seraient assis.
Le compositeur et pianiste italien Ludovico Einaudi se passe déjà de présentation en temps normal, et c’est probablement encore plus vrai sur ce blogue alors que sa musique revient assez fréquemment au menu de nos critiques! On connaît toutefois beaucoup moins son fils Leo, qui est lui-même devenu musicien. Si plusieurs enfants d’artistes essaient de s’éloigner de ce qu’ont fait leurs parents, Leo Einaudi embrasse pleinement l’héritage de son père en lançant Einaudi vs Einaudi, un album reprenant à sa manière les pièces tirées de l’album The Summer Portraits, lancé plus tôt en 2025.
L’auteur-compositeur-interprète originaire de Québec Valence (alias Vincent Dufour) a fait paraître l’automne dernier un bref EP de 5 pistes, intitulé Correspondances sous somnifères, contenant des reprises sous un jour assez différent. Comme peut le laisser entendre le titre, la nouvelle énergie des pièces est plutôt empreinte de douceur et on ne peut pas dire qu’on s’en plaint!
La musicienne Ambre Ciel (alias de Jessica Hébert) vient de faire paraître son tout premier album, still, there is the sea, où tout est écrit en minuscule. Si elle s’était fait remarquer aux Francouvertes en 2021, Ambre Ciel verse avec cette sortie davantage dans la musique anglophone et instrumentale, où elle brille avec ses compositions atmosphériques à souhait.
Le chanteur de Half Moon Run, Devon Portielje, pendant la précédente collaboration avec l’OSM en 2017 / Photo : Antoine Saito
Par Olivier Dénommée
Après avoir fait équipe une première fois en 2017, soit seulement 5 ans après le premier album Dark Eyes, Half Moon Run est l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) renouent en ce moment à l’occasion d’une série de 3 spectacles à la Maison symphonique de la Place des Arts, après plus de 15 ans de carrière pour le trio montréalais. Critique de salon était par ailleurs à la première représentation, le 13 mai.
C’était un peu passé sous notre radar, mais le multi-instrumentiste Cédric Dind-Lavoie s’était lancé ces dernières années dans le projet Archives, explorant les musiques traditionnelles avec des enregistrements de musique folklorique à laquelle il ajoute par la suite sa touche. Le EP Archives C-Sides est le 3e de cette série.
Le Phoenix Orchestra, basé au Canada, est un ensemble classique dédié à la fois à la promotion de la musique occidentale et chinoise. Symbole de son mélange culturel, l’orchestre a été fondé par la violoniste Angel Wang, elle-même Canadienne originaire de Chine, et le dernier album, Phoenix Rising, met de l’avant le chef d’orchestre et arrangeur Claudio Vena, d’origine italienne mais aussi installé au Canada, en plus de contenir un enregistrement de la composition Phoenix Rising de la compositrice Alice Ping Yee Ho – vous l’aurez deviné, elle vient de Hong Kong, mais est également installée ici! On a donc droit à un métissage très assumé entre l’héritage asiatique (et d’ailleurs) et le talent qu’on retrouve ici-même, au Canada.
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