
Sorti le 11 septembre 2026
On aime suivre la musique du producteur britannique Bonobo (l’alias musical de Simon Green) depuis plus de 10 ans, donc quand on voit passer un nouvel album de sa part, on n’hésite généralement pas trop longtemps avant de l’écouter! Après son album Fragments en 2022, on avait bien hâte d’entendre son huitième opus studio, Distance in Static.
Depuis le temps, la formule de Bonobo est bien installée : il alterne entre des pièces électroniques instrumentales entraînantes et des chansons en collaborations avec des vocalistes d’un peu partout qui donnent une couleur unique à ses compositions. C’est aussi vrai ici, avec exactement la moitié des pistes contenant un featuring. L’album ouvre sur une trop brève piste ambiante instrumentale, Dawn, mettant de l’avant des cordes. On aurait aisément pris une piste complète de ce registre, jusqu’à ce qu’on se souvienne qu’on a bien affaire à un album de musique électronique! La suivante, Cycles, est plus rythmée, avec un beat bien assumé, sans complètement perdre le côté planant qui a fait le charme de Dawn. La piste instrumentale est toutefois légèrement plus longue que ce qu’on aurait voulu pour la garder pleinement efficace.
Fire on the Water est la première piste chantée de l’album, avec la performance feutrée d’Arooj Aftab, une chanteuse pakistanaise qui se fait entendre ici en urdu. Outre la langue qui ne nous est absolument pas familière, on est marqué par le côté planant de la voix de la chanteuse qui n’est pas sans nous rappeler (avec grand plaisir) Margaux Sauvé de Ghostly Kisses. S’ensuit une Drift essentiellement instrumentale contagieuse et plutôt efficace, nous menant à Talk to Me avec Nicole Miglis. La voix de cette dernière penche aussi du côté plus feutré, ce qui tranche avec la musique plus incisive de Bonobo, donnant un effet assez réussi!
Uncasually revient à l’instrumental, le temps d’un long build-up sympathique, sans être exceptionnel, menant à un côté légèrement rétro et langoureux avec Always on Your Side (avec Joy Crookes). Jusqu’ici, on ne peut pas dire que Bonobo ait fait de faux pas dans son choix de collaborations… puis vient Youth’s Fountain, avec Nilüfer Yanya, pourtant une chanteuse que l’on connaît, mais on sent que son talent n’a pas du tout été exploité à sa pleine capacité, créant selon nous une occasion ratée. S’ensuit une nouvelle pièce instrumentale, Shokoufeh, donnant une impression de voyager dans une autre civilisation pendant un peu moins de 3 minutes et demie, menant assez naturellement à Can’t You See (avec Aanya Martin), où, on doit le dire, la musique est plus efficace que les mélodies, même si on ne peut blâmer la qualité de la voix de la chanteuse. Même la suivante, ID700, qui ne contient pourtant pas de featuring, semble mieux mettre de l’avant la voix qu’on y entend! C’est donc un choix artistique qui nous convainc plus ou moins ici.
Une autre pièce sans collaborateur, Me and You nous fait voyager à nouveau, possiblement en Afrique cette fois, tout en gardant intacte la signature de Bonobo. On se rend ensuite au en Asie (décidément, il y a des voyages moins dispendieux que d’autres!) pour les deux dernières pistes, Equinoctial (avec Ichiko Aoba) et Mercury (avec Kanako Yamamoto). La première des deux est lente et ambiante à souhait, alors que la seconde semble nous ramener à l’énergie de Dawn : une pièce pleine de cordes et d’émotions, où Yamamoto ne chante pas et joue de son instrument à la place, ajoutant son talent à la magie créée par Simon Green. L’amateur de belle musique instrumentale en nous remercie cette magnifique conclusion à cet album.
L’album Distance in Static est relativement long, avec 50 minutes bien comptées, mais il s’agit d’une autre assez belle proposition de Bonobo, qui a l’avantage de contenir diverses énergies tout en conservant une certaine cohésion d’une piste à l’autre. Toutes ne sont évidemment pas aussi fortes les unes que les autres et, comme tout le monde, on a nos préférences, mais on doit dire que, de manière générale, on apprécie beaucoup ce qu’on nous offre ici. Mis à part quelques choix artistiques discutables ici et là, on ne peut pas dire que l’on se plaint d’avoir écouté cette sortie pour les dernières 24 heures. C’est donc un autre bel ajout à sa discographie. Mais, comme on finit par le répéter à chaque fois qu’on parle de Bonobo, ça n’atteint pas exactement le même niveau de force que The North Borders, à nos oreilles encore sa sortie la plus marquante à ce jour, même si on finit parfois par s’en rapprocher!
Cet album est entre autres disponible sur Bandcamp.
À écouter : Fire on the Water, Talk to Me, Mercury
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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