Evoke – Mimi O’Bonsawin

Sorti le 28 août 2026

Si le nom de Mimi O’Bonsawin ne nous est pas étranger, on ne peut pas dire la même chose de sa musique. La curiosité a quand fini par nous convaincre de prêter une oreille sur sa plus récente offrande, intitulée Evoke. Et si on ne savait pas à quoi s’attendre, on a quand même été extrêmement surpris par l’éclectisme d’une piste à l’autre, donnant un album incroyablement varié pour sa durée de 32 minutes.

Peut-être s’attendait-on à quelque chose d’un peu plus proche de ses racines autochtones, mais Homegrown nous happe avec une chanson folk légère, ensoleillée et incroyablement accrocheuse. La comparaison se fait assez naturellement avec l’énergie du Motel Raphaël des débuts, notamment au niveau de la voix, une comparaison qui est loin de nous déplaire. Les arrangements arrivent à nous surprendre avec un passage reggae, nous confirmant assez vite que Mimi O’Bonsawin n’a pas l’intention de se donner beaucoup de limites ici. S’il faut lui trouver un défaut, on ne sentait pas la nécessité de conclure la chanson sur des applaudissements : laissons le public simplement apprécier la chanson et applaudir lorsqu’il l’entendra en live pour vrai!

Quant à Steady, on sent l’artiste pleine de vulnérabilité face à sa situation de femme sans enfant, le tout sur une musique qu’on aurait presque pu imaginer être écrite par Alanis Morissette il y a 30 ans. Décidément, on va dans toutes les directions dans cet album, et ces surprises se poursuivent sur I Can Be Sure et Worthy, revenant à un indie-folk plus léger, mais tout aussi efficace. Cette dernière est d’ailleurs suivie d’Evoke (Worthy Choir), mettant en vedette plusieurs chanteurs dont la liste est finalement plus longue que la piste en elle-même, qui ne dure qu’une petite minute et demie et qu’on ne retiendra malheureusement pas parce qu’on se souvient davantage de Mimi O’Bonsawin qui répète «Into my body, out of my mind» sur un ton monotone.

On se laisse bercer assez aisément par Pass the Time (notamment grâce à la harpe qui fait comme bien souvent de la magie!), avant de se laisser surprendre par P8GWAS, première chanson de l’artiste chantée dans la langue abénaquise, sur une musique aux tendances reggae et latines qu’on n’associerait pas spontanément à cette langue, nous ramenant donc à l’effet de surprise qu’elle a su créer dès le début de l’opus.

Après le bref enregistrement Archive 02.05.2025, où on devine que l’artiste parle sa langue ancestrale, on passe à une autre des chansons contagieuses de l’opus, Blueberry Jam, qui a la particularité d’être entièrement instrumentale. C’est léger, sympathique et très accessible, même si on admet avoir un faible pour les pièces vocales de Mimi O’Bonsawin. C’est justement ce qu’on nous garde pour la fin, avec la plus lente Better Than Before, concluant le tout avec une petite touche de douceur sans complètement perdre de son énergie qui a porté une bonne partie de l’album. Et, juste comme ça, se sont 32 minutes qui se sont envolées, et l’album ne demande qu’à être écouté encore et encore pour prolonger le plaisir.

Comme on n’est pas familier avec la discographie de Mimi O’Bonsawin, il nous est difficile de dire si Evoke est plus ou moins bon que ses œuvres précédentes, ni si elle a osé plus ou moins que par le passé. Mais ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que cet album a été rafraîchissant dans nos oreilles et qu’il est assez varié pour prendre nous faire sentir qu’on écoute une playlist plutôt qu’un seul album. Le tout, sans que ça paraisse décousu, un véritable exploit selon nous. Le principal bémol qu’on peut quand même noter, c’est le fait que les premières chansons de l’album sont extrêmement solides – trop solides –, ayant comme effet de sentir que la fin de l’album manque d’un petit quelque chose pour être exactement au même niveau d’efficacité tout le long. C’est là juste une petite question de dosage et de répartition des chansons, donc absolument rien de dramatique. On reprendrait des albums de ce calibre n’importe quand.

Son album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : Homegrown, I Can Be Sure, Worthy

8,2/10

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.