The Fragile Beauty (Of New Morning Hopes) – Alex Henry Foster

Sorti le 23 octobre 2026

Si cela fait assez longtemps que l’on voit passer la musique d’Alex Henry Foster, on n’avait pas encore pris le temps de sérieusement se pencher sur un de ses albums. Profitons donc de la sortie de The Fragile Beauty (Of New Morning Hopes) pour nous imprégner de sa musique avant de livrer nos impressions, sans a priori.

Selon ce qu’on peut lire de cet album, «The Fragile Beauty (Of New Morning Hopes) explore cet espace fragile entre la perte et le renouveau, l’abandon et la transformation» et prend la forme d’un voyage en constante évolution, navigant dans un rock qui touches à différentes influences, avec un (très) fort côté atmosphérique. Mentionnons aussi que l’album dure tout près d’une heure, mais en seulement huit pistes : on a donc droit à des chansons souvent assez longues, ce qui peut être bénéfique ou non, selon comment c’est exploité!

Commençons avec Sirens Call, première piste mettant lentement la table à ce qui nous attend. Cela prend deux longues minutes avant d’entendre la voix du chanteur pour la première fois, mais notre patience finit par être récompensée avec une montée qui donne d’assez bons résultats dans les refrains plus la chanson avance. La chanson aurait probablement pu avoir plus de mordant en étant légèrement raccourcie (elle dure quand même 6 minutes!), mais elle fait son effet et ouvre l’album en beauté. Elle mène à Good Omen, qui pousse encore plus loin le côté atmosphérique et cinématographique, évoluant même en quelque chose d’assez violent et chaotique autour de la moitié de la piste. On accroche beaucoup moins sur la proposition. Quant à A Spoken Whisper, on mise sur des voix cristallines à donner des frissons en introduction, avant de laisser Alex Henry Foster réciter un texte chargé d’intensité sur une musique lourde. On parle ici d’une chanson de 9 minutes, avec son lot de moments explosifs.

Jusqu’ici, chaque piste est plus longue que la précédente, culminant avec New Morning Hope, durant 9min30. On pousse le loooong segment atmosphérique à son maximum, avant de véritablement démarrer autour de la barre des 6 minutes, avec encore du spoken word de la part du chanteur. On sent qu’elle sert surtout de longue intro à Springtime, premier extrait de l’album, qui verse dans un rock plus assumé. On ne s’en plaindra assurément pas! La suivante, Calling Out!, est de la même trempe (en même un peu plus groovy), une belle surprise au milieu d’un album assez lourd atmosphériquement! On doit souligner que la plupart des musiciens préfèrent mettre leurs chansons plus fortes dès le début de leur opus, alors qu’Alex Henry Foster joue d’audace en les gardant cachées pour la deuxième moitié. On verra si le choix lui sourira à long terme, mais c’est un signe de plus qu’il ne cherche pas nécessairement à plaire à tout prix, simplement livrer la musique qu’il souhaite vraiment créer! Et pour ça, il a tout notre respect!

En fait, il reste une autre chanson assez solide à notre écoute : Blue as the Rain, avant-dernière chanson de l’album. Celle-ci est passable longue (6min42), mais elle va droit au but avec une musique et des mélodies senties dès les premières secondes, tout en se laissant de la place pour croître au fil de la piste, avec des résultats assez réussis. Et c’est exactement ce que ça prenait dans nos oreilles! Le dernier mot revient toutefois à Of Dreams and Ghosts, la chanson la plus longue de tout l’album du haut de ses presque 13 minutes! On y retrouve une ambiance lourde avec différents segments, mais rien qu’on n’a pas déjà entendu à travers l’album. Certains passages sont par ailleurs très réussis, mais il est excessivement rare d’avoir une chanson aussi longue qui est d’un niveau exceptionnel du début à la fin. Mais, un peu comme Sirens Call, les bons passages valent l’attente!

En résumé, The Fragile Beauty (Of New Morning Hopes) n’est pas ce qu’on qualifierait d’écoute légère, mais l’artiste n’avait visiblement pas envie de créer un album complaisant pour passer à la radio. Il faut dire que si on avait frôlé la mort comme lui en 2023, on finirait peut-être par prioriser ce qui compte pour nous au lieu de juste chercher à faire plaisir aux autres! Il y a assurément une niche pour ce genre de musique, et on doit dire que notre appréciation s’est accrue après chaque nouvelle écoute, ce qui veut dire que l’album a le potentiel d’assez bien vieillir après quelques bonnes écoutes. Tous n’auront malheureusement pas la patience de se rendre aux chansons incontournables, mais ceux qui prendront le temps risquent d’avoir quelques agréables surprises. Et, selon le dossier de presse, cet album est le premier d’une série de cinq interreliés, ce qui veut dire que l’artiste a probablement une idée assez claire de la direction qu’il prendra dans les prochaines années. On a bien hâte de voir la direction qu’Alex Henry Foster prendra dans le futur, mais on n’est pas trop inquiet à ce sujet!

L’album est accessible sur Bandcamp.

À écouter : Springtime, Calling Out!, Blue as the Rain

7,3/10

Par Olivier Dénommée


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