
Sorti le 14 février 2025
On a écouté il y a un peu moins d’un an le EP L’emprunt(e) volume 1 du duo Prairie Comeau, une sortie de 6 pistes tirées du répertoire de la Bonne Chanson, et on trouvait l’approche prometteuse de reprendre ce répertoire souvent oublié ou négligé. Le titre laissait par ailleurs entendre qu’un volume 2 allait éventuellement voir le jour, et ce dernier est effectivement arrivé le 14 février 2025, en même temps qu’une version comprenant les 2 sorties, naturellement intitulée L’emprunt(e).
Quand on a le choix, on préfère bien sûr parler d’un album complet que d’un EP, alors c’est ce qu’on va faire ici. Mais comme notre critique de la première moitié de l’album a déjà été faite, on se permet de passer très rapidement à la seconde. Mentionnons seulement que les premières pistes ont fait un excellent travail pour mettre la table et que cette partie contient son lot de petits bijoux musicaux, incluant Tout passe et Partons la mer. Quant à Le couteau, elle nous semble plus pertinente chaque fois qu’on l’écoute.
La portion L’emprunt(e) volume 2 débute avec Le soir sur l’eau, une magnifique version pleine de douceur, avec quelques petits clins d’œil à À la claire fontaine, au début plutôt subtils si on porte attention à certains motifs musicaux, mais la chanson se termine par les paroles «Il y a longtemps que je t’aime», confirmant la référence. C’est fait avec bon goût et ça augure bien pour la suite!
S’ensuit La feuille d’érable. Les gens familiers avec les matchs de la Ligue nationale d’improvisation (LNI) auront reconnu son hymne. Prairie Comeau nous livre une version plutôt chargée (avec notamment de la vielle à roue, de la mandoline, du violoncelle et de la podorythmie) et énergique. C’est une question de préférence, mais on préfère le côté feutré et minimaliste du duo que celui où on sent un full band. Justement, on se laisse davantage porter par J’entends le moulin qui contient à peu près autant d’instruments, mais de façon beaucoup plus discrète, nous permettant de pleinement apprécier la complicité vocale du couple.
Obstination laisse toute la place à Anique Granger, alors que le début d’Un canadien errant revient à Benoît Archambault, bien que la chanteuse s’ajoute après environ 45 secondes pour un très beau duo vocal, à la fois berçant et émouvant. À la toute fin, on entend même le réalisateur Nicolas Boulerice y faire une apparition vocale. L’album se conclut sur Je sais bien quelque chose, qui débute a capella, mais qui cache un habile crescendo. Les dernières secondes nous ramènent par ailleurs au tout début de l’album, avec les paroles «Tout passe», bouclant la boucle sur un album plutôt inspiré, bien qu’on doit dire que si on devait choisir, on pencherait très légèrement en faveur de la première moitié de l’opus, bien que le tout le défend franchement très bien.
On peine parfois encore à concevoir que Prairie Comeau ait réussi à moderniser d’aussi belle façon des chansons datant de la première moitié du 20e siècle sans que ça paraisse forcé, mais c’est là le brio du duo. L’emprunt(e) arrive donc comme un baume en plein hiver, nous invitant à nous laisser porter par la douceur «canadienne-française».
L’album est disponible sur la page Bandcamp du duo.
À écouter : Les amants malheureux, Le soir sur l’eau, Un canadien errant
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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