
Sorti le 18 mars 2014
Ces dernières années, on aime suivre la musique du projet Noé Talbot de Benjamin Piette, quelque part entre du punk-rock et du folk en français, mais on n’avait pas réalisé jusqu’où remontent les premières sorties! Il faut aller à 2014 pour trouver son premier EP, Beurre noir, et on a été surpris de constater que dès le début sa formule que l’on connaît aujourd’hui n’était pas très loin.
Beurre noir est un EP de 22 minutes contenant seulement des compositions originales de Noé Talbot, et sa signature est déjà bien assumée, même si elle n’est pas encore pleinement peaufinée. Ça ouvre sur Remise en question, avec un sujet introspectif dont Talbot a le secret, sur fond rock simple mais réussi. Allez brûle semble quant à elle avoir de petites influences des Cowboys Fringants, autant dans l’énergie musicale que les mélodies et mêmes le thème de «vieillir plus vite qu’on aimerait» qui est central ici.
On va davantage vers le punk le temps de Faudrait être con, et c’est franchement réussi! Aux antipodes, Confortable passe à la ballade folk (avec en prime du violon) et c’est tout aussi solide. Ces 2 pistes confirment à elles seules le grand range de Noé Talbot, capable de frapper fort de façon égale dans ces différents registres. C’est fou de penser qu’il était déjà sur son X dès 2014! Avec Copropriété intellectuelle, on sent que l’artiste assume son côté engagé et critique politiquement, avec encore une approche non loin de celle des Cowboys. Fait à noter, en 2014, c’était encore le Parti québécois au pouvoir, ce qui n’a visiblement pas empêché Noé Talbot de trouver que la société n’allait pas entièrement dans le bon sens! La conclusion du EP revient à Jeune et vieux, où on reconnaît bien sa signature, avec des textes francs qui portent à réfléchir, sur une musique énergique. On ne peut pas demander grand-chose de plus!
Le EP Beurre noir et Noé Talbot n’était que le premier d’une longue lignée, mais il a bien jeté les bases de ce qui va suivre jusqu’à aujourd’hui. On aime revenir aux origines d’un projet pour voir comment il a évolué au fil des années, et c’est particulièrement vrai ici. Les chansons n’ont peut-être pas toutes traversé le temps jusqu’à aujourd’hui, mais l’idée, la vibe, ça a franchement bien vieilli 12 ans plus tard. Et on risque certainement de poursuivre cette série dans le futur!
Cette sortie est notamment accessible sur Bandcamp.
À écouter : Faudrait être con, Confortable
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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