Automate – Nectar Palace

Sorti le 30 janvier 2026

On a fait la découverte du projet Nectar Palace de Shaun Pouliot, versant dans la «noise pop», quelque part entre une pop électronique dansante contagieuse et un rock plus saturé, le tout en français. Automate est son premier EP, que l’on a longuement écouté afin d’avoir la chance de l’apprivoiser même s’il semble évident que cette sortie n’est pas faite pour être très grand public.

Mentionnons d’entrée de jeu que l’on parle ici d’une sortie de 7 chansons, pour un total de près de 24 minutes. Une chanson de plus et on aurait aisément pu parler d’un album alors on sent que Nectar Palace a peut-être joué de prudence sur ce coup en se «contentant» d’un EP.

Notre premier contact avec la musique de Nectar Palace est Vidéo TDA, une chanson en collaboration avec Virginie B, par ailleurs la seule collab de l’opus. On est vite confronté au côté hyperactif de la musique, et à la voix de Shaun Pouliot qui est volontairement peu mélodieuse pour mettre de l’avant ses textes plutôt directs. Virginie B apporte quant à elle un côté plus planant à la proposition, loin d’être déplaisant, même si ce n’est pas assez pour renverser la vapeur si vous n’appréciez pas le reste de la chanson. Lunettes roses va toutefois dans une direction beaucoup plus accessible, avec un bon groove et, surtout, des mélodies plus efficaces nous rassurant instantanément sur les capacités vocales de Pouliot!

Une des chansons plus mémorables du EP est Malcommode, surtout à cause de ses textes qu’on pourrait qualifier de ludiques. On se permet quand même la critique suivante : faire rimer «défoncé» et «foncé» dans le refrain n’est pas exactement de la grande poésie! S’ensuit toutefois l’efficace Chambre des passions, qui aurait presque pu être écrite par Capital Cities si elle avait été en anglais. Le segment disco est tout aussi réussi. Cyberespace et Au palace ont aussi leur lot de bonnes idées, mais leur équilibre est un peu plus fragile entre les différentes influences. La fin revient à la très sympathique Machine, où le chanteur voudrait devenir une machine.

Nectar Palace sait faire une forte impression avec sa première sortie, on ne peut pas lui enlever! Le style est évidemment plutôt niché, alors il est normal que les premières écoutes soient un peu plus laborieuses, mais vous sauvez assez tôt si cette proposition est faite pour vous ou non. Dans notre cas, on apprécie les quelques chansons plus accessibles d’Automate, mais on n’ira pas plus loin. On se demande quand même si Shaun Pouliot va vouloir aller encore plus loin dans ce registre dans le futur ou s’il va revenir vers quelque chose de plus accessible. À suivre!

L’EP est accessible sur Bandcamp.

À écouter : Lunettes roses, Chambre des passions

7,3/10

Par Olivier Dénommée


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