
Sorti en 2003
Le nom de Patrick Watson est indissociable du paysage musical québécois depuis une vingtaine d’années, mais on a eu envie de retourner jusqu’aux débuts de l’artiste et de son groupe du même nom. Cela nous ramène à 2003, année de sortie de Just Another Ordinary Day, premier opus de Patrick Watson (le groupe, puisqu’on apprend qu’il existe un album de Patrick Watson en solo en 2001!). S’il n’a connu le succès qu’après 2006, on reconnaît quand même certaines des forces qui font qu’on aime encore écouter du Pat Watson en 2026.
Justement, la première chose qu’on entend, c’est la voix éthérée du chanteur dans les premières secondes de la chanson-titre Just Another Ordinary Day, appuyée par son piano. La chanson incorpore quelques effets plus tendus ici et là, mais l’ambiance demeure plutôt accessible et très réussie du début à la fin. Mentionnons la relative courteur de la chanson, permettant de ne pas trop s’emporter, alors qu’il existe quelques pistes dépassant les 5 minutes, incluant la suivante, Woods, chargée d’une énergie lourde et mystérieuse. On reconnaît le côté cinématographique de Watson et de ses acolytes, donnant des chansons qui prennent tout leur sens après quelques bonnes écoutes.
On apprécie la légèreté de Mary dans la première moitié, changeant pour quelque chose de plus feutré (et tout aussi réussi) par la suite. Silent City tombe ensuite dans le côté ambiant plus lourd et essentiellement instrumental. Si c’est somme toute réussi dans le genre, on préfère quand on peut entendre Patrick Watson chanter et faire de la magie! Quant à elle, Shame penche du côté de la ballade, avec comme principal défaut de prolonger la chanson plus longtemps que nécessaire avec une durée de tout près de 7min30! S’ensuit Brigitte’s Theme, morceau minimaliste très réussi, que l’on aurait seulement coupée un peu plus tôt; le bruit à la toute fin n’était pas du tout nécessaire selon nous.
Gealman figure parmi les morceaux plus corsés de l’album. Aucun doute que la chanson doit être amusante à jouer, mais ce n’est certainement pas notre préférée du lot à écouter, même si elle se défend bien! Au contraire, on se laisse porter sans hésiter par Fall, même si ça ne semble pas être la chanson la plus populaire de cet album. Le disque se conclut sur Sunday, un autre morceau enlevant, ponctuant à la perfection cette écoute de 45 minutes.
Si on ne savait pas qu’on écoutait le premier album du projet Patrick Watson, on n’aurait jamais pu le deviner. Mis à part quelques petits choix artistiques ici et là, on ne sent pas du tout le poids des années dans la qualité des compositions. C’est à se demander ce qu’il manquait pour connaître le succès qui suivra seulement quelques années plus tard puisque les ingrédients sont déjà pas mal tous là!
À écouter : Woods, Mary, Sunday
8,0/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.