
Sorti le 24 avril 2026
Même si on a abordé une bonne partie de la discographie du groupe canadien Metric, on a manqué la phase exploratoire des dernières années avec Formentera et Formentera II. Mais il semble que cet oubli de notre part soit sans conséquence pour l’écoute du 10e album Romantizice the Dive, qui reviendrait plus près du son des débuts du groupe. On a d’ailleurs droit à Gavin Brown à la production, qui est notamment associé aux albums Fantasies et Synthetica.
L’album est principalement décrit comme une sortie indie-rock avec, au centre, la voix distinctive d’Emily Haines. La première piste de l’opus est aussi son premier extrait, Victim of Luck. Tout y est : une musique relativement simple mais efficace, des mélodies mémorables et une construction qui nous garde intéressé. C’est tout ce dont on a besoin dans une sortie indie printanière et ça augure très bien pour la suite!
On reconnaît bien la signature de Metric dans Wild Rut, nous ramenant effectivement dans une énergie nous rappelant quelque peu Fantasies et les précédents albums de sa discographie. Ceci étant dit, elle manque d’un petit quelque chose pour se démarquer véritablement. Le petit quelque chose se trouve partiellement dans Time Is a Bomb, second extrait de l’album, très efficace au début, mais qui change à quelques reprises d’intensité pour quelque chose de plus chargé, diluant quelque peu la force de la composition. Crush Forever est le dernier extrait de l’album (du moins au moment d’écrire ces lignes) et sa musique contagieuse est décidément sa force, compensant même pour les mélodies plus «robotiques» de la chanteuse.
On a des sentiments partagés envers Tremolo, avec des segments vraiment très inspirés, et d’autres un peu moins. On passera donc très vite aux suivantes, les efficaces Moral Compass et surtout As If You’re Here, qui restent vite en tête. S’ensuit Loyal, étrangement bonne malgré des lignes de claviers qui ne nous convainquent pas tout de suite! L’énergique Antigravity va droit au but et on doit dire que ça lui sourit dans ce cas-ci! Clouds to Break prend en revanche beaucoup trop longtemps avant de démarrer (il faut littéralement attendre aux 2 dernières minutes!), ce qui est exacerbé à l’approche de la fin d’un album comme celui-ci. Elle mène d’ailleurs à la finale, Leave You on a High, un titre qui pourrait ressembler à une promesse de la part du groupe! Sans être parmi les incontournables, la chanson conclut le tout avec un build-up assez bien amené, nous permettant effectivement de finir notre écoute en force. Si le milieu de l’album a été un peu inégal, on peut au moins se dire que le début et la fin auront été très forts, permettant de laisser en général une assez bonne impression de notre écoute de 43 minutes.
Résumons notre expérience : on n’a pas écouté les vieux albums de Metric très récemment, alors notre souvenir n’est peut-être pas au point, mais à quelques exceptions près, on ne dirait pas exactement que Romanticize the Dive est un véritable retour aux sources. Oui, il contient quelques éléments qu’on pouvait trouver dans les albums précédents, mais on n’irait certainement pas jusqu’à dire qu’on est au même niveau que Fantasies, pour nous (et pour plusieurs) toujours le meilleur album de toute la discographie de Metric. Cela n’enlève évidemment pas que les nouvelles chansons ont leur charme et s’insèrent très bien dans la discographie du groupe, mais seule une poignée se démarque réellement du lot, ce qui n’est pas anormal quand on en est rendu au 10e album. On demeure quand même content d’avoir écouté cet album qui sans être exceptionnel reste quand même très bon. Si vous aimez un peu Metric, vous devriez au moins y prêter une oreille!
À écouter : Victim of Luck, As If You’re Here, Antigravity
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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