
Sorti le 24 avril 2026
Le nom de l’Américaine Gia Margaret nous était totalement inconnu jusqu’à présent, mais la sortie de son 4e album en carrière, simplement intitulé Singing, nous a amené à nous y intéresser. On a d’ailleurs eu l’occasion de lire un peu sur l’historique de la musicienne pour apprendre qu’elle a perdu la voix il y a quelques années, ce qui l’a poussée vers une musique plus ambiante, et que Singing est en fait le premier depuis 2018 où elle peut de nouveau chanter. On comprend donc que c’est une espèce de retour aux sources mélangé à son style plus récent, qui fonctionnait bien de façon instrumentale.
Le terme «sleep rock» aurait été utilisé pour décrire sa musique, et cela peut résumer l’expérience : une musique très douce et feutrée, où les instruments et la voix peuvent assez facilement respirer. Cela s’entend dès l’ouverture, Everyone Around Me Dancing, chanson presque chuchotée de la part de Margaret, sur fond de musique ambiante avec juste quelques petites expérimentations ici et là pour donner du piquant à la proposition sans être trop dérangeant. Ceci étant dit, c’est dans la magnifique ballade Cellular Reverse que l’on tombe sur le charme, avec une pièce centrée sur le piano qui appuie parfaitement la voix enveloppante de la chanteuse. Et la vaporeuse Alive Inside poursuit sensiblement dans la même veine, pour notre grand plaisir, avec une délicate montée qui ne fait qu’accentuer la beauté des mélodies. Le seul défaut qu’on doit souligner, c’est la fin qui s’étire plus que nécessaire… 40 secondes auraient aisément pu être retranchées sans qu’on manque quoi que ce soit.
La magie continue d’opérer dans les pistes suivante : Moon Not Mine avec un folk-rock très léger, Rotten avec certaines des mélodies les plus envoûtantes de l’opus (on ne retient toutefois pas Rotten Outro, beaucoup moins intéressante… merci de ne pas l’avoir incluse dans la chanson principale!), ou même Good Friend avec son côté pop beaucoup plus anormalement ensoleillé, qui change passablement du ton général de l’album! On revient toutefois aussitôt à quelque chose de plus feutré dans Phenomenon, et on doit dire qu’on ne s’en tanne pas! La fin de la piste s’approche même un peu de quelque chose que Bonobo aurait pu faire il y a quelques années, ajoutant au facteur nostalgie dans notre cas!
Dans Ambient for Ichiko, on goûte à la musique ambiante purement instrumentale, un clin d’œil intéressant à ses précédents albums, mais qui ne se hisse pas parmi les incontournables de celui-ci, malheureusement. Phone Screen prend aussi pas mal son temps avant de devenir intéressante, alors que bien d’autres chansons vont plus vite dans le vif du sujet pour demeurer efficaces. Guitar Duo revient à la charge avec un petit moment instrumental, à notre avis beaucoup plus réussi qu’Ambient for Ichiko. Enfin, on conclut le tout sur E-Motion, avec l’aide de Deb Talan dont on entend le talent à la voix et à divers instruments pour un moment d’une grande beauté… du moins, jusqu’à ce que la batterie entre en scène après 3 minutes! À partir de ce moment-là, on perd une part de la magie alors que la chanson devient légèrement surchargée. Décidément, si le début de l’album est vraiment très fort, la fin contient beaucoup plus de faiblesses, petites et grandes!
On ne veut pas paraître trop rabat-joie, mais on trouve quand même dommage que la 2e moitié de Singing (ou, plus précisément, le dernier tiers) ne soit pas définitivement pas au même niveau que première! Entendons-nous, cela reste un album assez intéressant à écouter, mais s’il avait été entièrement de ce même niveau, on aurait eu affaire à un candidat sérieux parmi les albums de l’année à notre avis. Les morceaux un peu moins forts ramènent donc plutôt cet opus de Gia Margaret dans la catégorie juste en dessous, «très bon album». On a certainement vu pire comme débarque, et on ne serait pas gêné de recommander cet album pour ceux qui seraient à la recherche d’une musique relativement douce sans être trop monotone et prévisible. L’album nous aussi donné le goût de plonger dans le reste de la discographie de Gia Margaret lorsque la vie nous le permettra!
Vous pourrez trouver cet album sur la page Bandcamp de l’artiste.
À écouter : Cellular Reverse, Alive Inside, Phenomenon
8,0/10
Par Olivier Dénommée
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